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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2512890

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2512890

mercredi 6 août 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2512890
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantVRIONI

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise rejette la requête de M. C, ressortissant algérien, qui contestait un arrêté préfectoral du 11 juillet 2025 l’obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec interdiction de retour de trois ans. Le tribunal écarte les moyens d’incompétence, d’insuffisance de motivation et de défaut d’examen particulier, jugeant l’arrêté régulier. Il estime que la mesure ne méconnaît pas l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, faute pour l’intéressé de justifier de liens privés ou familiaux stables en France. La solution retenue est le rejet de la requête, sans qu’il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir soulevée par le préfet.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 juillet 2025, M. A C demande au tribunal d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 11 juillet 2025 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué a été signée par une autorité incompétente ;

- il est insuffisamment motivé ;

- il est entaché d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;

- il est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 juillet 2025, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la requête est tardive ;

- les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Jacquinot, conseiller, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Jacquinot,

- et les observations de Me Vrioni, avocate désignée d'office, représentant M. C, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et fait valoir en outre que la requête n'est pas irrecevable et que l'arrêté attaqué méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A C, de nationalité algérienne, né le 16 février 2003, fait valoir être entré sur le territoire français en 2023. Le 10 juillet 2025, il a été interpellé pour suspicion d'un vol de vélo en réunion. Par un arrêté du 11 juillet 2025, le préfet des Hauts-de-Seine lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. M. C demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.

2. L'arrêté contesté a été signé par M. B, adjoint au chef de bureau des examens spécialisés et de l'éloignement de la préfecture des Hauts-de-Seine, qui disposait d'une délégation de signature à cette fin, consentie par un arrêté n°2015-13 du 30 avril 2025, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture des Hauts-de-Seine. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué serait entaché d'un vice d'incompétence doit être écarté comme manquant en fait.

3. Les décisions attaquées comportent un énoncé suffisamment précis des circonstances de droit et de fait qui les fondent. Par suite, le moyen tiré de leur insuffisante motivation ne peut qu'être écarté.

4. Il ressort des termes mêmes des décisions attaquées que le préfet des Hauts-de-Seine a procédé à un examen particulier de la situation personnelle du requérant avant de les édicter. Le moyen tiré du défaut d'examen particulier de la situation personnelle du requérant doit dès lors être écarté.

5. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

6. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du procès-verbal d'audition du 10 juillet 2025, que M. C a déclaré être entré sur le territoire français en 2023, soit à une date récente, étant observé qu'il n'est produit aucune pièce ne permettant d'en attester. Il ressort de cette même audition qu'il ne dispose pas de famille en France tandis que ses parents et ses trois sœurs résident en Algérie. S'il fait valoir travailler " dans les marchés ", il ne produit aucune pièce justificative à ce titre. Dans ces conditions, en l'absence de liens privés ou familiaux intenses ou stables sur le territoire français, l'arrêté attaqué n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris. Cet arrêté n'a donc pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

7. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent, l'arrêté attaqué n'est pas entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.

8. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir présentée en défense par le préfet des Hauts-de-Seine, que la requête de M. C doit être rejetée dans toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet des Hauts-de-Seine.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 août 2025.

Le magistrat désigné,

signé

M. Jacquinot

Le greffier,

signé

M. D

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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