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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2520248

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2520248

vendredi 13 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2520248
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCABINET AUGUST & DEBOUZY

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant par ordonnance, rejette la requête en annulation d'un permis de construire comme étant manifestement irrecevable. Le sujet principal est l'irrecevabilité du recours pour défaut de notification aux destinataires légalement requis. La juridiction applique les articles R. 600-1 du code de l'urbanisme, qui impose cette notification à peine d'irrecevabilité, et R. 222-1 du code de justice administrative, permettant le rejet des requêtes manifestement irrecevables par ordonnance.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 octobre 2025, Mme C... B... et M. D... A..., représentés par Me Zentner, demandent au tribunal d’annuler l’arrêté du 11 avril 2025 par lequel le maire de la commune d'Asnières-sur-Seine a délivré un permis de construire n° PC 92 004 24 00053 à la SAS Valoptim.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…) peuvent, par ordonnance : (…) / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n’est pas tenue d’inviter leur auteur à les régulariser ou qu’elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…). ». Aux termes de l’article R. 612-1 du même code : « Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. / (…) La demande de régularisation mentionne que, à défaut de régularisation, les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7. ».
Aux termes de l’article R. 611-8-2 du code de justice administrative : « Toute juridiction peut adresser par le moyen de l’application informatique mentionnée à l’article R. 414-1, à une partie ou à un mandataire qui y est inscrit, toutes les communications et notifications prévues par le présent livre pour tout dossier (…). ». Selon l’article R. 611-8-6 du même code : « (…) Les parties sont réputées avoir reçu la communication ou la notification à la date de première consultation du document qui leur a été adressé par voie électronique, certifiée par l’accusé de réception délivré par l’application informatique, ou, à défaut de consultation dans un délai de deux jours ouvrés à compter de la date de mise à disposition du document dans l’application, à l’issue de ce délai. Sauf demande contraire de leur part, les parties sont alertées de toute nouvelle communication ou notification par un message électronique envoyé à l’adresse choisie par elles (…). ».

Aux termes de l’article R. 600-1 du code de l’urbanisme : « En cas (…) de recours contentieux à l'encontre d'un certificat d'urbanisme, ou d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, (…) l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. (…) L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif. / La notification prévue au précédent alinéa doit intervenir par lettre recommandée avec accusé de réception, dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt du déféré ou du recours. / La notification du recours à l'auteur de la décision et, s'il y a lieu, au titulaire de l'autorisation est réputée accomplie à la date d'envoi de la lettre recommandée avec accusé de réception. Cette date est établie par le certificat de dépôt de la lettre recommandée auprès des services postaux (…). ». En application de ces dispositions, l’obligation de notification qui est prescrite à peine d’irrecevabilité de la requête, doit être réalisée dans les quinze jours à compter du dépôt de la requête, tant à l’auteur de la décision de non-opposition qu’à son bénéficiaire. En cas de recours gracieux, cette obligation est prescrite dans les mêmes conditions, à peine d’irrecevabilité du futur recours contentieux.

Mme B... et M. A... ont été invités, par un courrier du 3 novembre 2025 mis à disposition sur l’application « Télérecours », dont leur conseil a accusé réception le même jour, à régulariser leur requête dans un délai de quinze jours en produisant la preuve de la notification de leur recours contentieux à l’auteur de la décision et au pétitionnaire. Si à la suite de cette demande, Mme B... et M. A... ont produit le même jour, la preuve de la notification de leur requête contentieuse au tribunal, il ne ressort pas des pièces du dossier que les requérants auraient notifié leur recours contentieux au pétitionnaire et à l’auteur de la décision attaquée comme ils y étaient tenus en application de l’article R. 600-1 du code de l’urbanisme. Par suite, la requête de Mme B... et de M. A... est manifestement irrecevable et doit être rejetée en application des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.



O R D O N N E :



Article 1er : La requête de Mme B... et de M. A... est rejetée.





Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C... B..., à M. A..., à la commune d'Asnières-sur-Seine et à la SAS Valoptim.


Fait à Cergy, le 13 mars 2026.


Le Président,


Signé


F. Beaufa s


La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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