Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise rejette une requête en excès de pouvoir par ordonnance. Le requérant demandait au juge de réexaminer le refus préfectoral de son regroupement familial, ce qui équivaut à une demande gracieuse. La juridiction estime que cette demande est manifestement irrecevable, car le juge administratif ne peut se substituer à l'administration ou connaître d'une demande gracieuse, en application des articles R. 222-1 et R. 411-1 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 mars 2025, M. A... B... demande « humblement » au tribunal de « réexaminer » sa requête relative à la décision du 12 février 2025 par laquelle le préfet du Val-d’Oise a refusé de faire droit à sa demande de regroupement familial.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1.Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) 4°Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser (…) ».
2. Aux termes de l’article R. 411-1 du code de justice administrative : « La juridiction est saisie par requête. La requête (…) contient l’exposé des faits et moyens, ainsi que l’énoncé des conclusions soumises au juge. (…) ».
3. Il n’appartient pas au juge administratif, en dehors des cas expressément prévus par des dispositions législatives particulières, inapplicables en l’espèce, de se prononcer sur des conclusions autres que celles tendant à l’annulation d’une décision ou à la condamnation d’une personne publique au versement d’une somme d’argent. Ainsi, le juge administratif ne peut faire œuvre d’administrateur ni se substituer aux administrations compétentes, ni intervenir lui-même activement et directement pour prendre en charge une situation considérée comme anormale par un administré.
4. M. B... demande « humblement » au tribunal de « réexaminer [sa] requête » contre la décision du 12 février 2025 par le préfet du Val-d’Oise a refusé de faire droit à sa demande de regroupement familial. Toutefois, cette demande, qui peut être regardée comme une demande gracieuse, est irrecevable, dès lors qu’il n’appartient pas à la juridiction administrative de connaitre d’une demande gracieuse ou de faire œuvre d’administration. Par suite, la requête de M. B..., qui est manifestement irrecevable, peut être rejetée comme telle en application des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....
Fait à Cergy, le 9 février 2026.
Le président de la 7ème chambre
signé
E. Lamy
La République mande et ordonne au préfet du Val-d’Oise en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.