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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2418536

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2418536

vendredi 27 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2418536
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantJOSSEAUME

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 20 décembre 2024, Mme A, représentée par Me Josseaume, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté référencé " 3 F " n° 1380/2024 du 10 décembre 2024 par lequel le préfet d'Eure-et-Loir a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de cinq mois.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que l'arrêté contesté porte gravement atteinte, d'une part, à son activité professionnelle, qui implique des déplacements fréquents en province, et, d'autre part, à sa vie personnelle dès lors qu'elle doit s'occuper chaque week-end de ses parents âgés.

- il existe des moyens propres à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué :

. il est entaché d'incompétence ;

. il est insuffisamment motivé ;

. il méconnaît les dispositions des articles L. 224-2 et suivants du code de la route, en particulier du 3° de l'article L. 224-2, et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;

. en l'absence d'urgence, il a été pris au terme d'une procédure irrégulière faute de respect de la procédure contradictoire ;

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête n° 2418278, enregistrée le 16 décembre 2024, par laquelle Mme A demande l'annulation de l'arrêté contesté.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Huon, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Par la présente requête, Mme A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté référencé " 3 F " n° 1380/2024 du 10 décembre 2024 par lequel le préfet d'Eure-et-Loir a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de cinq mois.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Selon l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparait manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L .522-1. ".

3. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier, ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.

4. Mme A soutient que ses fonctions de cadre au sein du GIE ESLAN, qui est un groupe d'hospitalisation privée, impliquent, de manière impérative, des déplacements à l'hôpital de Saint-Doulchard (18230) où elle assure des gardes administratives ainsi que dans les hôpitaux du groupe en région Centre-Val de Loire. Toutefois, alors que le siège de son employeur se situe à Paris, la requérante n'établit pas la réalité de ses allégations en se bornant à produire son bulletin de salaire du mois de novembre 2024 qui, s'il mentionne qu'elle dispose d'un véhicule de fonction, n'est accompagné d'aucun élément de nature à établir la réalité et la nécessité des déplacements professionnels invoqués. Par ailleurs, outre qu'il n'est pas davantage établi que la présence de Mme A auprès de ses parents âgés, lesquels vivent séparés, serait indispensable chaque week-end, il n'est pas sérieusement allégué que l'intéressée ne pourrait leur rendre visite en utilisant d'autres moyens de transport que son véhicule personnel. Par suite, et alors que la suspension du permis de conduire de Mme A répond à des exigences de protection et de sécurité routière, la condition d'urgence exigée par les dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, qui doit s'apprécier objectivement et globalement, ne peut être considérée comme remplie.

5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence de moyens propres à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée, que la requête de Mme A doit être rejetée en application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Copie en sera délivrée au préfet d'Eure-et-Loir.

Fait à Cergy-Pontoise, le 27 décembre 2024.

Le juge des référés,

Signé

C. Huon

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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