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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2418523

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2418523

vendredi 27 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2418523
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCABINET D'AVOCATS CORMIER - BADIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 20 décembre 2024, l'association Hôpital Foch, prise en la personne de son président représentée par la Selarl Cormier-Badin-Apollis, demande au juge des référés, statuant par application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du directeur général de l'agence régionale de santé d'Ile-de-France (ARS Île-de-France) n° DOS-2024/2564 du 12 septembre 2024, notifiée le 17 septembre 2024 et publiée au recueil des actes administratifs n° IDF-033-2024-09 du même jour, en tant qu'elle a rejeté sa demande visant à obtenir l'autorisation d'exercer l'activité de soins de chirurgie, modalité " chirurgie bariatrique " sur le site de l'Hôpital Foch et ordonné la cessation de cette activité au plus tard le 31 décembre 2024 ;

2°) d'enjoindre à l'ARS Ile-de-France de mettre en œuvre, dans un délai de cinq jours, à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, la procédure prévue par l'article R. 6122-31 du code de la santé publique afin de reconnaître l'existence d'un besoin exceptionnel d'une implantation supplémentaire de chirurgie bariatrique dans le territoire des Hauts-de-Seine en raison d'une urgente et impérieuse nécessité de santé publique ;

3°) de mettre à la charge de l'ARS Ile-de-France une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761 1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'urgence est caractérisée, dès lors que la décision contestée emporte de graves conséquences sur les parcours de soins des patients ainsi que sur la qualité et la sécurité de leurs traitements particulièrement dans le cas de la chirurgie liée à l'obésité qui nécessite un suivi post opératoire et fait peser un risque de saturation sur les cinq établissements autorisés dans le territoire ;

- il existe des moyens propres à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée ;

. elle n'est pas motivée en fait et en droit ;

. elle est entaché d'une erreur de droit quant à l'application des dispositions de l'article de l'article R. 6122-34 du code de la santé publique ;

. le schéma régional de santé sur lequel elle s'appuie et dont elle peut exciper de l'illégalité est contraire aux dispositions de l'article R. 1434-5 du code de la santé publique ;

. elle est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation grave portant atteinte au principe de l'égalité de traitement des demandes.

Vu :

- la requête n° 2416120, enregistrée le 4 novembre 2024 par laquelle l'association Hôpital Foch demande l'annulation de la décision attaquée ;

- l'ordonnance du juge des référés n° 2415800 du 15 novembre 2024 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal, a désigné M. Huon, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. L'association Hôpital Foch, organisme gestionnaire de l'Hôpital Foch situé à Suresnes (92), demande au juge des référés d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision n° DOS-2024/2564 du 12 septembre 2024 en tant que, par cette décision, le directeur général de l'ARS Île-de-France a rejeté sa demande visant à obtenir l'autorisation d'exercer l'activité de soins de chirurgie, modalité " chirurgie bariatrique " sur le site de l'Hôpital Foch et ordonné la cessation de cette activité au plus tard le 31 décembre 2024.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin, aux termes du premier alinéa de son article R. 522-1 : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".

3. Il résulte notamment de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier, ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.

4. L'association Hôpital Foch soutient que la cessation de ses activités de chirurgie bariatrique entraînera de graves conséquences sur le parcours de soins ainsi que sur la qualité et la sécurité du traitement des patients actuellement pris en charge au sein de l'établissement et fait valoir qu'alors que ces patients devront être réorientés vers d'autres établissements ayant conservé leur autorisation, ces derniers présentent un risque de saturation. Toutefois, si les témoignages d'anciens patients ou de professionnels de santé soulignent la qualité des soins et de l'accompagnement pluridisciplinaire offerts par l'Hôpital Foch, ni ces documents ni les comptes rendus médicaux anonymisés versés au dossier ne permettent d'établir que l'arrêt de l'activité chirurgicale entrainerait des conséquences d'une exceptionnelle gravité pour les patients concernés, y compris pour ceux dont l'opération est programmée. Au demeurant, alors que l'établissement a reçu notification le 17 septembre 2024 de la décision attaquée, lui prescrivant de ne plus accueillir de nouveaux patients et d'orienter ses patients actuels vers un autre site autorisé avant le 31 décembre 2024, l'association requérante ne justifie d'aucune circonstance impérieuse d'ordre sanitaire ou organisationnel qui aurait fait obstacle à ce que, durant le délai de trois mois et demi ainsi imparti, fussent prises les mesures nécessaires pour assurer la continuité de la prise en charge des patients. A cet égard, les données statistiques générales dont se prévaut l'association Hôpital Foch sont insuffisantes pour établir une saturation des services de chirurgie bariatrique dans le département des Hauts-de-Seine ou dans les départements proches, de nature à faire effectivement courir un risque immédiat sur la santé de ces derniers. Dès lors, et ainsi que l'a d'ailleurs estimé le juge des référés aux termes de son ordonnance du 15 novembre dernier, depuis laquelle aucun changement substantiel n'est intervenu, l'association Hôpital Foch n'établit pas que la décision attaquée serait susceptible de porter à la situation de l'établissement ou de ses patients ou à l'intérêt de santé public une atteinte suffisamment grave et immédiate pour caractériser l'existence d'une situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative justifiant le prononcé à bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'un jugement au fond.

5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence de moyens propres à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée, que la requête de l'association Hôpital Foch doit être rejetée, en toutes ses conclusions, par application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E:

Article 1er : La requête de l'association Hôpital Foch est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à l'association Hôpital Foch.

Copie en sera adressée à l'agence régionale de santé d'Ile-de-France.

Fait à Cergy-Pontoise, le 27 décembre 2024.

Le juge des référés,

Signé

C. HUON

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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