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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2516025

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2516025

lundi 29 septembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2516025
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantTAJ

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de M. C..., ressortissant pakistanais, contestant les arrêtés du préfet du Val-d'Oise du 29 août 2025 l'obligeant à quitter sans délai le territoire français, lui interdisant le retour pour deux ans et l'assignant à résidence. Le tribunal a d'abord jugé irrecevables les conclusions dirigées contre le signalement au fichier Schengen, celui-ci ne constituant pas une décision susceptible de recours. Sur le fond, il a estimé que les moyens soulevés, notamment l'incompétence de l'auteur de l'acte, le défaut de motivation, la violation de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, et l'erreur manifeste d'appréciation, n'étaient pas fondés. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA).

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 septembre 2025, M. D... C..., représenté par Me Taj, demande au tribunal :

d’annuler l’arrêté du 29 août 2025 par lequel le préfet du Val-d'Oise l’a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays d’éloignement, lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée de deux ans et l’a informé de son signalement dans le fichier européen de non-admission au système Schengen ;
d’annuler l’arrêté du 29 août 2025 par lequel le préfet du Val-d'Oise l’a assigné à résidence dans le département du Val-d’Oise pour une durée de quarante-cinq jours renouvelable deux fois ;
de condamner l’Etat aux entiers dépens ;
de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761 1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français, refusant de lui octroyer un délai de départ volontaire et l’assignant à résidence :
elles ont été prises par une autorité incompétente ;
elles sont entachées d’un défaut de motivation ;
elles sont entachées d’un défaut d’examen particulier de sa situation personnelle ;
elles méconnaissant les stipulations de l’article 8 de la convention européenne des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
elles sont entachées d’une erreur manifeste d’appréciation de leurs conséquences sur sa situation personnelle.

En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :
elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-1 et L. 612-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

En ce qui concerne la décision fixant le pays d’éloignement :
elle est illégale dès lors qu’elle est fondée sur une décision portant obligation de quitter le territoire français elle-même illégale.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d’une durée de deux ans :
elle est insuffisamment motivée ;
elle est entachée d’un défaut d’examen particulier de sa situation personnelle ;
elle est disproportionnée ;
elle est entachée d’une erreur d’appréciation au regard des dispositions de l’article L. 612-6 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
elle est entachée d’une erreur manifeste dans l’appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

En ce qui concerne la décision l’assignant à résidence :
elle méconnaît les dispositions de l’article L. 731-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

En ce qui concerne la décision l’informant de son signalement dans le fichier européen de non-admission au système Schengen :
elle est illégale dès lors qu’elle est fondée sur une décision portant obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;
elle est entachée d’une erreur de droit et est disproportionnée ;
elle est entachée d’une erreur manifeste dans l’appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.


Par un mémoire en défense, enregistré le 17 septembre 2025, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu’aucun des moyens de la requête n’est fondé.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Moinecourt, conseillère, pour statuer en qualité de juge du contentieux de l’éloignement sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l’article L. 922-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de Mme Moinecourt, magistrate désignée, qui a indiqué à l’audience, en application des dispositions de l’article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d’être fondé sur un moyen relevé d’office tiré de l’irrecevabilité des conclusions dirigées contre le signalement aux fins de non-admission dans le système d’information Schengen, qui ne constitue pas une décision susceptible de recours, a été entendu au cours de l’audience publique.

Les parties n’étaient ni présentes, ni représentées.


La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience publique.


Considérant ce qui suit :

M. D... C..., ressortissant pakistanais né le 6 octobre 1989 a été interpellé par les forces de police le 29 août 2025 pour des faits de menace de mort et de séquestration. Par un premier arrêté du 29 août 2025, le préfet du Val-d’Oise l’a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays d’éloignement et l’a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. Par un second arrêté du même jour, le préfet du Val-d'Oise l’a assigné à résidence dans le département du Val-d’Oise pour une durée de quarante-cinq jours renouvelables deux fois. Par la présente requête, M. C... sollicite l’annulation de ces deux arrêtés.

Sur la recevabilité des conclusions dirigées contre le signalement aux fins de non-admission dans le système d’information Schengen :
Aux termes de l’article L. 613-5 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'étranger auquel est notifiée une interdiction de retour sur le territoire français est informé qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, conformément à l'article 24 du règlement (CE) n° 1987/2006 du Parlement européen et du Conseil du 20 décembre 2006 sur l'établissement, le fonctionnement et l'utilisation du système d'information Schengen (SIS) (…) ».
Il résulte de ces dispositions que, lorsqu’elle prend à l’égard d’un étranger une décision d’interdiction de retour sur le territoire français, l’autorité administrative se borne à informer l’intéressé de son signalement aux fins de non-admission dans le système d’information Schengen. Une telle information ne constitue pas une décision distincte de la mesure d’interdiction de retour et n’est, dès lors, pas susceptible de faire l’objet d’un recours pour excès de pouvoir. Par suite, les conclusions de M. C... tendant à l’annulation de son signalement aux fins de non admission dans le système d’information Schengen sont irrecevables et ne peuvent qu’être rejetées.
Sur le surplus des conclusions :

En ce qui concerne les moyens communs aux décisions portant obligation de quitter le territoire français, refus de délai de départ volontaire , fixation du pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans :

En premier lieu, l’arrêté attaqué a été signé par Mme B... A..., adjointe à la cheffe du bureau du contentieux et de l’éloignement de la préfecture du Val-d’Oise, qui bénéficiait, en vertu d’un arrêté n° 25-047 du 1er juillet 2025, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Val-d’Oise, d’une délégation à cet effet. Dans ces conditions, le moyen tiré de l’incompétence de la signataire de l’arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.
En deuxième lieu, l’arrêté attaqué comporte l’énoncé des considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement et est, ainsi, suffisamment motivé.
En troisième lieu, il ne ressort pas de l’arrêté attaqué que le préfet du Val-d'Oise n’aurait pas, avant de l’édicter, procédé à un examen particulier et suffisamment approfondi de la situation de M. C....

En ce qui concerne les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français :

En premier lieu, aux termes des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui. ».

Il ressort des pièces du dossier que M. C... n’est entré sur le territoire français qu’en 2022 selon ses propres déclarations lors de son audition du 29 août 2025. A considérer cette date d’entrée en France comme établie, alors même qu’il ne produit aucune pièce justificative sur ce point, celle-ci présente un caractère récent. Si l’intéressé soutient avoir deux cousins présents sur le territoire français, il ressort toutefois de ses propres explications lors de son audition après interpellation que l’intéressé n’a aucune famille en France. En outre, M. C... soutient par ailleurs avoir ses principales attaches au Portugal ainsi qu’une résidence stable en Italie, sans justifier d’aucune de ses allégations, qui ne sont pas cohérentes avec ses affirmations lors de son audition par les services de police, lors de laquelle il n’a pas fait état d’attaches au Portugal et en Italie, et ne sont en tout état de cause pas de nature à établir qu’il a en France des liens stables et intenses. Dans ces conditions, M. C..., qui ne conteste pas être célibataire et sans charge de famille, ne démontre pas avoir en France une insertion professionnelle ou sociale particulière. Dans ces conditions, M. C... n’est pas fondé à soutenir que la décision contestée a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris et a ainsi méconnu les dispositions et stipulations précitées.

En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point précédent, le moyen tiré de l’erreur manifeste qu’aurait commis le préfet du Val-d'Oise dans l’appréciation des conséquences de la décision attaquée sur la situation personnelle et familiale de M. C... ne peut qu’être écarté. Au surplus, et contrairement à ce que soutient l’intéressé, il ressort de l’arrêté même du 29 août 2025, produit au dossier et faisant obligation à M. C... de quitter le territoire français sans délai, que ce dernier lui a bien été notifié le jour même.

En ce qui concerne le moyen dirigé contre la décision portant refus d’octroi d’un délai de départ volontaire :

Aux termes de l’article L. 612-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : (…) 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ». Aux termes de l’article L. 612-3 du même code : « Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / (…) 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / (…) 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, (…) qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale (…). ».

M. C... fait valoir que le risque de fuite n’est pas constitué dès lors qu’il n’a pas fait l’objet d’une précédente mesure d’éloignement. Toutefois, il ressort des termes mêmes de l’arrêté attaqué que le préfet ne s’est pas fondé, pour prendre la décision attaquée sur une précédente mesure d’éloignement mais sur les circonstances qu’il était entré irrégulièrement sur le territoire français, qu’il avait déclaré son intention de ne pas se conformer à la décision portant obligation de quitter le territoire français et qu’il ne représentait pas de garanties de représentation suffisantes. Au surplus, il ressort du procès-verbal d’audition du requérant le 29 août 2025 que, lors de cette audition, l’intéressé a indiqué être entré irrégulièrement sur le territoire français et a également clairement indiqué qu’il n’accepterait pas de mettre à exécution une éventuelle mesure d’éloignement. Enfin, l’intéressé ne justifie pas bénéficier d’une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale. Dans ces conditions, en retenant qu’il existe un risque que M. C... se soustraie à l’obligation de quitter le territoire dont il fait l’objet, le préfet du Val-d’Oise n’a pas méconnu les dispositions précitées du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Par suite, ce moyen doit être écarté.

En ce qui concerne les moyens dirigés contre la décision fixant le pays d’éloignement :

La décision portant obligation de quitter le territoire français n’étant pas illégale, le moyen tiré de l’illégalité de la décision fixant le pays d’éloignement par voie de conséquence de l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut qu’être écarté.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans :

Aux termes de l’article L. 612-6 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ». Et aux termes de l’article L. 612-10 du même code : « Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. (…) ».


Il incombe à l’autorité compétente qui prend une décision d’interdiction de retour d’indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l’étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l’intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l’étranger sur le territoire français, à la nature et à l’ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d’éloignement dont il a fait l’objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifient sa décision une menace pour l’ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l’intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n’est pas tenue, à peine d’irrégularité, de le préciser expressément.


Il appartenait au préfet du Val-d'Oise, qui n’a accordé aucun délai de départ volontaire à M. C..., d’assortir l’obligation de quitter le territoire français prise à son encontre d’une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée maximale de cinq ans. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que le requérant, qui ne justifie pas d’avoir établi des liens personnels et familiaux suffisamment anciens, intenses et stables depuis son entrée sur le territoire français, ne justifie pas de circonstances humanitaires particulières. Dans ces conditions, M. C... n’est pas fondé à soutenir que le préfet du Val-d’Oise aurait fait une inexacte application des dispositions de l’article L. 612-6 et entaché sa décision à cet égard d’une erreur manifeste d'appréciation, ni que la durée de cette interdiction, de deux ans, serait disproportionnée. Par suite, les moyens tirés de l’erreur manifeste d'appréciation commise dans l’application des dispositions précitées et de la disproportion ne peuvent qu’être écartés.


En ce qui concerne l’arrêté du 29 août 2025 portant assignation à résidence :

En premier lieu, l’arrêté attaqué a été signé par Mme B... A..., adjointe à la cheffe du bureau du contentieux et de l’éloignement de la préfecture du Val-d’Oise, qui bénéficiait, en vertu d’un arrêté n° 25-047 du 1er juillet 2025, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Val-d’Oise, d’une délégation à cet effet. Dans ces conditions, le moyen tiré de l’incompétence de la signataire de l’arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.

En deuxième lieu, l’arrêté attaqué comporte l’énoncé des considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement et est, ainsi, suffisamment motivé.

En troisième lieu, il ne ressort pas de l’arrêté attaqué que le préfet du Val-d'Oise n’aurait pas, avant de l’édicter, procédé à un examen particulier et suffisamment approfondi de la situation de M. C....

En quatrième lieu, aux termes des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui. ».

M. C... soutient qu’il justifie d’attaches familiales en France. Toutefois, ainsi qu’il a été dit au point 8 du présent jugement, l’intéressé ne justifie pas d’attaches particulières sur le territoire français. Dans ces conditions, alors que la décision d’assignation à résidence attaquée n’a, en tout état de cause, ni pour objet ni pour effet d’éloigner l’intéressé du territoire français, le préfet du Val-d’Oise n’a pas, en assignant l’intéressé à résidence dans ce département pour une période de quarante-cinq jours, porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

En cinquième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point précédent, le moyen tiré de l’erreur manifeste qu’aurait commis le préfet du Val-d'Oise dans l’appréciation des conséquences de la décision attaquée sur la situation personnelle et familiale de M. C... ne peut qu’être écarté.

En dernier lieu, aux termes de l’article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L’étranger fait l’objet d’une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n’a pas été accordé (…) ».

Il ressort des pièces du dossier que M. C... a fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français sans délai. Dès lors, indépendamment de la circonstance que M. C... n’ait pas fait l’objet d’une décision d’éloignement auparavant, le préfet du Val-d'Oise pouvait légalement édicter à son encontre une assignation à résidence en application des dispositions précitées. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l’article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut dès lors qu’être écarté.

Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d’annulation des arrêtés du 29 août 2025 du préfet du Val-d’Oise susmentionnés doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions tendant à la condamnation de l’Etat aux entiers dépens et sa demande formulée sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.



DECIDE :


La requête de M. C... est rejetée.
Le présent jugement sera notifié à M. D... C... et au préfet du Val-d'Oise.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2025.


La magistrate désignée,

Signé


L. Moinecourt

La greffière,

Signé


O. El-MoctarLa République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 septembre 2025, M. D... C..., représenté par Me Taj, demande au tribunal :

d’annuler l’arrêté du 29 août 2025 par lequel le préfet du Val-d'Oise l’a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays d’éloignement, lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée de deux ans et l’a informé de son signalement dans le fichier européen de non-admission au système Schengen ;
d’annuler l’arrêté du 29 août 2025 par lequel le préfet du Val-d'Oise l’a assigné à résidence dans le département du Val-d’Oise pour une durée de quarante-cinq jours renouvelable deux fois ;
de condamner l’Etat aux entiers dépens ;
de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761 1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français, refusant de lui octroyer un délai de départ volontaire et l’assignant à résidence :
elles ont été prises par une autorité incompétente ;
elles sont entachées d’un défaut de motivation ;
elles sont entachées d’un défaut d’examen particulier de sa situation personnelle ;
elles méconnaissant les stipulations de l’article 8 de la convention européenne des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
elles sont entachées d’une erreur manifeste d’appréciation de leurs conséquences sur sa situation personnelle.

En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :
elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-1 et L. 612-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

En ce qui concerne la décision fixant le pays d’éloignement :
elle est illégale dès lors qu’elle est fondée sur une décision portant obligation de quitter le territoire français elle-même illégale.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d’une durée de deux ans :
elle est insuffisamment motivée ;
elle est entachée d’un défaut d’examen particulier de sa situation personnelle ;
elle est disproportionnée ;
elle est entachée d’une erreur d’appréciation au regard des dispositions de l’article L. 612-6 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
elle est entachée d’une erreur manifeste dans l’appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

En ce qui concerne la décision l’assignant à résidence :
elle méconnaît les dispositions de l’article L. 731-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

En ce qui concerne la décision l’informant de son signalement dans le fichier européen de non-admission au système Schengen :
elle est illégale dès lors qu’elle est fondée sur une décision portant obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;
elle est entachée d’une erreur de droit et est disproportionnée ;
elle est entachée d’une erreur manifeste dans l’appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.


Par un mémoire en défense, enregistré le 17 septembre 2025, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu’aucun des moyens de la requête n’est fondé.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Moinecourt, conseillère, pour statuer en qualité de juge du contentieux de l’éloignement sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l’article L. 922-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de Mme Moinecourt, magistrate désignée, qui a indiqué à l’audience, en application des dispositions de l’article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d’être fondé sur un moyen relevé d’office tiré de l’irrecevabilité des conclusions dirigées contre le signalement aux fins de non-admission dans le système d’information Schengen, qui ne constitue pas une décision susceptible de recours, a été entendu au cours de l’audience publique.

Les parties n’étaient ni présentes, ni représentées.


La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience publique.


Considérant ce qui suit :

M. D... C..., ressortissant pakistanais né le 6 octobre 1989 a été interpellé par les forces de police le 29 août 2025 pour des faits de menace de mort et de séquestration. Par un premier arrêté du 29 août 2025, le préfet du Val-d’Oise l’a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays d’éloignement et l’a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. Par un second arrêté du même jour, le préfet du Val-d'Oise l’a assigné à résidence dans le département du Val-d’Oise pour une durée de quarante-cinq jours renouvelables deux fois. Par la présente requête, M. C... sollicite l’annulation de ces deux arrêtés.

Sur la recevabilité des conclusions dirigées contre le signalement aux fins de non-admission dans le système d’information Schengen :
Aux termes de l’article L. 613-5 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'étranger auquel est notifiée une interdiction de retour sur le territoire français est informé qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, conformément à l'article 24 du règlement (CE) n° 1987/2006 du Parlement européen et du Conseil du 20 décembre 2006 sur l'établissement, le fonctionnement et l'utilisation du système d'information Schengen (SIS) (…) ».
Il résulte de ces dispositions que, lorsqu’elle prend à l’égard d’un étranger une décision d’interdiction de retour sur le territoire français, l’autorité administrative se borne à informer l’intéressé de son signalement aux fins de non-admission dans le système d’information Schengen. Une telle information ne constitue pas une décision distincte de la mesure d’interdiction de retour et n’est, dès lors, pas susceptible de faire l’objet d’un recours pour excès de pouvoir. Par suite, les conclusions de M. C... tendant à l’annulation de son signalement aux fins de non admission dans le système d’information Schengen sont irrecevables et ne peuvent qu’être rejetées.
Sur le surplus des conclusions :

En ce qui concerne les moyens communs aux décisions portant obligation de quitter le territoire français, refus de délai de départ volontaire , fixation du pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans :

En premier lieu, l’arrêté attaqué a été signé par Mme B... A..., adjointe à la cheffe du bureau du contentieux et de l’éloignement de la préfecture du Val-d’Oise, qui bénéficiait, en vertu d’un arrêté n° 25-047 du 1er juillet 2025, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Val-d’Oise, d’une délégation à cet effet. Dans ces conditions, le moyen tiré de l’incompétence de la signataire de l’arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.
En deuxième lieu, l’arrêté attaqué comporte l’énoncé des considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement et est, ainsi, suffisamment motivé.
En troisième lieu, il ne ressort pas de l’arrêté attaqué que le préfet du Val-d'Oise n’aurait pas, avant de l’édicter, procédé à un examen particulier et suffisamment approfondi de la situation de M. C....

En ce qui concerne les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français :

En premier lieu, aux termes des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui. ».

Il ressort des pièces du dossier que M. C... n’est entré sur le territoire français qu’en 2022 selon ses propres déclarations lors de son audition du 29 août 2025. A considérer cette date d’entrée en France comme établie, alors même qu’il ne produit aucune pièce justificative sur ce point, celle-ci présente un caractère récent. Si l’intéressé soutient avoir deux cousins présents sur le territoire français, il ressort toutefois de ses propres explications lors de son audition après interpellation que l’intéressé n’a aucune famille en France. En outre, M. C... soutient par ailleurs avoir ses principales attaches au Portugal ainsi qu’une résidence stable en Italie, sans justifier d’aucune de ses allégations, qui ne sont pas cohérentes avec ses affirmations lors de son audition par les services de police, lors de laquelle il n’a pas fait état d’attaches au Portugal et en Italie, et ne sont en tout état de cause pas de nature à établir qu’il a en France des liens stables et intenses. Dans ces conditions, M. C..., qui ne conteste pas être célibataire et sans charge de famille, ne démontre pas avoir en France une insertion professionnelle ou sociale particulière. Dans ces conditions, M. C... n’est pas fondé à soutenir que la décision contestée a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris et a ainsi méconnu les dispositions et stipulations précitées.

En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point précédent, le moyen tiré de l’erreur manifeste qu’aurait commis le préfet du Val-d'Oise dans l’appréciation des conséquences de la décision attaquée sur la situation personnelle et familiale de M. C... ne peut qu’être écarté. Au surplus, et contrairement à ce que soutient l’intéressé, il ressort de l’arrêté même du 29 août 2025, produit au dossier et faisant obligation à M. C... de quitter le territoire français sans délai, que ce dernier lui a bien été notifié le jour même.

En ce qui concerne le moyen dirigé contre la décision portant refus d’octroi d’un délai de départ volontaire :

Aux termes de l’article L. 612-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : (…) 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ». Aux termes de l’article L. 612-3 du même code : « Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / (…) 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / (…) 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, (…) qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale (…). ».

M. C... fait valoir que le risque de fuite n’est pas constitué dès lors qu’il n’a pas fait l’objet d’une précédente mesure d’éloignement. Toutefois, il ressort des termes mêmes de l’arrêté attaqué que le préfet ne s’est pas fondé, pour prendre la décision attaquée sur une précédente mesure d’éloignement mais sur les circonstances qu’il était entré irrégulièrement sur le territoire français, qu’il avait déclaré son intention de ne pas se conformer à la décision portant obligation de quitter le territoire français et qu’il ne représentait pas de garanties de représentation suffisantes. Au surplus, il ressort du procès-verbal d’audition du requérant le 29 août 2025 que, lors de cette audition, l’intéressé a indiqué être entré irrégulièrement sur le territoire français et a également clairement indiqué qu’il n’accepterait pas de mettre à exécution une éventuelle mesure d’éloignement. Enfin, l’intéressé ne justifie pas bénéficier d’une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale. Dans ces conditions, en retenant qu’il existe un risque que M. C... se soustraie à l’obligation de quitter le territoire dont il fait l’objet, le préfet du Val-d’Oise n’a pas méconnu les dispositions précitées du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Par suite, ce moyen doit être écarté.

En ce qui concerne les moyens dirigés contre la décision fixant le pays d’éloignement :

La décision portant obligation de quitter le territoire français n’étant pas illégale, le moyen tiré de l’illégalité de la décision fixant le pays d’éloignement par voie de conséquence de l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut qu’être écarté.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans :

Aux termes de l’article L. 612-6 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ». Et aux termes de l’article L. 612-10 du même code : « Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. (…) ».


Il incombe à l’autorité compétente qui prend une décision d’interdiction de retour d’indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l’étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l’intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l’étranger sur le territoire français, à la nature et à l’ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d’éloignement dont il a fait l’objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifient sa décision une menace pour l’ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l’intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n’est pas tenue, à peine d’irrégularité, de le préciser expressément.


Il appartenait au préfet du Val-d'Oise, qui n’a accordé aucun délai de départ volontaire à M. C..., d’assortir l’obligation de quitter le territoire français prise à son encontre d’une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée maximale de cinq ans. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que le requérant, qui ne justifie pas d’avoir établi des liens personnels et familiaux suffisamment anciens, intenses et stables depuis son entrée sur le territoire français, ne justifie pas de circonstances humanitaires particulières. Dans ces conditions, M. C... n’est pas fondé à soutenir que le préfet du Val-d’Oise aurait fait une inexacte application des dispositions de l’article L. 612-6 et entaché sa décision à cet égard d’une erreur manifeste d'appréciation, ni que la durée de cette interdiction, de deux ans, serait disproportionnée. Par suite, les moyens tirés de l’erreur manifeste d'appréciation commise dans l’application des dispositions précitées et de la disproportion ne peuvent qu’être écartés.


En ce qui concerne l’arrêté du 29 août 2025 portant assignation à résidence :

En premier lieu, l’arrêté attaqué a été signé par Mme B... A..., adjointe à la cheffe du bureau du contentieux et de l’éloignement de la préfecture du Val-d’Oise, qui bénéficiait, en vertu d’un arrêté n° 25-047 du 1er juillet 2025, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Val-d’Oise, d’une délégation à cet effet. Dans ces conditions, le moyen tiré de l’incompétence de la signataire de l’arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.

En deuxième lieu, l’arrêté attaqué comporte l’énoncé des considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement et est, ainsi, suffisamment motivé.

En troisième lieu, il ne ressort pas de l’arrêté attaqué que le préfet du Val-d'Oise n’aurait pas, avant de l’édicter, procédé à un examen particulier et suffisamment approfondi de la situation de M. C....

En quatrième lieu, aux termes des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui. ».

M. C... soutient qu’il justifie d’attaches familiales en France. Toutefois, ainsi qu’il a été dit au point 8 du présent jugement, l’intéressé ne justifie pas d’attaches particulières sur le territoire français. Dans ces conditions, alors que la décision d’assignation à résidence attaquée n’a, en tout état de cause, ni pour objet ni pour effet d’éloigner l’intéressé du territoire français, le préfet du Val-d’Oise n’a pas, en assignant l’intéressé à résidence dans ce département pour une période de quarante-cinq jours, porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

En cinquième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point précédent, le moyen tiré de l’erreur manifeste qu’aurait commis le préfet du Val-d'Oise dans l’appréciation des conséquences de la décision attaquée sur la situation personnelle et familiale de M. C... ne peut qu’être écarté.

En dernier lieu, aux termes de l’article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L’étranger fait l’objet d’une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n’a pas été accordé (…) ».

Il ressort des pièces du dossier que M. C... a fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français sans délai. Dès lors, indépendamment de la circonstance que M. C... n’ait pas fait l’objet d’une décision d’éloignement auparavant, le préfet du Val-d'Oise pouvait légalement édicter à son encontre une assignation à résidence en application des dispositions précitées. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l’article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut dès lors qu’être écarté.

Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d’annulation des arrêtés du 29 août 2025 du préfet du Val-d’Oise susmentionnés doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions tendant à la condamnation de l’Etat aux entiers dépens et sa demande formulée sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.



DECIDE :


La requête de M. C... est rejetée.
Le présent jugement sera notifié à M. D... C... et au préfet du Val-d'Oise.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2025.


La magistrate désignée,

Signé


L. Moinecourt

La greffière,

Signé


O. El-MoctarLa République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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