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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2511537

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2511537

mercredi 11 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2511537
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation10ème Chambre (JU)
Avocat requérantCOHEN

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de M. B... visant à annuler l'invalidation de son permis de conduire et les retraits de points associés. Le juge a jugé le recours irrecevable pour tardiveté, considérant que la décision d'invalidation avait été régulièrement notifiée par lettre recommandée, comme l'exige l'article R. 223-3 du code de la route, et que les délais de recours (article R. 421-1 du code de justice administrative) n'avaient pas été respectés. L'administration a apporté la preuve d'une notification conforme, notamment par la production de l'avis de réception indiquant une vaine présentation du courrier à l'adresse du requérant.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 25 juin 2025 et 17 novembre 2025, M. A... B..., représenté par Me Cohen, demande au tribunal :

d’annuler la décision « 48 SI » du 5 mars 2021 par laquelle le ministre de l’intérieur a invalidé son permis de conduire ainsi que les décisions portant retrait de points consécutives aux infractions commises les 2 mai 2019, 28 juin 2018, 20 septembre 2019, 15 septembre 2019, 2 septembre 2019, 7 juillet 2019, 10 mars 2019 et 24 février 2019.

d’enjoindre au ministre de l’intérieur de reconstituer son capital de points et de lui restituer son permis de conduire ;

de mettre à la charge de l’État la somme de 3 000 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
les décisions portant retrait de permis et de points ne lui ont pas été notifiées ;
il n’a pas reçu communication des informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route à l’occasion des retraits de points ;
la réalité des infractions n’est pas établie.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 octobre 2025, le ministre de l’intérieur conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :
à titre principal les conclusions à fin d’annulation sont irrecevables en raison de leur tardiveté ;
à titre subsidiaire les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :
le code de la route ;
le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Rolin, vice-présidente, en application de l’article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Le rapport de Mme Rolin a été entendu au cours de l’audience publique.

Considérant ce qui suit :

A la suite d’infractions au code de la route, le ministre de l’intérieur a retiré des points au capital affecté au permis de conduire de M. B..., né le 20 juillet 1989. Après avoir constaté que le nombre de points de ce permis de conduire, initialement crédité de douze points, était nul, le ministre de l’intérieur a, par décision « 48SI » du 5 mars 2021, prononcé l’invalidation de ce permis et a ordonné à M. B... de restituer son titre de conduite. Par sa requête, M. B... demande l’annulation de la décision référencée « 48 SI » du 5 mars 2021 par laquelle le ministre de l’intérieur a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul, ainsi que les décisions antérieures portant retrait de points à la suite des infractions commises les 28 juin 2018, 24 février, 10 mars, 2 mai, 7 juillet 2019, 2 15, 20 septembre 2019.

Aux termes de l’article R. 421-1 du code de justice administrative : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ». Aux termes de l’article R. 421-5 du même code : « Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu’à la condition d’avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ». Aux termes de l’article R. 223-3 du code de la route : « (…) Si le retrait de points aboutit à un nombre nul de points affectés au permis de conduire, l’auteur de l’infraction est informé par le ministre de l’intérieur par lettre recommandée avec demande d’avis de réception du nombre de points retirés. Cette lettre récapitule les précédents retraits ayant concouru au solde nul, prononce l’invalidation du permis de conduire et enjoint à l’intéressé de restituer celui-ci au préfet du département ou de la collectivité d’outre-mer de son lieu de résidence dans un délai de dix jours francs à compter de sa réception (…) ».
La notification d’une décision relative au permis de conduire doit être regardée comme régulière lorsqu’elle est faite à une adresse correspondant effectivement à une résidence de l’intéressé. Dans la décision procédant à l’invalidation du permis de conduire et au retrait des derniers points, établie selon un modèle de lettre « 48 SI », le ministre récapitule les retraits antérieurs et les rend ainsi opposables au conducteur. Cette lettre mentionne les voies et délais de recours ouverts à l’encontre de ladite décision.
Il incombe à l’administration, lorsqu’elle oppose une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté d’une action introduite devant une juridiction administrative, d’établir la date à laquelle la décision attaquée a été régulièrement notifiée. En cas de retour à l'administration, au terme du délai de mise en instance, du pli recommandé contenant la décision, la notification est réputée avoir été régulièrement accomplie à la date à laquelle ce pli a été présenté à l’adresse de l’intéressé, dès lors du moins qu’il résulte soit de mentions précises, claires et concordantes portées sur l'enveloppe, soit, à défaut, d'une attestation du service postal ou d'autres éléments de preuve, que le préposé a, conformément à la réglementation en vigueur, déposé un avis d’instance informant le destinataire que le pli était à sa disposition au bureau de poste. Compte tenu des modalités de présentation des plis recommandés prévues par la réglementation postale, doit être regardé comme portant des mentions précises, claires et concordantes suffisant à constituer la preuve d’une notification régulière le pli recommandé retourné à l’administration auquel est rattaché un volet « avis de réception » sur lequel a été apposée par voie de duplication la date de vaine présentation du courrier, et qui porte, sur l’enveloppe ou sur l’avis de réception, l’indication du motif pour lequel il n’a pu être remis.
Il résulte de l’instruction et notamment de l’accusé de réception n° 2C15536141431 produit par le ministre de l’intérieur et correspondant au numéro figurant sur le relevé d’information intégral édité le 24 octobre 2025 de M. B..., que la décision référencée « 48 SI » constatant l’invalidation de son permis de conduire et récapitulant les décisions de retrait de points commises les 28 juin 2018, 24 février, 10 mars, 2 mai, 7 juillet 2019, 2 15, 20 septembre 2019 lui a été présentée au 37 D rue du président Wilson à Auterive dans le département de la Haute-Garonne, l’avis de passage revêtu des mentions avisé le 19 mars 2021 et « pli avisé non réclamé ». Dans ces conditions, la décision est réputée avoir été notifiée à la date du 19 mars 2021. Le recours gracieux adressé le 24 juin 2025, qui n’a pas été présenté dans le délai de recours de deux mois à compter du 19 mars 2021, n’a pu interrompre ce délai.

Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B... doit être rejetée en toutes ses concluions y compris celles présentées à fin d’injonction et sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

DECIDE :



Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Le présent jugement sera notifié à M. A... B..., au ministre de l’intérieur.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 mars 2026.

La magistrate désignée,

signé

E. Rolin
La greffière,

signé

S. Lefebvre


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente décision.




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