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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2502504

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2502504

vendredi 13 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2502504
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation6ème Chambre
Avocat requérantCAGNAN JULIA

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête en annulation d'un arrêté d'obligation de quitter le territoire français (OQTF) avec interdiction de retour d'un an. Le tribunal a jugé que la décision préfectorale était suffisamment motivée, avait procédé à un examen particulier de la situation de l'intéressé, et que les moyens invoqués (erreur de droit, atteinte excessive à la vie privée et familiale) n'étaient pas établis, notamment faute de pièces justificatives produites. La décision s'appuie sur les articles L. 611-1 et L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que sur l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 février 2025, M. C... A... B..., représenté par Me Cagnan, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 11 février 2025 par lequel le préfet du Val-d’Oise l’a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a assorti ces décisions d’une interdiction de retour d’une durée d’un an ;

2°) d’enjoindre au préfet de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai d’un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 10 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’État une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que l’arrêté attaqué :

- est insuffisamment motivé ;
- n’a pas été précédé d’un examen particulier de sa situation ;
- est entaché d’une erreur de droit et d’une erreur manifeste d’appréciation ;
- porte une atteinte excessive au droit de mener une vie privée et familiale.

La requête a été communiquée au préfet du Val-d’Oise qui n’a pas produit de mémoire en défense.
Par une ordonnance du 25 juin 2025, l’instruction a été close avec effet immédiat.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de Mme Mettetal-Maxant, première conseillère, a été entendu au cours de l’audience publique.

Les parties n’étaient ni présentes ni représentées.


Considérant ce qui suit :

M. A... B..., ressortissant tunisien né le 19 janvier 1987, est entré en France en mai 2020 selon ses déclarations. Le 9 février 2025, il a été interpellé pour des faits de vol et recel de vol en bande organisée. M. A... B... demande au tribunal d’annuler l’arrêté du 11 février 2025 par lequel le préfet du Val-d’Oise l’a obligé à quitter le territoire sans délai, a fixé le pays de destination et a assorti ces décisions d’une interdiction de retour d’un an.


Sur les conclusions à fin d’annulation :

En premier lieu, aux termes de l’article L. 613-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. Elle est édictée après vérification du droit au séjour, en tenant notamment compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et des considérations humanitaires pouvant justifier un tel droit. (…) »

L’arrêté attaqué vise les textes dont le préfet du Val-d’Oise a entendu faire l’application, notamment les dispositions des articles L. 611-1 1° et 5° et L. 612-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Le préfet y a également précisé les éléments de fait sur lesquels il s’est fondé pour prendre sa décision. La décision précise les conditions d’entrée et de séjour sur le territoire français de M. A... B... ainsi que les éléments de sa situation personnelle en France et dans son pays d’origine. En conséquence, la décision contestée est suffisamment motivée au regard des exigences de l’article L. 613-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

En second lieu, il ne ressort ni des termes de l’arrêté attaqué, ni des pièces du dossier que le préfet n’aurait pas, avant de prendre la décision contestée, procédé à un examen particulier de la situation de M. A... B.... Ce moyen doit, dès lors, être écarté.

En troisième lieu, aux termes de l’article L. 611-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L’autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu’il se trouve dans les cas suivants : / 1° L’étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s’y est maintenu sans être titulaire d’un titre de séjour en cours de validité ; (…) / 5° Le comportement de l’étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l’ordre public ; (…) ».

M. A... B... soutient que l’arrêté attaqué est entaché d’erreur de droit et d’erreur manifeste d’appréciation, en faisant valoir qu’il réside en France de façon continue depuis cinq ans, y travaille depuis son arrivée comme peintre en bâtiment, et y bénéfice d’attaches sociales et familiales dont un frère en situation régulière. Toutefois, il ne produit aucune pièce à l’appui de ses allégations. Par suite, ces moyens doivent être écartés.

En quatrième lieu, aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui ».

Si le requérant soutient que l’arrêté attaqué porte une atteinte excessive à son droit de mener une vie privée et familiale, il ne produit aucun élément de nature à établir la réalité et l’intensité de ses attaches personnelles et familiales sur le territoire français. Par suite ce moyen doit être écarté.

Il résulte de tout ce qui précède qu’il y a lieu de rejeter les conclusions à fin d’annulation de l’arrêté attaqué et, par voie de conséquence, les conclusions à fin d’injonction et celles tendant à l’application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


D É C I D E :


Article 1er : La requête de M. A... B... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C... A... B... et au préfet du Val-d’Oise.


Délibéré après l’audience du 16 janvier 2026, à laquelle siégeaient :

Mme Mathieu, présidente ;
Mme Mettetal-Maxant, première conseillère ;
Mme David-Brochen, première conseillère.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 février 2026.


La rapporteure,



signé


A. Mettetal-Maxant

La présidente,



signé


J. Mathieu



La greffière



signé



A. Pradeau

La République mande et ordonne au préfet du Val-d’Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution du présent jugement.



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