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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2508507

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2508507

jeudi 18 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2508507
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantBOUKHELIFA

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de M. B... contestant le classement sans suite de sa demande de naturalisation par le préfet du Val-d'Oise. Le tribunal a jugé que ce classement, motivé par l'incomplétude du dossier malgré une mise en demeure restée sans réponse, ne constitue pas une décision faisant grief et est donc insusceptible de recours pour excès de pouvoir. La solution retenue s'appuie sur l'article 40 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993, qui permet ce classement en cas de non-production des pièces demandées, et sur l'article R. 222-1 du code de justice administrative pour irrecevabilité manifeste.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 mai 2025, M. A... B..., représenté par Me Boukhelifa, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 28 mars 2025 par laquelle le préfet du Val-d’Oise a classé sans suite sa demande d’acquisition de la nationalité française ;

2°) d’enjoindre au préfet du Val-d’Oise de faire droit à sa demande de naturalisation ou, à défaut, de réexaminer sa demande de naturalisation.

3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient qu’il remplit les conditions pour obtenir la nationalité française dès lors qu’il réside en France depuis cinq ans, qu’il justifie de ressources stables et suffisantes, qu’il y a le centre de ses intérêts privés et familiaux, qu’il y exerce une activité professionnelle et possède un bien immobilier, qu’il maitrise la langue française et adhère aux valeurs de la République.

Vu :
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française ;
- le code de justice administrative.

1. Aux termes de l’article R. 222‑1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (...) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : / (…) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; (…). ».

2. Aux termes de l’article 40 du décret du 30 décembre 1993 : « L'autorité qui a reçu la demande ou le ministre chargé des naturalisations peut, à tout moment de l'instruction de la demande de naturalisation ou de réintégration, mettre en demeure le demandeur de produire les pièces complémentaires ou d'accomplir les formalités administratives qui sont nécessaires à l'examen de sa demande. / Si le demandeur ne défère pas à cette mise en demeure dans le délai qu'elle fixe, la demande peut être classée sans suite. Le demandeur est informé par écrit de ce classement. ».

3. Le refus d'enregistrer une demande tendant, comme en l'espèce, à l’acquisition de la nationalité française, à l'appui de laquelle est présenté un dossier incomplet ne constitue pas une décision faisant grief susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir.

4. M. B... a déposé, le 7 septembre 2023, auprès des services de la préfecture du Val-d’Oise une demande en vue d’obtenir la nationalité française. Le 10 janvier 2025, il a été invité par le préfet du Val-d’Oise à compléter sa demande en produisant, dans un délai de deux mois, divers documents nécessaires à l’instruction de cette demande. Par une décision du 28 mars 2025, le préfet a classé sans suite la demande de M. B... au motif que ce dernier n’avait apporté aucune réponse à cette demande de pièces et que son dossier devait être considéré comme incomplet.

5. En se bornant à soutenir qu’il remplit les conditions pour obtenir la nationalité française dès lors qu’il réside en France depuis cinq ans, qu’il justifie de ressources stables et suffisantes en ce qu’il exerce une activité professionnelle, qu’il y a le centre de ses intérêts privés et familiaux et possède un bien immobilier, qu’il maitrise la langue française et adhère aux valeurs de la République, M. B... ne conteste pas qu’il a été rendu destinataire d’une demande tendant à compléter son dossier ni qu’il n’a pas répondu à cette demande. Ainsi, le requérant ne conteste pas utilement que son dossier de demande d’acquisition de la nationalité française était incomplet à la date de la décision attaquée. Le préfet du Val-d’Oise a pu légalement procéder à son classement sans suite.

6. La décision de classement sans suite ayant été prise en raison de l’incomplétude du d’un dossier de demande d’acquisition de la nationalité française, celle-ci ne constitue pas une décision faisant grief. Par suite, les conclusions à fin d’annulation présentées par M. B... sont manifestement irrecevables et doivent être rejetées en application des dispositions du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative ainsi que ses conclusions aux fins d’injonction et celles présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....


Fait à Cergy, le 18 décembre 2025.

Le président de la 4ème chambre,

signé

S. Ouillon

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne, et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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