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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2508098

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2508098

vendredi 12 septembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2508098
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCABINET DAMY RAYNAL HERVE-LANCIEN

Résumé IA

Cette ordonnance du Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise rejette la requête de Mme A... épouse B... qui contestait la décision de la commission de médiation des Hauts-de-Seine refusant de reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement social. Le juge, statuant seul sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, a estimé que la requête ne comportait que des moyens manifestement infondés ou insuffisamment précis, après avoir invité la requérante à régulariser son argumentation. La solution retenue est le rejet de l’ensemble des conclusions, sans qu’il soit nécessaire de statuer sur le fond, en application des articles L. 300-1, L. 441-2-3 et R. 441-14-1 du code de la construction et de l’habitation.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 mai 2025, Mme C... A... épouse B..., représentée par Me Hervé, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 18 septembre 2024 par laquelle la commission de médiation du département des Hauts-de-Seine a rejeté son recours tendant à la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement social ;

2°) d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine, à titre principal, de lui attribuer un logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités, dans un délai d’un mois à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande, dans les mêmes conditions de délai et d’astreinte ;

4°) de mettre à la charge de l’État le versement à Me Hervé de la somme de 1 500 euros au titre de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que qu’il renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat.


Vu :
- la décision en date du 11 mars 2025 par laquelle le président du bureau d’aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Pontoise a accordé le bénéfice de l’aide juridictionnelle totale à Mme A... épouse B... ;
- la décision par laquelle le président du tribunal administratif a désigné M. Bourragué, premier conseiller, pour signer les ordonnances visées à l’article R. 222-1 du code de justice administrative ;
- les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la construction et de l’habitation ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours peuvent, par ordonnance : (…) 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé (…) ». Aux termes de l’article R. 772-6 du même code : « Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l’article R. 222-1, qu’après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. / S’il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l’expiration du délai de recours. Il est informé qu’à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l’expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l’information prévue à l’article R. 611-7 ».

Aux termes de l’article L. 300-1 du code de la construction et de l'habitation : « Le droit à un logement décent et indépendant (…) est garanti par l'État à toute personne qui, résidant sur le territoire français de façon régulière et dans des conditions de permanence définies par décret en Conseil d'État, n'est pas en mesure d'y accéder par ses propres moyens ou de s'y maintenir. Ce droit s'exerce par un recours amiable puis, le cas échéant, par un recours contentieux (…) ». L’article L. 441-2-3 du même code dispose que : « (…) II.- La commission de médiation peut être saisie par toute personne qui, satisfaisant aux conditions réglementaires d'accès à un logement locatif social, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande de logement dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4. / Elle peut être saisie sans condition de délai lorsque le demandeur, de bonne foi, est dépourvu de logement, menacé d'expulsion sans relogement, hébergé ou logé temporairement dans un établissement ou un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale, logé dans des locaux impropres à l'habitation ou présentant un caractère insalubre ou dangereux. Elle peut également être saisie, sans condition de délai, lorsque le demandeur est logé dans des locaux manifestement suroccupés ou ne présentant pas le caractère d'un logement décent, s'il a au moins un enfant mineur, s'il présente un handicap au sens de l'article L. 114 du code de l'action sociale et des familles ou s'il a au moins une personne à charge présentant un tel handicap. (…) ». Ces dispositions sont précisées par celles de l’article R. 441-14-1 du même code, qui disposent que : « La commission, saisie sur le fondement du II ou du III de l'article L. 441-2-3, se prononce sur le caractère prioritaire de la demande et sur l'urgence qu'il y a à attribuer au demandeur un logement (…) en tenant compte notamment des démarches précédemment effectuées dans le département ou en Ile-de-France dans la région. Peuvent être désignées par la commission comme prioritaires et devant être logées d'urgence en application du II de l'article L. 441-2-3 les personnes de bonne foi qui satisfont aux conditions réglementaires d'accès au logement social qui se trouvent dans l'une des situations prévues au même article et qui répondent aux caractéristiques suivantes : (…) ; - être handicapées, ou avoir à leur charge une personne en situation de handicap, ou avoir à leur charge au moins un enfant mineur, et occuper un logement soit présentant au moins un des risques pour la sécurité ou la santé énumérés à l'article 2 du décret du 30 janvier 2002 ou auquel font défaut au moins deux des éléments d'équipement et de confort mentionnés à l'article 3 du même décret, soit d'une surface habitable inférieure aux surfaces mentionnées à l'article R. 822-25, ou, pour une personne seule, d'une surface inférieure à celle mentionnée au premier alinéa de l'article 4 du même décret ».

D’une part, la commission de médiation du département des Hauts-de-Seine a rejeté le recours amiable de Mme A... épouse B... au motif qu’elle n’établissait pas la menace d’expulsion alléguée devant la commission. Mme A... épouse B... se borne à soutenir qu’elle n’a pu honorer le commandement de payer du 25 mars 2025, sans toutefois produire l’assignation en expulsion qu’elle aurait reçu de son bailleur et sans aucunement faire état d’une décision juridictionnel d’expulsion de son logement. Dès lors, ce moyen présenté par Mme A... épouse B... à l’appui de ses conclusions d’annulation n’est assorti que de faits manifestement insusceptibles de venir à son soutien.

D’autre part, si la commission de médiation a également estimé que le recours de Mme A... épouse B... était irrecevable, faute pour cette dernière d’avoir produit les documents nécessaires à son instruction, que le mari de la requérante ne justifiait pas de la régularité de sa situation sur le territoire et que des incohérences apparaissaient entre la demande de logement social de la requérante et sa composition familiale, il résulte de l’instruction que la commission de médiation pouvait, pour le seul motif mentionné au point 3, rejeter comme le recours amiable de Mme A... épouse B.... Les autres moyens de la requête de Mme A... épouse B... sont donc inopérants.

Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A... épouse B... doit être rejetée en application des dispositions précitées du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative. Il lui appartient, si elle s’y croit fondée, de mettre à jour sa demande de logement social et de déposer un nouveau recours amiable.


Par ces motifs, le tribunal ordonne:


Article 1er : La requête de Mme A... épouse B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C... A... épouse B... et à Me Hervé.

Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.

Fait à Cergy, le 12 septembre 2025.

Le magistrat désigné,


Signé

S. Bourragué


La République mande et ordonne au ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision

Pour expédition
La greffière

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