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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2520552

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2520552

lundi 24 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2520552
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantFAVAIN

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, a enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de délivrer un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour à Mme A..., ressortissante chinoise. La requérante justifiait d’une situation d’urgence et d’utilité, notamment en raison du risque de licenciement lié à l’absence de document l’autorisant à travailler. Le tribunal a appliqué l’article R. 431-12 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, qui impose la remise d’un récépissé en cas de dossier complet. L’injonction a été prononcée sans astreinte, dans un délai de quinze jours.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Par une requête, enregistrée le 5 novembre 2025, Mme B... A..., représentée par Me Favain, demande à la juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un récépissé de sa demande de renouvellement de son titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale », dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d’urgence est remplie, dès lors qu’elle tente en vain d’obtenir un rendez-vous ou un récépissé depuis le mois d’août 2025, justifiant à cet égard de nombreuses démarches devant la préfet des Hauts-de-Seine ; sa situation précaire l’expose à un risque de licenciement alors qu’elle occupe un poste de cadre au sein de la société DOTT depuis ** sous couvert d’un contrat à durée indéterminée, que sa vie privée et familiale n’a pas changé et qu’elle en justifie par un dossier complet déposée dans les délais sur la plateforme "démarches simplifiées";
- la mesure demandée est utile et ne fait obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative.

Le préfet des Hauts-de-Seine, à qui la requête de Mme A... a été communiquée, n’a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée et le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.


Le président du tribunal a désigné Mme Oriol, vice-présidente, en application des dispositions de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.


Considérant ce qui suit :

Mme A..., ressortissante chinoise née le 14 avril 1997, est entrée en France en août 2022 pour y suivre des études, et a par la suite été munie d’un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » valable jusqu’au 29 octobre 2025, dont elle a sollicité le renouvellement le 2 août 2025, dans les délais impartis. Par la présente requête, Mme A... demande à la juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un récépissé de sa demande de renouvellement de ce document, dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard.


Sur les conclusions à fin d’injonction :

Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision ».

Saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l’urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à la condition que ces mesures soient utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l’article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.

Aux termes de l’article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : « L’étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu’il précise. (…) ».

Il résulte de ces dispositions que l’étranger qui sollicite la délivrance d’un titre de séjour a le droit, s’il a déposé un dossier complet, d’obtenir un récépissé de sa demande qui vaut autorisation provisoire de séjour.

D’une part, il n’est pas contesté par le préfet des Hauts-de-Seine, qui n’a pas produit de mémoire en défense, que Mme A... a déposé une demande de renouvellement de son titre de séjour, réputée complète, alors qu’en tout état de cause cette dernière verse à la présente instance l’ensemble des pièces qu’elle a déposé sur la plateforme "démarches simplifiées". Sa demande, qui fait suite à de très nombreuses relances demeurées vaines, ne se heurte donc à aucune contestation sérieuse.

D’autre part, eu égard aux conséquences de la détention d’un récépissé sur la situation de Mme A..., notamment sur son droit à se maintenir en France et d’y travailler, et à la situation précaire qui lui est imposée par la préfecture des Hauts-de-Seine, sa demande présente un caractère d’urgence et d’utilité.

Il y a donc lieu d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de délivrer à Mme A... un récépissé de sa demande de titre de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance. A ce stade, il n’y a pas lieu d’assortir cette injonction d’une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros à verser à Mme A... au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E :



Article 1 : Il est enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de délivrer à Mme A... un récépissé de sa demande de titre de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.

Article 2 : L’Etat versera la somme de 1 500 euros à Mme A... au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Les conclusions de la requête de Mme A... sont rejetées pour le surplus.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A... et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.


Fait à Cergy, le 24 novembre 2025.

La juge des référés,

signé

C. Cordary
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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