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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2501025

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2501025

lundi 17 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2501025
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantBAMBA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 22 janvier et 4 février 2025, M. A, représenté par Me Bamba, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 18 janvier 2025 par lequel le préfet du Val-d'Oise l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de six mois ;

3°) d'annuler l'arrêté du 18 janvier 2025 par lequel le préfet du Val-d'Oise l'a assigné à résidence dans le département du Val-d'Oise pour une durée maximale de 45 jours, renouvelable deux fois ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 300 euros à verser à Me Bamba, son conseil, en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Bamba renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'une incompétence de son auteur ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- l'identité et les qualifications de l'interprète l'ayant assisté lors de la notification ne sont pas mentionnées ;

- elle est entachée d'une erreur de droit, le préfet s'étant cru lié par les critères posés par l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour refuser d'accorder un délai de départ volontaire ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle, dès lors qu'il est en situation régulière au Portugal depuis décembre 2024 et n'est venu en France que pour effectuer un court séjour du 17 au 21 janvier 2025.

En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît les dispositions du 3° de l'article L. 612- 2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en ce que le risque de fuite n'est pas établi.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle méconnaît l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle méconnaît l'article L. 731-1 1° du code de justice administrative et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors que l'existence d'un signalement au fichier automatisé des empreintes digitales (FAED) ne suffit pas à caractériser une menace à l'ordre public et que le préfet du Val-d'Oise ne pouvait décider de l'assigner à résidence au motif qu'il déclare habiter à une adresse sans en justifier ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ayant entrainé des conséquences sur sa situation personnelle, dès lors qu'elle l'empêche de retourner au Portugal.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 février 2025, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête et produit toutes pièces utiles au dossier.

Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Louvel, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 921-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Louvel, magistrat désigné ;

- les observations de Me Bamba, avocate désignée d'office, représentant M. A, non présent, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et invoque, en outre, une atteinte à la présomption d'innocence.

Le préfet du Val-d'Oise n'était ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant algérien né le 23 novembre 1998, déclare être entré en France en 2021. Il a été interpellé, le 17 janvier 2025, pour des faits de vérification du droit au séjour en France. Par un arrêté du 18 janvier 2025, le préfet du Val-d'Oise l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a pris à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de six mois. Par un second arrêté du même jour, le préfet du Val-d'Oise a assigné M. A à résidence dans le département du Val-d'Oise pour une durée maximale de 45 jours, renouvelable deux fois. M. A demande l'annulation de ces deux arrêtés.

Sur le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ".

3. Eu égard aux circonstances de l'espèce et à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. A, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de l'intéressé au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'arrêté du 18 janvier 2025 portant obligation de quitter le territoire français sans délai, et interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de six mois :

4. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme C D, sous-préfète de permanence, secrétaire générale adjointe de la préfecture du Val-d'Oise, qui bénéficiait, par un arrêté n°23-039 du 26 juin 2023, d'une délégation du préfet du Val-d'Oise à l'effet notamment de signer les " arrêtés, décisions ou toutes mesures concernant l'éloignement des étrangers en situation irrégulière sur le territoire national ". Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision portant obligation de quitter le territoire français manque en fait et doit dès lors être écarté.

5. En deuxième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. À cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / - restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. () ". Enfin, aux termes de l'article L. 613-2 du même code : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 et les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. ".

6. Les décisions attaquées comportent l'énoncé suffisamment précis des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et sont, ainsi, suffisamment motivées. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de ces décisions doit être écarté.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 141-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque les dispositions du présent code prévoient qu'une information ou qu'une décision doit être communiquée à un étranger dans une langue qu'il comprend, cette information peut se faire soit au moyen de formulaires écrits dans cette langue, soit par l'intermédiaire d'un interprète. L'assistance de l'interprète est obligatoire si l'étranger ne parle pas le français et qu'il ne sait pas lire. / En cas de nécessité, l'assistance de l'interprète peut se faire par l'intermédiaire de moyens de télécommunication. Dans une telle hypothèse, il ne peut être fait appel qu'à un interprète inscrit sur une liste établie par le procureur de la République ou à un organisme d'interprétariat et de traduction agréé par l'administration. Le nom et les coordonnées de l'interprète ainsi que le jour et la langue utilisée sont indiqués par écrit à l'étranger. ".

8. D'une part, il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 18 janvier 2025 portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et prononçant une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de six mois, a été notifié au requérant le 18 janvier 2025 avec l'assistance d'un interprète comme l'impose les dispositions précitées. D'autre part, les conditions de notification d'une décision, si elles sont susceptibles d'avoir une incidence sur l'opposabilité des voies et délais de recours, sont en revanche sans incidence sur sa légalité. Dès lors, M. A ne peut utilement invoquer l'absence, sur la décision litigieuse, du nom et des qualifications de l'interprète l'ayant assisté lors de sa notification. Le moyen doit, par suite, être écarté.

9. En cinquième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, à supposer même que le requérant aurait obtenu une régulation de sa situation au Portugal au mois de décembre 2024 et n'était présent en France que quelques jours, ce qui n'est pas établi, que le préfet du Val-d'Oise a, en édictant à son encontre une obligation de quitter le territoire français, entaché son appréciation des conséquences de cette décision sur la situation personnelle de l'intéressé, d'une erreur manifeste.

10. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants :1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; 2° L'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse ;3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5 ".

11. Il ressort des pièces du dossier que M. A est entré irrégulièrement sur le territoire français et qu'il n'a pas demandé la délivrance d'un titre de séjour. Il en ressort également, dès lors notamment qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale, qu'il ne présente pas de garanties de représentation suffisantes. Au vu de ces éléments, le préfet a pu considérer qu'il existait un risque qu'il se soustraie à l'obligation de quitter le territoire français édictée à son encontre, au sens du 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité et lui refuser, pour ce motif, l'octroi d'un délai de départ volontaire. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui n'est opérant qu'à l'encontre de la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire, doit être écarté.

12. En septième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".

13. M. A qui se borne à contester l'absence de mention dans l'arrêté en litige des risques qu'il encourt en cas de retour dans son pays d'origine, n'apporte aucun élément précis et circonstancié permettant d'apprécier la réalité et la nature de tels risques. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations et dispositions citées au point précédent ne peut qu'être écarté.

14. En huitième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. ". Aux termes de l'article L. 621-8 du même code : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. ".

15. M. A, qui a fait l'objet d'une interdiction de retour sur le territoire français sur le fondement de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article L.612-8 du même code. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier qu'il est célibataire, sans enfant à charge en France, et il ne justifie ni d'attaches intenses et stables sur le territoire français ni d'aucune circonstance humanitaire de nature à faire obstacle à l'édiction de l'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de six mois, prononcée à son encontre. Par suite, le moyen ne peut être qu'écarté.

En ce qui concerne l'arrêté du 18 janvier 2025 portant assignation à résidence :

16. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. À cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / - restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Aux termes de l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions d'assignation à résidence, y compris de renouvellement, sont motivées ".

17. L'arrêté contesté vise le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et notamment son article L. 731-1 1° ainsi que les stipulations conventionnelles dont il fait application et notamment l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il indique que M. A a fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, que son comportement constitue une menace pour l'ordre public, qu'il ne peut quitter immédiatement le territoire français mais que son éloignement demeure une perspective raisonnable. Il indique également que l'intéressé est assigné à résidence dans le département du Val-d'Oise pour une durée de quarante-cinq jours. Enfin, il précise que le requérant doit se présenter deux fois par semaine tous les lundis et vendredis entre 9 heures et 11 heures, y compris lorsqu'ils sont chômés ou fériés, à la brigade de gendarmerie de Domont. Ainsi, l'arrêté contesté, qui fait apparaître de façon suffisamment circonstanciée les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, est suffisamment motivé.

18. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du même code : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ".

19. M. A a fait l'objet d'une décision l'obligeant à quitter le territoire français sans délai par arrêté du préfet du Val-d'Oise du 18 janvier 2025. Par suite, et pour ce seul motif, il est au nombre des étrangers qui peuvent être assignés à résidence sur le fondement du 1° de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En outre, il ne fait état d'aucune circonstance pouvant faire obstacle à l'exécution de la décision d'éloignement dont il fait l'objet et n'apporte ainsi aucun élément permettant d'établir que cette mesure ne pourrait pas être exécutée dans un délai raisonnable. A cet égard, si M. A se prévaut de la circonstance qu'il réside à Paris, ce qui est au demeurant contradiction à la régularisation de sa situation au Portugal invoquée par ailleurs, il ne l'établit pas. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet du Val-d'Oise a entaché sa décision d'une erreur de droit.

20. Par ailleurs, si M. A soutient qu'il a obtenu la régularisation de sa situation au Portugal au mois de décembre 2024 et que la décision d'assignation à résidence dans le Val-d'Oise l'empêche de retourner dans ce pays, il n'en justifie pas. Dès lors, il ne ressort pas des pièces du dossier, à supposer même que sa présence ne constituerait pas une menace à l'ordre public, que le préfet du Val-d'Oise a, en assignant le requérant à résidence dans le département du Val-d'Oise, entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation ou méconnu la présomption d'innocence.

21. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. A doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D É C I D E :

Article 1er : M. A est admis à l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : la requête de M. A est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet du Val-d'Oise.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 février 2025.

Le magistrat désigné,

Signé

T. LouvelLe greffier,

Signé

M. E

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne, et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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