mardi 22 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2505496 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | PRATA |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 31 mars 2025, enregistrée le jour même, le vice-président du tribunal administratif de Melun a renvoyé au présent tribunal la requête de M. A B, enregistrée le 12 mars 2025 devant ce tribunal.
Par cette requête et un mémoire, enregistré le 13 avril 2025 M. A B, représenté par Me Prata, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 10 mars 2025, notifié le 11 mars 2025 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, en fixant le pays à destination duquel il pourra être reconduit et lui a interdit de circuler sur le territoire français pour une durée de trois ans ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
s'agissant de l'ensemble des décisions :
- l'arrêté est entaché d'un défaut de motivation ;
- il méconnaît son droit d'être entendu garanti par les principes généraux du droit de l'Union européenne, dès lors que les décisions attaquées lui ont été notifiées à 14h26 alors que son audition n'a commencé qu'à 14h43, soit postérieurement à la notification de l'arrêté ;
- il est entaché d'un vice de procédure, compte tenu de l'irrégularité de la procédure pénale sur laquelle il se fonde, en l'espèce l'absence de notification de la garde à vue, l'absence de notification des droits du gardé à vue en temps utile, l'absence de procès-verbal d'avis à magistrat, l'absence d'attestation de conformité de la signature électronique des actes de procédure ;
- il est entaché d'une erreur d'appréciation dès lors qu'il ne représente aucune menace à l'ordre public ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
s'agissant de l'interdiction de circulation :
- sa durée de trois est disproportionnée compte tenu de son insertion sociale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 avril 2025, et des pièces, enregistrées le 26 mars 2025 et renvoyées par l'ordonnance précitée du tribunal de Melun, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a désigné Mme Monteagle, première conseillère, en qualité de juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers ;
- les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- la directive 2008/115/CE du 16 décembre 2008 du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 15 avril 2025 :
- le rapport de Mme Monteagle, magistrate désignée ;
- et les observations de Me Prata, pour M. B, non-présent, qui maintient les conclusions et précise les moyens présentés dans les mémoires.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant de Roumanie né le 18 mars 1976, déclare être entré en France en 2004. Par un arrêté du 10 mars 2025, le préfet des Hauts-de-Seine a prononcé son éloignement du territoire français sans délai, avec fixation du pays de renvoi assortie d'une interdiction de circulation d'un an. C'est la décision attaquée.
2. En premier lieu, l'arrêté énonce les considérations de droit et de fait sur lesquelles se fondent l'ensemble des décisions qu'il contient, alors que le préfet n'avait aucune obligation de mentionner tous les éléments relatifs à la situation personnelle et professionnelle du requérant. Le moyen tiré du défaut de motivation de l'arrêté doit être écarté.
3. En deuxième lieu, si les dispositions de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ne sont pas en elles-mêmes invocables par un étranger faisant l'objet d'une mesure d'éloignement telle qu'une obligation de quitter le territoire français, celui-ci peut néanmoins utilement faire valoir que le principe général du droit de l'Union européenne, relatif au respect des droits de la défense, imposait qu'il soit préalablement entendu et mis à même de présenter toute observation utile sur la mesure d'éloignement envisagée. Toutefois, une atteinte à ce droit n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision défavorable est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie.
4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, notamment des procès-verbaux d'interpellation et d'audition, que M. B a été entendu par les services de police le 10 mars 2025 à compter de 14h43 et que l'arrêté attaqué lui a été notifié le 11 mars 2025 à 14h26, soit vingt-quatre heures plus tard. Il n'est d'ailleurs pas contesté qu'à cette occasion, l'intéressé a communiqué divers renseignements concernant sa situation personnelle, familiale et professionnelle en France et a été invité à préciser sa situation administrative sur le territoire national. Le requérant, qui n'allègue pas avoir tenté en vain de porter à la connaissance de l'administration des informations pertinentes sur sa situation, a ainsi été mis à même de formuler ses observations sur les conditions de son séjour en France préalablement à l'édiction de l'arrêté en litige. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance du principe général du droit d'être entendu issu du droit de l'Union européenne et du principe de loyauté, doit être écarté.
5. En troisième lieu, le requérant invoque l'irrégularité de la garde à vue dont il a fait l'objet préalablement à sa retenue pour vérification du droit au séjour. Toutefois, les conditions d'interpellation et de contrôle d'identité, de retenue ou de garde à vue, dont il appartient au seul juge judiciaire de connaître, sont sans incidence sur la légalité de l'arrêté du préfet des
Hauts-de-Seine en litige, qui, eu égard à sa nature et à son objet, n'est pas conditionnée par la régularité d'une interpellation par les services de police. Par suite, le moyen sera écarté comme inopérant.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : / () 2° Leur comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société ; () L'autorité administrative compétente tient compte de l'ensemble des circonstances relatives à leur situation, notamment la durée du séjour des intéressés en France, leur âge, leur état de santé, leur situation familiale et économique, leur intégration sociale et culturelle en France, et l'intensité des liens avec leur pays d'origine ".
7. Si M. B soutient qu'il ne constitue pas une menace à l'ordre public, il ressort des pièces du dossier qu'il a été interpellé en 2016 pour violences conjugales, interpellation qu'il ne conteste pas. Il ressort de ces mêmes pièces qu'il a été à nouveau interpellé pour des faits de violence le 9 mars 2025. Il ressort des termes du procès-verbal que son fils a déclaré lors de l'intervention des forces de police au domicile de la famille que son père le frappait régulièrement et les policiers ont constaté qu'il en portait des traces. La circonstance que M. B persiste à nier l'existence de violences intrafamiliales ou que sa concubine n'ait pas porté plainte à son encontre ne suffit pas à contredire l'appréciation du préfet salon laquelle le comportement de M. B, compte tenu de la nature même des faits et de leur caractère habituel, représente une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société alors que le requérant n'établit pas l'ancienneté de son séjour et ne témoigne ni d'une intégration sociale, ni d'une intégration professionnelle substantielle en France en se bornant à établir l'existence d'une activité d'entrepreneur individuel à partir d'une société fondée en 2019.
8. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ".
9. Pour contester l'appréciation portée par le préfet sur sa vie privée et familiale, M. B se borne à soutenir qu'il vit depuis 2004 sur le territoire français, alors que cette ancienneté de séjour ne ressort pas des pièces du dossier et qu'il y exerce son activité professionnelle dans le bâtiment, dont il a été rappelé au point 7 le caractère récent et la nature individuelle de l'activité en cause. S'il soutient en outre qu'il est le soutien financier principal de sa femme et de son fils et rappelle que ce dernier, qui est en situation de handicap, a besoin d'un cadre stable, cet argument, compte tenu de la nature des faits, rappelés au point 7, ayant fondé la décision du préfet, ne permet pas d'établir qu'il aurait en France sa vie privée et familiale, alors au demeurant qu'il établit que sa concubine et mère de son fils dispose de revenus. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
En ce qui concerne l'interdiction de circulation sur le territoire français :
10. Aux termes de l'article L. 251-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut, par décision motivée, assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français édictée sur le fondement des 2° ou 3° de l'article L. 251-1 d'une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée maximale de trois ans ". En vertu de l'article L. 251-6 du même code : " Le sixième alinéa de l'article L. 251-1 et les articles L. 251-3, L. 251-7 et L. 261-1 sont applicables à l'interdiction de circulation sur le territoire français. ". Le sixième alinéa de l'article L. 251-1 dispose que : " L'autorité administrative compétente tient compte de l'ensemble des circonstances relatives à leur situation, notamment la durée du séjour des intéressés en France, leur âge, leur état de santé, leur situation familiale et économique, leur intégration sociale et culturelle en France, et l'intensité des liens avec leur pays d'origine ".
11. Dès lors que le requérant ne se prévaut, pour établir l'importance de ses attaches en France, que des circonstances déjà examinées au point 9, il y a lieu d'écarter pour les mêmes motifs que ceux rappelés à ce point son moyen tiré du caractère disproportionné de la durée de l'interdiction de circulation.
12. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, en toutes ses conclusions y compris celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par ces motifs, le Tribunal décide :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet des Hauts-de-Seine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 avril 2025.
La magistrate désignée
Signé
M. Monteagle
La greffière,
Signé
O. El Moctar
La République mande et ordonne au ministre d'État, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026