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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2505014

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2505014

jeudi 12 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2505014
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation9ème Chambre
Avocat requérantPARASTATIS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de M. A..., un ressortissant congolais, visant à annuler l'arrêté préfectoral lui refusant un titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire français. La juridiction a estimé que la décision était suffisamment motivée, avait procédé à l'examen de sa situation personnelle, et que son éloignement ne portait pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale au sens de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. Le tribunal a appliqué les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que du code des relations entre le public et l'administration.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 mars 2025, M B... A... représenté par Me Parastatis, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 21 février 2025 par lequel le préfet du Val d’Oise a rejeté sa demande de titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, et a fixé le pays de renvoi ;

2°) d’enjoindre au préfet du Val d’Oise de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d’un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 75 euros par jour de retard, ou à défaut de procéder au réexamen de sa situation, dans les mêmes conditions de délai et d’astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision lui refusant un titre de séjour :

- elle est insuffisamment motivée et entachée d’un défaut d’examen de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- elle entachée d’une erreur manifeste d’appréciation au regard de sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision l’obligeant à quitter le territoire français :

- elle est illégale par voie de conséquence de l’illégalité de la décision lui refusant un titre de séjour ;

La requête a été communiquée au préfet du Val-d’Oise, qui n’a pas produit d’observations en défense.

Vu les pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience, en application des dispositions de l’article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de M. Dufresne a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :
1. M. A..., ressortissant congolais, né le 17 octobre 1999, est entré sur le territoire français le 29 juillet 2015. Il a sollicité, le 1er mars 2023, son admission au séjour dans le cadre des dispositions de l’article L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Par un arrêté du 21 février 2025, dont M. A... demande l’annulation, le préfet du Val-d’Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays de renvoi.
Sur la décision de refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, l’article L. 211‑2 du code des relations entre le public et l’administration dispose que : « Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; (…) ». Et l’article L. 211‑5 du même code prévoit que : « La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ».
3. En l’espèce, la décision en litige vise les textes dont elle fait application, notamment la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et celui des relations entre le public et l’administration. Elle vise également les circonstances de faits propres à la situation personnelle et administrative de M. A.... Par ailleurs, le préfet du Val‑d’Oise n’était pas tenu de faire état de tous les éléments relatifs à la situation personnelle du requérant dont il avait connaissance mais seulement des faits qu’il jugeait pertinents pour justifier le sens de sa décision. Dès lors, la décision en litige comporte l’énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l’insuffisance de motivation de la décision attaquée doit être écarté.
4. En deuxième lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier ni des termes de l’arrêté attaqué que le préfet du Val-d’Oise n’aurait pas procédé, avant son édiction, à l’examen particulier de la situation personnelle de M. A....
5. En troisième lieu, aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui ».
6. Si M. A..., célibataire et sans charge de famille, fait valoir qu’il réside habituellement en France depuis le 29 juillet 2015, où il serait arrivé à l’âge de quinze ans, l’ancienneté de son séjour en France, à la supposer établie, ne caractérise pas, à elle seule, une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Par ailleurs, si le requérant se prévaut, d’une part, de la présence en France de son frère et de sa sœur avec lesquels il est arrivé en 2015 et, d’autre part, de la présence de sa belle-mère et tutrice, en vertu d’un jugement du tribunal de Poto en République du Congo en date du 30 octobre 2015, ainsi que de celle de ses sœurs et demi-frères, titulaires d’un titre de séjour ou de la nationalité française, il n’établit ni même n’allègue être dépourvu d’attaches dans son pays d’origine où réside toujours notamment sa mère. Enfin, si M. A... fait valoir qu’il a été scolarisé en France depuis son arrivée en 2015, qu’il a obtenu en 2017 son baccalauréat technologique et qu’il a été inscrit en dernier lieu en 2017/2018 en formation de BTS management des unités commerciales, il n’établit pas, par ces seules pièces, son intégration au sein de la société française notamment sur le plan professionnel. En outre, il ressort des pièces du dossier que le requérant a déjà fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français du 21 mars 2018 qu’il n’a pas exécutée. Dans ces conditions, c’est sans méconnaître les stipulations précitées et sans commettre d’erreur manifeste d’appréciation sur sa situation personnelle que le préfet du Val-d’Oise a pris l’arrêté attaqué lui refusant le titre de séjour sollicité.
Sur la décision d’obligation de quitter le territoire français :
7. Le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait illégale par voie de conséquence de l’illégalité de la décision portant refus de titre de séjour doit être écarté dès lors qu’il résulte de ce qui a été dit aux points 2 à 6 que cette dernière décision est exempte de toute illégalité.

8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d’annulation présentées par M. A... doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d’injonction sous astreinte et celles présentées au titre des frais liés à l’instance.

D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A... et au préfet du Val-d’Oise.
Délibéré après l’audience du 17 février 2026, à laquelle siégeaient :
M. Dubois, président,
M. Dufresne, premier conseiller,
M. Jacquelin, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mars 2026.



Le rapporteur,


signé

G. Dufresne
Le président,

signé

J. Dubois

La greffière,

signé

H. Mofid




La République mande et ordonne au préfet du Val-d’Oise en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour ampliation, le greffier

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