mardi 28 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2501198 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | BEN GADI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 26 janvier et le 28 janvier 2025,
Mme B A demande à la juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un récépissé ou une attestation de prolongation d'instruction relative à sa demande de renouvellement de titre de séjour, dans un délai de 48 heures à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que son contrat d'apprentissage a été suspendu et risque d'être rompu ce qui la prive de revenus et compromet la poursuite de son parcours académique et son avenir professionnel ; en outre, cette situation la place dans une situation de précarité administrative et financière dès lors qu'elle perd également son aide au logement ;
- l'absence de délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction ou d'un récépissé porte une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'aller et venir et méconnaît les dispositions de l'article R. 431-15-1 et de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 janvier 2025, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que l'urgence n'est pas établie.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Richard, première conseillère, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties de la tenue de l'audience publique du
28 janvier 2025 à 11 heures.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Soulier, greffière d'audience :
- le rapport de Mme Richard, juge des référés,
- les observations de Me Ben Gadi, qui s'est constituée avocate pour Mme A, et qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens et demande en outre l'admission de Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire et la mise à la charge de l'Etat de la somme de 800 euros au titre des frais d'instance, et soutient que les pièces complémentaires demandées par le préfet des Hauts-de-Seine pour l'instruction de la demande de renouvellement du titre de séjour de Mme A ne sont pas exigées par l'annexe 10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et que le refus du préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction porte également atteinte à son droit au travail.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, ressortissante tunisienne née le 28 juin 1999, était titulaire d'un titre de séjour pluriannuel portant la mention " étudiant " valable du 27 juin 2023 au 26 janvier 2025 dont elle a sollicité le renouvellement sur la plateforme ANEF le 20 novembre 2024, sans toutefois qu'un récépissé ou une attestation de prolongation d'instruction ne lui soit délivré par le préfet des Hauts-de-Seine. Par la présente requête, Mme A demande à la juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour ou un récépissé l'autorisant à travailler.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes des dispositions de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ".
3. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
4. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, la juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. La juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ".
5. Aux termes de l'article R. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si l'étranger séjourne déjà en France, sa demande est présentée dans les délais suivants : / 1° L'étranger qui dispose d'un document de séjour mentionné aux 2° à 8° de l'article L. 411-1 présente sa demande de titre de séjour entre le cent-vingtième jour et le soixantième jour qui précède l'expiration de ce document de séjour lorsque sa demande porte sur un titre de séjour figurant dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2. Lorsque sa demande porte sur un titre de séjour ne figurant pas dans cette liste, il présente sa demande dans le courant des deux mois précédant l'expiration du document dont il est titulaire ; () ". Aux termes de l'article R. 431-15-1 du même code : " Le dépôt d'une demande présentée au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 donne lieu à la délivrance immédiate d'une attestation dématérialisée de dépôt en ligne. Ce document ne justifie pas de la régularité du séjour de son titulaire. / Lorsque l'instruction d'une demande complète et déposée dans le respect des délais mentionnés à l'article R. 431-5 se poursuit au-delà de la date de validité du document de séjour détenu, le préfet est tenu de mettre à la disposition du demandeur via le téléservice mentionné au premier alinéa une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande dont la durée de validité ne peut être supérieure à trois mois. Ce document, accompagné du document de séjour expiré, lui permet de justifier de la régularité de son séjour pendant la durée qu'il précise. () ".
En ce qui concerne l'urgence :
6. Il résulte de l'instruction que la société Gamned, employeur de Mme A dans le cadre d'un contrat d'apprentissage, entend résilier ledit contrat à compter du 29 janvier 2025, du fait de la fin de validité de son titre de séjour et de l'absence de justificatif de sa régularité au séjour, alors qu'elle travaille en alternance afin de subvenir à ses besoins et financer ses études et que celles-ci sont conditionnées à la poursuite de ce même contrat d'apprentissage. Dans ces conditions, et dans les circonstances très particulières de l'espèce, la requérante doit être regardée comme justifiant d'une situation d'urgence appelant, à bref délai, une réponse du juge des référés saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
En ce qui concerne l'atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale :
7. Ainsi qu'il a été dit au point 1, Mme A a déposé le 20 novembre 2024 une demande de renouvellement de son titre de séjour " étudiant " qui expirait le 26 janvier 2025. Si en défense, le préfet des Hauts-de-Seine fait valoir que le dossier de l'intéressée est incomplet au motif qu'il manquerait la production d'un justificatif de domicile de moins de trois mois ainsi que le contrat d'apprentissage et le courrier de prise en charge de l'opérateur de compétence, il résulte de l'instruction que ces pièces n'ont été demandées que le 27 janvier 2025, soit postérieurement à l'expiration de son titre de séjour. En outre, il résulte de l'instruction que le jour même, Mme A a fourni en réponse un justificatif de domicile, le contrat d'apprentissage et un courrier de la société Gamned confirmant le dépôt du contrat d'apprentissage auprès des services ministériels en charge de la formation professionnelle. Si ce dernier document a été rejeté par les services de la préfecture des Hauts-de-Seine, il ne ressort pas de l'annexe 10 au code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qu'un justificatif de prise en charge de l'opérateur de compétence relève des pièces justificatives exigées pour la délivrance d'un titre de séjour " étudiant ". Ainsi, en refusant de délivrer à
Mme A une attestation de prolongation d'instruction alors qu'il ne résulte pas de l'instruction que son dossier ne serait pas complet, le comportement du préfet des Hauts-de-Seine a pour effet de placer la requérante en situation irrégulière sur le territoire français, de l'empêcher de poursuivre son contrat d'apprentissage, activité professionnelle qui lui permet d'assurer sa subsistance et qui conditionne la validation de son cycle de formation, et porte une atteinte grave et manifestement illégale au droit au travail ainsi qu'à la liberté d'aller et venir de
celle-ci.
8. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre au préfet des
Hauts-de-Seine de délivrer à Mme A une attestation de prolongation d'instruction l'autorisant à travailler dans un délai de deux jours à compter de la notification de la présente ordonnance, sans qu'il soit nécessaire d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés à l'instance :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 800 euros à verser à Me Ben Gadi sur le fondement des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve de sa renonciation à la part contributive de l'Etat et de l'admission définitive de Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme A est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Il est enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de délivrer à Mme A une attestation de prolongation d'instruction l'autorisant à travailler dans un délai de deux jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : L'Etat versera à Me Ben Gadi une somme de 800 euros sur le fondement des
dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve de sa renonciation à la part contributive de l'Etat et de l'admission définitive de Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A, à Me Ben Gadi et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera délivrée au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 28 janvier 2025.
La juge des référés,
Signé
A. Richard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°25011980
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026