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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2519000

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2519000

lundi 9 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2519000
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantDE METZ

Résumé IA

**Sujet principal** : Demande d'injonction en référé pour obtenir un rendez-vous en préfecture en vue du dépôt d'une demande de titre de séjour, face à des délais de traitement anormaux. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise (juge des référés). **Solution retenue** : Le juge fait droit à la requête. Il enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de convoquer le requérant à un rendez-vous pour déposer sa demande de titre de séjour et, le cas échéant, lui délivrer un récépissé, dans un délai de dix jours. Il alloue également une somme de 1 000 euros à l'intéressé au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. **Textes appliqués** : L'article L. 521-3 du code de justice administrative (référé "mesures utiles") est appliqué, l'urgence étant caractérisée par la précarité administrative résultant des dysfonctionnements préfectoraux et du délai anormal de traitement.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 octobre 2025, M. A... B..., représenté par Me de Metz, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui fixer un rendez-vous en vue du dépôt de sa demande de titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir sous astreinte de 250 euros par jour de retard ;

2°) d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui remettre un récépissé de demande de titre de séjour ou de carte de séjour assorti d'une autorisation de travail valable durant toute la durée d'examen ou le temps de l’instruction de sa demande de titre de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil, Me de Metz, au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve de sa renonciation à la perception de la part contributive de l’Etat à l’aide juridictionnelle ou de lui verser directement s’il n’était pas admis à l’aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- l’urgence est caractérisée dès lors qu’il a déposé sa demande d’admission exceptionnelle au séjour les 5 octobre 2023, 1er février 2024 et 8 mars 2024 ; que le délai de traitement de sa demande est anormalement long ; qu’il est placé dans une situation de précarité administrative en effet, il risque de faire l’objet d’une mesure d’éloignement et de ne pas trouver un contrat d’apprentissage dans le cadre de son master 2 ;

- la mesure sollicitée est utile, dès lors que les dysfonctionnements des services préfectoraux empêchent la régularisation de sa situation administrative.



La requête a été communiquée au préfet des Hauts-de-Seine qui n’a pas produit d’observations en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.


Le président du tribunal a désigné M. Belhadj, premier conseiller, en application des dispositions de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.


Considérant ce qui suit :

1. M. A... B..., ressortissant algérien, né le 29 mai 2002, a déposé plusieurs demandes de pré-examen d’admission exceptionnelle au séjour les 5 octobre 2023, 1er février 2024 et 8 mars 2024 par le biais du téléservice « démarches-simplifiées.fr » de la préfecture des Hauts-de-Seine. Par la présente requête, M. B... demande au juge des référés, statuant en application de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un rendez-vous en préfecture en vue de déposer sa demande de titre de séjour.

2. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence, et sur simple requête qui sera recevable, même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles, sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ».

3. Saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l’urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l’article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 de ce code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative, même celle qui refuse la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.

4. Il résulte de l’instruction, et n’est d’ailleurs pas contesté par le préfet des Hauts-de-Seine qui n’a pas produit de mémoire en défense, que M. B... a déposé plusieurs demandes d’admission exceptionnelle au séjour par le biais du téléservice « démarches-simplifiées.fr » les 5 octobre 2023, 1er février 2024 et 8 mars 2024. Alors que son dossier est réputé complet, M. B... se trouve confronté aux dysfonctionnements de la préfecture. Dans ces conditions, au vu du délai anormalement long de traitement de sa demande, et en l’absence de défense du préfet des Hauts-de-Seine, M. B... doit être regardé comme justifiant de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d’obtenir un rendez-vous en préfecture afin de pouvoir y déposer sa demande. Alors que cette situation le place dans une situation de précarité administrative caractérisant une situation d’urgence au sens de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, la mesure sollicitée par M. B... présente un caractère d’utilité et ne fait obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative.

5. Dans ces conditions, il y a lieu d’enjoindre à l’autorité compétente de convoquer M. B... à un rendez-vous afin qu’il puisse déposer sa demande de titre de séjour et se voir délivrer, sous réserve de la complétude de son dossier, un récépissé de cette demande. Il est enjoint au préfet des Hauts-de-Seine d’y procéder dans un délai de dix jours à compter de la notification de la présente ordonnance. Il n’y a pas lieu, à ce stade, d’assortir ces mesures d’une astreinte.

6. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 000 euros à verser à M. B... au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.


O R D O N N E :


Article 1er : Il est enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de convoquer M. B... en préfecture, dans un délai de dix jours à compter de la notification de la présente ordonnance, afin qu’il puisse procéder au dépôt de sa demande de titre de séjour et se voir délivrer, sous réserve de la complétude de son dossier, un récépissé de cette demande.

Article 2 : L’Etat versera à M. B... une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... et au ministre de l’intérieur.

Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.


Fait à Cergy, le 9 mars 2026.

Le juge des référés,


signé

J. Belhadj

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.




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