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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2510556

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2510556

lundi 30 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2510556
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise rejette la requête de M. A... visant à annuler le classement sans suite de sa demande de naturalisation par le préfet du Val-d'Oise. Le juge estime que le requérant n'apporte aucun élément probant pour étayer son allégation de n'avoir pas reçu la demande de pièces complémentaires, rendant son dossier incomplet. La décision administrative est donc jugée légale au regard de l'article 40 du décret n°93-1362 du 30 décembre 1993, et la requête est rejetée en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative pour défaut de précisions suffisantes.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 juin 2025, M. B... A... doit être regardé comme demandant au tribunal d’annuler la décision du 6 juin 2025 par laquelle le préfet du Val-d’Oise a classé sans suite sa demande de naturalisation.

Il soutient qu’il n’a pas reçu notification de la demande du préfet de compléments de pièces.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française ;
- le code de justice administrative.

1. Aux termes de l’article R. 222‑1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (...) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : / (…) 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. (…). ».

2. Aux termes de l’article 5 du décret du 30 décembre 1993 : « I.-Les déclarations de nationalité française prévues aux articles 21-2,21-13-1 et 21-13-2 du code civil et les pièces qui les accompagnent sont déposées par le moyen d'un téléservice régi par l'article L. 112-9 du code des relations entre le public et l'administration lorsque le déclarant réside dans un département, une collectivité ou un pays figurant sur une liste fixée par arrêté du ministre chargé des naturalisations. (…) ». Aux termes de l’article 40 du même décret : « L'autorité qui a reçu la demande ou le ministre chargé des naturalisations peut, à tout moment de l'instruction de la demande de naturalisation ou de réintégration, mettre en demeure le demandeur de produire les pièces complémentaires ou d'accomplir les formalités administratives qui sont nécessaires à l'examen de sa demande. / Si le demandeur ne défère pas à cette mise en demeure dans le délai qu'elle fixe, la demande peut être classée sans suite. Le demandeur est informé par écrit de ce classement. ».

3. M. A... a déposé, le 28 novembre 2023, auprès des services de la préfecture du Val-d’Oise une demande en vue d’obtenir la nationalité française. Le 27 mars 2025, il a été invité par le préfet du Val-d’Oise à compléter sa demande en produisant, dans un délai de deux mois, divers documents nécessaires à l’instruction de cette demande. Par une décision du 6 juin 2025, le préfet du Val-d’Oise a classé sans suite la demande de M. A... au motif qu’il n’a pas produit les documents demandés nécessaires à l’instruction de sa demande, laquelle était donc incomplète.

4. Si M. A... soutient ne pas avoir reçu, par le biais du téléservice visé à l’article 5 du décret du 30 décembre 1993, la demande du préfet de production de pièces pour compléter son dossier il n’apporte aucun élément, comme des copies d’écran, à l’appui de ses allégations permettant de les tenir pour établies. Il ne fait pas état d’autres difficultés dans l’application de ce téléservice. Ainsi, le dossier de demande d’acquisition de la nationalité française présenté par M. A... était incomplet à la date de la décision attaquée. Par suite, en l’absence de production de toutes les pièces prévues par les dispositions réglementaires, le préfet du Val-d’Oise a pu légalement classer sans suite, en application de l’article 40 du décret du 30 décembre 1993, la demande de M. A... et les moyens soulevés par ce dernier doivent être regardés comme manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.

5. Il résulte de tout ce qui précède, le délai de recours contentieux étant expiré, que les conclusions aux fins d’annulation présentées par M. A... doivent être rejetées en application des dispositions du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....



Fait à Cergy, le 30 mars 2026.


Le président de la 4ème chambre,

Signé

S. Ouillon

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne, et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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