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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2515221

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2515221

mardi 24 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2515221
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant par ordonnance, rejette la requête de Mme A... visant à annuler le classement sans suite de sa demande de naturalisation. Le juge estime que ce classement, motivé par le dossier incomplet de la requérante malgré une mise en demeure, ne constitue pas une décision faisant grief et est donc irrecevable à contester. La décision s'appuie sur les articles R. 222-1 du code de justice administrative et 40 du décret du 30 décembre 1993 relatif aux naturalisations.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Par une requête, enregistrée le 12 août 2025, Mme B... A... demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 13 juin 2025 par laquelle le préfet du Val-d’Oise a classé sans suite sa demande de naturalisation ;

2°) d’enjoindre au préfet du Val-d’Oise de procéder au réexamen de sa situation.

Elle soutient que :
- la décision est entachée d’un défaut de motivation ;
- la décision est entachée d’un vice de procédure ;
- la décision est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation ;
- la décision est entachée d’une erreur d’appréciation de son intégration professionnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 octobre 2025, le préfet du Val-d’Oise conclut au rejet de la requête et à ce qu’une somme de 350 euros soit mise à la charge de Mme A... sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors que le classement sans suite ne fait pas grief ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Rolin, vice-présidente, pour signer les ordonnances visées à l’article R. 222-1 du code de justice administrative


Considérant ce qui suit :

1. Mme B... A..., ressortissante algérienne née le 7 septembre 1993, a déposé, le 21 novembre 2023, auprès des services de la préfecture du Val-d’Oise une demande en vue d’obtenir la nationalité française. Par une décision du 13 juin 2025, le préfet du Val-d’Oise a classé sans suite la demande de Mme A... au motif qu’elle n’avait pas produit l’ensemble des pièces demandées nécessaires à l’instruction de sa demande.

2. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : : « (...) les présidents de formation de jugement des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : / (…) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n’est pas tenue d’inviter leur auteur à les régulariser ; / (…) ».

3. Aux termes de l’article 37-1 du décret du 30 décembre 1993 : « Le demandeur fournit, selon les mêmes conditions de recevabilité que celles prévues par l'article 9 : / (…) 3° Tous documents justifiants qu'il a sa résidence en France à la date de la demande, notamment des justificatifs de domicile, de ressources et de situation fiscale ; (…) ». Aux termes de l’article 40 du même décret : « L'autorité qui a reçu la demande ou le ministre chargé des naturalisations peut, à tout moment de l'instruction de la demande de naturalisation ou de réintégration, mettre en demeure le demandeur de produire les pièces complémentaires ou d'accomplir les formalités administratives qui sont nécessaires à l'examen de sa demande. / Si le demandeur ne défère pas à cette mise en demeure dans le délai qu'elle fixe, la demande peut être classée sans suite. Le demandeur est informé par écrit de ce classement. ».

4. Le refus d'enregistrer une demande tendant, comme en l'espèce, à l’acquisition de la nationalité française, à l'appui de laquelle est présenté un dossier incomplet ne constitue pas une décision faisant grief susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir.

5. Il ressort des mentions de l’avis de classement sans suite contesté que la demande de naturalisation formulée par Mme A... a été considérée comme incomplète en l’absence de production, malgré la demande de pièces formulée par les services de la préfecture du Val-d’Oise le 20 mars 2025, de son diplôme obtenu en France ou d’une attestation de comparabilité délivré par l’organisme ENIC/NARIC mentionnant que le diplôme obtenu à l’étranger a été délivré à l’issue d’études suivies en français, via la plateforme Phoenix ou un test de connaissance du français ou un test d’évaluation de français. En se bornant à soutenir que, depuis son arrivée en France, elle a toujours travaillé, y compris dans un métier essentiel durant la pandémie du Covid-19, sans jamais avoir bénéficié de l’allocation chômage ni d’aide sociale et en s’acquittant de ses impôts, Mme A... ne conteste pas qu’elle a été rendue destinataire d’une demande tendant à compléter son dossier ni qu’elle n’a pas répondu à cette demande. Ainsi, la requérante ne conteste pas utilement que son dossier de demande d’acquisition de la nationalité française était incomplet à la date de la décision attaquée. Dans ces conditions, le préfet du Val-d’Oise a pu légalement procéder à son classement sans suite.

6. Dès lors, la décision contestée ne faisant pas grief, les conclusions à fin d’annulation présentées par Mme A... ne peuvent, ainsi que l’oppose le préfet, qu’être rejetées comme irrecevables en application des dispositions du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.



Sur les conclusions à fin d’injonction :

7. Par voie de conséquence, les conclusions de Mme A... à fin d’injonction doivent également être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

8. Il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de Mme A... la somme demandée par le préfet du Val-d’Oise sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


ORDONNE :


Article 1er: La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par le préfet du Val-d’Oise sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B... A... et au préfet du Val-d’Oise.



Fait à Cergy-Pontoise, le 24 mars 2026.



La présidente de la 10ème chambre,


Signé


E. Rolin


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision



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