mardi 22 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2505415 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | DIOP |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 28 mars 2025, enregistrée le 31 mars 2025, le tribunal administratif de Montreuil a renvoyé au présent tribunal la requête de M. A B, enregistrée le 3 mars 2025.
Par cette requête, M. B, représenté par Me Diop, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er mars 2025 par lequel le préfet du Val-d'Oise l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours ;
2°) à titre subsidiaire, d'annuler l'arrêté du 1er mars 2025 par lequel le préfet du
Val-d'Oise l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours en tant seulement qu'il l'oblige à pointer deux fois par semaine au commissariat de Gonesse (Val-d'Oise) ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation, dès lors que le préfet ne justifie pas de la matérialité de l'agression sexuelle sur mineur qui lui est reprochée ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que sa contestation de la décision d'éloignement le concernant est toujours pendante et que le préfet ne justifie pas que son éloignement demeure une perspective raisonnable ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation eu à égard à ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 mars 2025 et renvoyé au tribunal par l'ordonnance précitée du magistrat désigné du tribunal administratif de Montreuil, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête faisant valoir que les moyens ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a désigné Mme Monteagle, première conseillère, en qualité de juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, le 15 avril 2025 à 10h00 :
- le rapport de Mme Monteagle, magistrat désigné,
- et les observations de Me Diop, représentant M. B, non-présent, qui maintient ses conclusions et insiste sur le moyen tenant à l'absence de perspective raisonnable d'éloignement.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant de Tunisie né le 15 avril 1978, déclare être entré en France en septembre 2021. Par un arrêté du 21 janvier 2025, notifié le jour même, le préfet de l'Essonne l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours. Par un second arrêté du 1er mars 2025, notifié le jour même, le préfet du Val-d'Oise l'a assigné à résidence dans le département du Val-d'Oise pour une durée de 45 jours renouvelable deux fois, avec obligation de se présenter deux fois par semaine au commissariat de Gonesse. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de ce second arrêté.
Sur les conclusions d'annulation présentées à titre principal :
2. En premier lieu, la décision contestée comporte l'énoncé suffisamment précis des circonstances de droit et de fait qui la fondent. Par suite, le moyen tiré de son insuffisante motivation doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il ressort tant des termes de la décision, que des pièces du dossier que le préfet a procédé à un examen particulier de la situation du requérant avant de prendre la décision attaquée.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ". Aux termes de l'article L. 732-3 du même code : " L'assignation à résidence prévue à l'article L. 731-1 ne peut excéder une durée de quarante-cinq jours / Elle est renouvelable deux fois dans la même limite de durée ". Aux termes de l'article L. 722-7 du même code : " L'éloignement effectif de l'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut intervenir avant l'expiration du délai ouvert pour contester, devant le tribunal administratif, cette décision et la décision fixant le pays de renvoi qui l'accompagne, ni avant que ce même tribunal n'ait statué sur ces décisions s'il a été saisi./ () Les dispositions du présent article s'appliquent sans préjudice des possibilités d'assignation à résidence et de placement en rétention prévues au présent livre. ".
5. D'une part, il ressort des termes de la décision attaquée que le préfet a fondé l'assignation à résidence sur la circonstance que le requérant a fait l'objet le 21 janvier 2025 d'une mesure d'éloignement assorti d'un délai de trente jours de la part du préfet de l'Essonne et que le délai de départ volontaire avait expiré sans que le requérant n'ait exécuté cette mesure. Si le requérant soutient en particulier que le préfet n'a pas justifié qu'il se soit rendu coupable d'une agression sexuelle sur mineur, il ne ressort ni des termes de la décision, ni des pièces du dossier que le préfet se soit fondé sur une telle circonstance pour fonder la décision attaquée.
6. D'autre part, il résulte des dispositions de l'article L. 722-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que si l'exécution de l'obligation de quitter le territoire ne peut intervenir avant l'expiration du délai de recours contre cette décision ou est suspendue le temps que le tribunal saisi se prononce, elle n'en demeure pas moins juridiquement exécutoire dès sa notification. Par conséquent, en se bornant à soutenir, sans au demeurant l'établir, qu'il a contesté devant la juridiction compétente l'arrêté du 21 janvier 2025 décidant de son éloignement, le requérant n'établit aucunement que, par ce seul motif, son éloignement ne pourrait être regardé comme une perspective raisonnable alors que le requérant a indiqué aux services de police disposer d'un passeport tunisien, qu'il est célibataire et sans charge de famille sur le territoire français.
7. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ".
9. M. B soutient qu'il est en France depuis cinq ans, y exerce une activité salariée et y est bien inséré. Toutefois ces circonstances, qui ne démontrent pas l'existence d'une vie privée et professionnelle à l'extérieur du département du Val-d'Oise, sont sans incidence sur l'appréciation de sa vie privée et familiale au regard de l'objet de la décision qu'il attaque. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
10. En cinquième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 9, le requérant n'est pas davantage fondé à soutenir que la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation eu à égard à ses conséquences sur sa situation personnelle.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions d'annulation de M. B présentées à titre principal doivent être rejetées.
Sur les conclusions d'annulation présentées à titre subsidiaire :
12. Si M. B conteste, à titre subsidiaire, la seule mesure de pointage dont le préfet du Val-d'Oise a assorti sa décision, il n'articule aucun moyen à son encontre. Ses conclusions ne pourront donc qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
13. Dès lors que l'État n'est pas la partie perdante dans la présente instance, il y a lieu de rejeter la demande de M. B présentée sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par ces motifs, le Tribunal décide :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Val-d'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 avril 2025.
La magistrate désignée
Signé
M. Monteagle
La greffière,
Signé
O. El Moctar
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026