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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2504012

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2504012

mardi 7 avril 2026

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2504012
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantVINCENT

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant par ordonnance, rejette la requête de M. B... qui contestait le retrait de 3 points sur son permis de conduire suite à une infraction. Le juge estime que l'administration a bien respecté la formalité substantielle d'information préalable prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, en démontrant l'envoi de l'avis de contravention. Le moyen tiré du défaut d'information est donc écarté comme manifestement infondé, permettant le rejet de la demande sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Par une requête, enregistrée le 9 mars 2025, M. A... B..., représenté par Me Vincent, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision de retrait de points relative à l’infraction commise le 5 juin 2023 ;

2°) d’enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer les 3 points retirés dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;

Il soutient que la décision a été prise en l’absence d’une procédure d’information préalable prévue par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, qui constitue une garantie essentielle donnée à l’auteur de l’infraction.


Par un mémoire en défense, enregistré le 16 octobre 2025, le ministre de l’intérieur conclut au rejet de la requête de M. B... en toutes ses conclusions.

Il fait valoir que le requérant a bien reçu l’information préalable requise prévue par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.


Vu les autres pièces du dossier.


Vu :
le code de la route ;
le code de justice administrative.


Le président du tribunal a désigné Mme Rolin, vice-présidente, pour signer les ordonnances visées à l’article R. 222-1 du code de justice administrative.



Considérant ce qui suit :

1. A la suite d’une infraction au code de la route commises le 5 juin 2023, le ministre de l’intérieur a retiré 3 points au capital affecté au permis de conduire de M. B.... M. B... demande l’annulation de la décision de retrait de points consécutive à cette infraction.

2. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : / (…) 3( Constater qu’il n’y a pas lieu de statuer sur une requête ; / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; (…) 7° Rejeter, après l’expiration du délai de recours ou, lorsqu’un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.(…) ».

3. La délivrance, au titulaire du permis de conduire à l’encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points, de l’information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route constitue une garantie essentielle donnée à l’auteur de l’infraction pour lui permettre, avant d’en reconnaître la réalité par le paiement d’une amende forfaitaire ou l’exécution d’une composition pénale, d’en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et, éventuellement, d’en contester la réalité devant le juge pénal. Elle revêt le caractère d’une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé.

4. Il résulte des mentions du relevé d'information intégral de M. B... que l’infraction commise le 5 juin 2023 a été constatée par l'intermédiaire d’un procès-verbal électronique versé à l’instance, qui mentionne l’adresse indiquée par le requérant lors de son interception. Sur cette base, l’agent verbalisateur a constaté l’infraction sur un outil dédié, avant de télétransmettre les données y afférentes au Centre national de traitement du contrôle sanction automatisé (CNT-CSA). Selon les pièces versées au dossier en défense, le CNT-CSA a envoyé automatiquement au domicile de M. B... un avis de contravention, puis en l’absence de réception du paiement réclamé, un avis de majoration de l’amende forfaitaire, réputé comporter l’ensemble des informations prévues par les articles L. 223-3 et R.223-3 du code de la route. Il résulte du bordereau d’accompagnement du procès-verbal électronique versé à l’instance par le ministre, qui fait foi jusqu’à preuve du contraire, que l’avis comportant les informations requises a été envoyé le 19 juin 2023 à M. B..., sans retour avec la mention « n’habite pas à l’adresse indiquée » (NPAI). Dans ces conditions, l'administration doit être regardée comme ayant dispensé l'information préalable exigée par le code de la route. Par suite, le moyen tiré d’un défaut d’information doit être écarté comme manifestement infondé.

5. La requête de M. B... ne comporte que des moyens manifestement infondés et n’étant assortis que de faits insusceptibles de venir à leur soutien. Dès lors, à défaut de moyen utile soulevé dans le délai de recours contentieux, il y a lieu de rejeter les conclusions à fin d’annulation du requérant, sur le fondement des dispositions précitées du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d’injonction.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée en toutes ses conclusions.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B... et au ministre de l’intérieur.


Fait à Cergy, le 7 avril 2026.


La présidente de la 10e chambre,


Signé



E. Rolin


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


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