lundi 10 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2500704 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | ESSOH EKOUE |
Vu la procédure suivante :
Par deux ordonnances de renvoi n° 2500139 et 2500373 des 10 et 15 janvier 2025, le vice-président du tribunal administratif de Melun a, sur le fondement de l'article R. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, transmis au tribunal administratif de Cergy-Pontoise les deux requêtes de M. B A, respectivement enregistrées au greffe du tribunal administratif de Melun le 6 janvier 2025, et au greffe du tribunal administratif de Montreuil le 4 janvier 2025.
I. Par une première requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Cergy-Pontoise le 16 janvier 2025 sous le numéro 2500704, M. A, représenté par Me Essoh Ekoue, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 juillet 2024 par lequel le préfet du Val-d'Oise l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans ;
2°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de réexaminer sa situation et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour sans délai, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de procéder à l'effacement de son signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen.
Il soutient que :
S'agissant de l'ensemble des décisions attaquées :
- elles ont été prises par un auteur dont la compétence n'est pas établie ;
- elles sont insuffisamment motivées ;
- elles sont entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle méconnait l'article 41 de la charte européenne des droits fondamentaux ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire sur laquelle elle est fondée ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
S'agissant de la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire sur laquelle elle est fondée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire sur laquelle elle est fondée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des articles L. 612-7 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 janvier 2025, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Il soutient, à titre principal, que la requête est irrecevable, et, à titre subsidiaire, que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
II. Par une seconde requête et des pièces complémentaires, enregistrées au greffe du tribunal administratif de Cergy-Pontoise les 16 janvier 2025 et 30 janvier 2025 sous le numéro 2500712, M. A, représenté par Me Essoh Ekoue, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 juillet 2024 par lequel le préfet du Val-d'Oise l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans ;
2°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de réexaminer sa situation et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour sans délai, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de procéder à l'effacement de son signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué a été pris par un auteur incompétent ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 janvier 2025, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Il soutient, à titre principal, que la requête est irrecevable, et, à titre subsidiaire, que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Robert pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 921-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 30 janvier 2025 :
- le rapport de M. Robert, magistrat désigné ;
- les observations de Me Essoh Ekoue, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens, et demande en outre l'admission de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire et soulève, à l'encontre de la décision portant fixation du pays de renvoi, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le préfet du Val-d'Oise n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant haïtien né le 24 juillet 2002, déclare être entré en France le 30 juillet 2012 et a été muni d'un titre de séjour valable du 27 juin 2022 au 26 juin 2023. Par un arrêté du 12 juillet 2024, notifié le 18 juillet suivant, le préfet du Val-d'Oise a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligé de quitter le territoire sans délai et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. Par un arrêté du 8 janvier 2025, l'intéressé a fait l'objet d'une assignation au résidence dans le département du Val-d'Oise pour une durée de quarante-cinq jours, renouvelable deux fois. Par les présentes requêtes, M. A doit être regardé comme sollicitant l'annulation de l'arrêté du 12 juillet 2024.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n°2500704 et 2500712 concernent un même requérant, un même arrêté, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Dès lors, il y a lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.
Sur la requête n°2500704 :
En ce qui concerne la fin de non-recevoir opposée par le préfet du Val-d'Oise :
3. Aux termes de l'article L.614-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version en vigueur à la date de l'arrêté attaqué : " L'étranger qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions et délais prévus au présent chapitre, demander au tribunal administratif l'annulation de cette décision, ainsi que l'annulation de la décision relative au séjour, de la décision relative au délai de départ volontaire et de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent le cas échéant ". Aux termes de l'article L.614-6 du même code, dans sa version en vigueur à la date de l'arrêté attaqué attaquée : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de la mesure. ".
4. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 12 juillet 2024 obligeant M. A à quitter le territoire français, qui comporte la mention des voies et délais de recours, a été présenté par voie postale le 18 juillet 2024 à sa dernière adresse connue par l'administration et est revenu revêtu de la mention " pli avisé et non réclamé ". Si M. A soutient avoir changé d'adresse, il n'apporte pas la preuve qu'il aurait fait parvenir cette information à l'administration. Dans ces conditions, la notification postale a fait courir le délai de quarante-huit heures prévu par les dispositions précitées pour l'exercice d'un recours contentieux. Or M. A n'a introduit sa requête que le 6 janvier 2025, soit postérieurement à l'expiration du délai de quarante-huit heures qui lui était imparti par ces dispositions. Par suite sa requête est irrecevable pour tardiveté et il y a lieu d'accueillir la fin de non-recevoir opposée par le préfet.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation formées par M. A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonctions sous astreinte, celles relatives aux frais de l'instance et celles relatives à son admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur la requête n°2500712 :
En ce qui concerne la fin de non-recevoir opposée par le préfet du Val-d'Oise :
6. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 4, la requête introduite le 4 janvier 2025 est irrecevable pour tardiveté et il y a lieu d'accueillir la fin de non-recevoir opposée par le préfet.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation formées par M. A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonctions sous astreinte, celles relatives aux frais de l'instance et celles relatives à son admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes n° 2500704 et 2500712 de M. A sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet du Val-d'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 février 2025.
Le magistrat désigné,
signé
D. RobertLa greffière,
signé
Z. Bouayyadi
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision. - 25007120
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026