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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2518555

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2518555

mardi 2 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2518555
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantGOMES TAVARES

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a constaté un non-lieu à statuer sur la demande d'injonction de convocation de M. A... pour l'enregistrement de sa demande de titre de séjour, le préfet l'ayant convoqué entre-temps. En revanche, le juge a rejeté la demande de remise d'un récépissé autorisant à travailler, estimant qu'une telle injonction ferait obstacle à l'exécution d'une éventuelle décision administrative de refus de délivrance, que le préfet doit apprécier après examen du dossier complet. La requête est donc partiellement admise pour la convocation, mais rejetée pour le surplus, sans application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Le juge des référésVu la procédure suivante :


Par une requête, enregistrée le 11 octobre 2025, M. C... A..., représenté par Me Gomes Tavares, demande au juge des référés sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre au préfet du Val-d’Oise de le convoquer pour enregistrer sa demande de titre de séjour et de lui remettre à cette occasion un récépissé de titre de séjour l’autorisant à travailler dans un délai de cinq jours à compter de l’ordonnance à intervenir sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Il soutient que :
- l’urgence est caractérisée ;
- la mesure sollicitée est utile et ne se heurte à aucune contestation sérieuse ;
- elle ne fait obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 octobre 2025, le préfet du Val-d’Oise conclut en dernier lieu au non-lieu à statuer.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
le code de justice administrative.


Le président du tribunal a désigné M. Bertoncini, vice-président, en application des dispositions de l’article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes en référé.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. ». Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 susvisé d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, la juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. Enfin, elle ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

2. Il résulte de l’instruction que le préfet du Val-d’Oise a convoqué M. C... A... le 6 novembre 2025 à 9h00 pour y déposer sa demande de titre de séjour. Par suite, il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions présentées par l’intéressé tendant à ce qu’il soit enjoint au préfet du Val-d’Oise de lui fixer un rendez-vous en vue de l’enregistrement de sa demande de titre de séjour.

3. En revanche, les conclusions de M. C... A... tendant à ce qu’il soit enjoint au préfet de la mettre en possession d’un récépissé de demande de titre de séjour valant autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler, dont la délivrance est conditionnée par le caractère complet du dossier qu’il appartient au préfet d’apprécier à l’occasion de sa présentation et de son enregistrement, et dont le refus de remise explicite ou implicite constitue une décision administrative susceptible de recours pour excès de pouvoir, font obstacle à l’exécution d’une décision administrative et ne peuvent qu’être rejetées.

4. Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par M. B... en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.



O R D O N N E :



Article 1er : Il n’y a plus lieu de se prononcer sur les conclusions présentées par M. C... A... aux fins d’injonction sous astreinte au préfet du Val-d’Oise de le convoquer pour enregistrer sa demande de titre de séjour.


Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C... A... est rejeté.


Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C... A... et au ministre de l’intérieur.

Copie en sera adressée au préfet du Val-d’Oise.


Fait à Cergy, le 2 décembre 2025.

Le juge des référés

signé

T. Bertoncini

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.



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