jeudi 7 août 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2513336 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ABDEL SALAM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 juillet 2025, M. A A B, représenté par Me Abdel Salam, demande à la juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a refusé le renouvellement de son titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de renouveler le récépissé de sa demande ou l'attestation de prolongation d'instruction à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est recevable ;
- la condition d'urgence est présumée, dès lors qu'il est bénéficiaire d'une protection internationale et qu'il était titulaire d'un titre de séjour " bénéficiaire de la protection subsidiaire " qui a expiré le 2 mars 2024 ; par ailleurs, depuis le 1er juillet 2025, date d'expiration de la dernière attestation de prolongation d'instruction lui ayant été délivrée, il se retrouve dépourvu de tout document justifiant de la régularité de son séjour sur le territoire français et ne dispose plus du droit de travailler alors qu'il a obtenu un contrat de travail à durée indéterminée au sein de la société " Parenge " ;
- il existe des moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L.424-9, L.424-13 et R.433-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences sur sa situation personnelle et professionnelle.
La requête a été communiquée au préfet des Hauts-de-Seine qui n'a pas présenté d'observations en défense.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2418875 enregistrée le 30 décembre 2024 par laquelle M. A B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Moinecourt, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience du 5 août 2025 à 14 heures.
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme El Moctar, greffière d'audience :
- le rapport de Mme Moinecourt, juge des référés ;
- les observations de Me Laigneau, substituant Me Abdel Salam, représentant M. A B.
Le préfet des Hauts-de-Seine n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A A B, ressortissant soudanais né le 1er janvier 1984, s'est vu délivrer une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " bénéficiaire de la protection subsidiaire " valable jusqu'au 2 mars 2024, dont il a sollicité le renouvellement le 28 novembre 2023. Il a été mis en possession de plusieurs attestations de prolongation d'instruction dont la dernière a expiré le 1er juillet 2025. Le 23 juillet 2025, M. A B a été convoqué à un rendez-vous par la préfecture des Hauts-de-Seine en vue de la remise de son titre de séjour et ce rendez-vous a été annulé, faute de titre de séjour disponible à son nom. Par la présente requête, M. A B demande à la juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite de rejet de sa demande de renouvellement de son titre de séjour, née le 28 mars 2024, résultant du silence gardé par le préfet des Hauts-de-Seine sur cette demande.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ".
En ce qui concerne l'urgence :
3. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier si la condition d'urgence est remplie compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence est en principe satisfaite dans le cas d'un refus de renouvellement ou d'un retrait du titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
4. En l'espèce, il résulte de l'instruction et n'est pas contesté que M. A B est bénéficiaire de la protection subsidiaire et qu'il a demandé, le 28 novembre 2023, le renouvellement de son titre de séjour qui était valable du 3 mars 2020 au 2 mars 2024. Dès lors, la condition d'urgence est présumée remplie en application des principes énoncés au point précédent, et le préfet des Hauts-de-Seine, qui n'a pas produit d'observations en défense et n'était ni présent, ni représenté à l'audience, n'apporte aucun élément de nature à renverser cette présomption. Au surplus, M. A B ne bénéficie plus, depuis le 1er juillet 2025, d'attestation de prolongation d'instruction, laquelle n'a pas été renouvelée au-delà de cette date, et est donc désormais dépourvu de tout document lui permettant de séjourner régulièrement en France, ce qui n'est pas davantage contesté en défense. Par suite, la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à la situation de M. A B au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative. La condition de l'urgence prévue par ces dispositions est ainsi satisfaite.
En ce qui concerne le moyen susceptible de faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige :
5. Aux termes de l'article L. 424-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire se voit délivrer une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " bénéficiaire de la protection subsidiaire " d'une durée maximale de quatre ans. Cette carte est délivrée dès la première admission au séjour de l'étranger ".
6. Alors que, d'une part, il est constant que M. A B est bénéficiaire de la protection subsidiaire et que d'autre part, le préfet des Hauts-de-Seine n'établit pas, ni même n'allègue, que le dossier déposé par l'intéressé à l'appui de sa demande de titre aurait été incomplet, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 424-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être regardé comme étant propre, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision implicite de refus de titre de séjour opposée à l'intéressé.
7. Il résulte de ce qui précède que, les deux conditions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative se trouvant réunies, M. A B est fondé à demander la suspension de la décision implicite lui refusant le renouvellement d'un titre de séjour.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
8. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire (). ".
9. Les motifs de la suspension prononcée impliquent nécessairement que le préfet des Hauts-de-Seine procède au réexamen de la demande de titre de séjour de M. A B et lui délivre dans cette attente une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler. Il y a lieu d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de procéder à ce réexamen dans un délai de deux mois à compter de la notification de la présent ordonnance et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, valable le temps de ce réexamen ou jusqu'à ce qu'il soit statué sur la requête au fond, dans un délai de sept jours à compter de cette notification. Eu égard à l'ancienneté de la demande de M. A B, il y a lieu d'assortir chacune de ces injonctions d'une astreinte de 100 euros par jour de retard.
Sur les conclusions aux fins d'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative :
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à M. A B sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1 : L'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a implicitement refusé de renouveler le titre de séjour de M. A B en sa qualité de bénéficiaire de la protection subsidiaire est suspendue, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité.
Article 2 : Il est enjoint au préfet des Hauts-de-Seine, ou au préfet territorialement compétent au regard du lieu actuel de résidence de M. A B de procéder, dans le délai de deux mois à compter de la notification de la présente ordonnance, au réexamen de la situation du requérant, sous peine d'une astreinte de 100 euros par jour de retard.
Article 3 : Il est enjoint au préfet des Hauts-de-Seine, ou au préfet territorialement compétent au regard du lieu actuel de résidence du requérant, de délivrer à M. A B, dans le délai de sept jours à compter de la notification de la présente ordonnance, une autorisation provisoire de séjour lui permettant de travailler, sous peine d'une astreinte de 100 euros par jour de retard.
Article 3 : L'Etat versera à M. A B une somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A A B et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy le 7 août 2025.
La juge des référés,
Signé
L. Moinecourt
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026