mardi 22 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2505088 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | ZABEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 mars 2025, M. A B, représenté par Me Zabel, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 13 mars 2025 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter le territoire français ;
3°) d'annuler l'arrêté du 13 mars 2025 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a assigné à résidence dans les Hauts-de-Seine pour une durée de quarante-cinq jours et l'a obligé à se présenter tous les lundis, mercredis et vendredis à 10 heures au commissariat de police de Vanves ;
4°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine d'effacer son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;
Il soutient que les arrêtés attaqués :
- ont été pris par une autorité incompétente ;
- sont insuffisamment motivés ;
- méconnaissent le principe du respect du droit de la défense ;
- sont entachés d'un défaut d'examen sérieux ;
- sont entachés d'une erreur de droit ;
- méconnaissent l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- sont entachés d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er avril 2025, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est tardive et par suite irrecevable ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés ;
- il y a lieu de substituer les dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile issues de la loi n°2024-42 du 26 janvier 2024 à celles du même article issues de l'ordonnance 2020-1733 du 16 décembre 2020 en vigueur jusqu'au 28 janvier 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- la loi n°2024-42 du 26 janvier 2024 ;
- l'ordonnance 2020-1733 du 16 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Ouillon, vice-président, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 921-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 8 avril 2025 :
- le rapport de M. Ouillon, magistrat désigné du tribunal, qui a, en outre, informé les parties, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre le courrier de mise en demeure du 13 mars 2025 faite au requérant de quitter le territoire français qui ne constitue pas une décision faisant grief, susceptible de recours ;
- et les observations de Me Zabel, avocate désignée d'office représentant
M. B, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens et précise en outre que la requête de M. B a été introduite tardivement en raison de problèmes de fax et que l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut d'examen sérieux et qu'il est privé de base légale en ce que le préfet n'établit pas l'existence de la décision portant obligation de quitter le territoire du 5 juillet 2024 en exécution de laquelle il a été pris.
Le préfet des Hauts-de-Seine n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B est un ressortissant ukrainien né le 10 aout 2004. Par un arrêté du 5 juillet 2024, le préfet des Hauts-de-Seine lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Le 13 mars 2025, il a été interpellé par les services de police pour des faits de détention non autorisée de stupéfiants. Le même jour, le préfet des Hauts-de-Seine l'a mis en demeure d'exécuter la décision d'éloignement prise à son encontre le 5 juillet 2024 et l'a assigné à résidence dans le département des Hauts-de-Seine pour une durée de quarante-cinq jours.
M. B demande l'annulation de ces décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation du courrier de mise en demeure du 13 mars 2025 :
2. Il ressort des pièces du dossier que par un courrier du 13 mars 2025 intitulé " mise en demeure de quitter le territoire français ", le préfet des Hauts-de-Seine a rappelé à M. B qu'il faisait l'objet d'une mesure d'éloignement prise à son encontre le 5 juillet 2024, qu'il était toujours tenu d'exécuter cette mesure et de quitter le territoire national et que s'il se maintenait sur le territoire français il serait passible de poursuites judiciaires. Toutefois, ce courrier ne fait pas, par lui-même, grief et ne constitue pas, dès lors, une décision susceptible de recours. Par suite, les conclusions de M. B dirigées contre ce courrier doivent être rejetées comme irrecevables.
Sur la fin de non-recevoir opposée à l'encontre des conclusions dirigées contre l'arrêté du 13 mars 2025 :
3. Aux termes de l'article L. 732-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision d'assignation à résidence prise en application des 1°, 2°, 3°, 4° ou 5° de l'article L. 731-1 peut être contestée selon la procédure prévue à l'article L. 921-1. / Elle peut être contestée dans le même recours que la décision d'éloignement qu'elle accompagne. Lorsqu'elle a été notifiée après la décision d'éloignement, elle peut être contestée alors même que la légalité de la décision d'éloignement a déjà été confirmée par le juge administratif ou ne peut plus être contestée. ". Aux termes de l'article L. 921-1 du même code : " Lorsqu'une disposition du présent code prévoit qu'une décision peut être contestée selon la procédure prévue au présent article, le tribunal administratif peut être saisi dans le délai de sept jours à compter de la notification de la décision. Sous réserve de l'article L. 921-4, il statue dans un délai de quinze jours à compter de l'introduction du recours. "
4. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté contesté du 13 mars 2025 portant assignation à résidence du requérant, qui comportait la mention des voies et délais de recours, a été notifié à ce dernier par voie administrative le même jour à 17h10. Ainsi, le requérant disposait d'un délai de sept jours pour présenter sa requête au greffe du tribunal administratif, soit au plus tard jusqu'au 20 mars 2025 à 17h10. Si M. B soutient qu'il n'a pu présenter sa requête à temps en raison de problèmes de fax, il n'en apporte pas la preuve ni avoir effectué les démarches nécessaires dans le délai de recours, par la seule production de de copies de deux rapports de contrôle de transmission d'un fax comportant chacune l'indication " PAS REP/OCCUPE " et la mention manuscrite " j'ai envoyé plusieurs fois " ainsi qu'une heure de transmission au " 01/01/2013 00/05 " pour l'un et " 01/01/2013 00/09 " pour l'autre. Par suite, la requête de M. B tendant à l'annulation de cet arrêté, enregistrée au greffe du tribunal le 24 mars 2025, est tardive. Ainsi, la fin de non-recevoir opposée par le préfet des Hauts-de-Seine doit être accueillie.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. B doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sans qu'il y ait lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
D E C I D E :
Article 1er : M. B n'est pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : La requête de M. B est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet des Hauts-de-Seine.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 22 avril 2025.
Le magistrat désigné,
signé
S. Ouillon La greffière,
signé
O. El-Moctar
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026