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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2521328

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2521328

mardi 25 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2521328
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantVERTEUIL DUQUESNOY

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, rejette la requête de M. A... qui demandait d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de statuer sur sa demande de titre de séjour. Le juge estime que la mesure est dépourvue d'utilité, car une décision implicite de rejet est née du silence de l'administration après quatre mois, conformément aux articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La délivrance de récépissés postérieurs ne fait pas obstacle à cette décision implicite. Par conséquent, la condition d'utilité exigée par l'article L. 521-3 n'étant pas remplie, la requête est rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 novembre 2025, M. B... A..., représenté par Me Verteuil, demande au juge des référés sur le fondement de l’article L. 523-1 du code de justice administrative :

1°) d’ordonner au préfet des Hauts-de-Seine de statuer sur sa demande de titre de séjour dans un délai d’un mois à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir ;

2°) de mettre à la charge de l’État une somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie ;
- la mesure demandée est utile ;
- la demande ne fait pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative, la multiplication des récépissés dont il a bénéficié depuis 2022 démontre que le préfet n’a pas statué sur sa demande.


Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Edert pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

D’une part, aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence, et sur simple requête qui sera recevable, même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles, sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. ». Lorsque le juge des référés est saisi, sur le fondement de l’article L. 521-3 susvisé du code de justice administrative, aux fins d’enjoindre à l’administration de prendre toute mesure utile dans un sens déterminé, il doit veiller à ce que cette demande présente un caractère d’urgence et d’utilité, qu’elle ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la mesure demandée ne fasse obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. Aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu’il y ait lieu d’appliquer les deux premiers alinéas de l’article L. 522-1 ».
D’autre part, aux termes de l’article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « Le silence gardé par l’autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. ». Selon l’article R. 432-2 du même code : « La décision implicite de rejet mentionnée à l’article R. 432-1 naît au terme d’un délai de quatre mois. (…) ».
La circonstance qu'un étranger se soit vu délivrer ou renouveler un récépissé pour une durée supérieure au délai mentionné à l’article R. 432-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ou postérieurement à l’expiration de ce délai ne fait pas obstacle à la naissance ou au maintien de la décision implicite de refus née du silence gardé par l'administration au terme de ce délai.
M. A... demande au tribunal d’enjoindre à l’autorité préfectorale de statuer sur sa demande de titre de séjour « vie privée et familiale ». D’une part, il résulte de l’instruction que le dossier de demande de titre de séjour déposé par l’intéressé est complet, dès lors qu’il lui a été délivré un récépissé de sa demande de titre de séjour. D’autre part, contrairement à ses affirmations et quand bien même M. A... s’est vu délivrer successivement des récépissés, une décision implicite de rejet de sa demande est née du silence du préfet des Hauts-de-Seine au terme d’un délai de quatre mois, soit le 7 octobre 2022. Il s’ensuit que les conclusions du requérant tendant à ce qu’il soit enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de statuer sur sa demande de titre de séjour est dépourvue d’utilité. Enfin, la mesure sollicitée ne saurait être regardée comme permettant, par elle-même, de prévenir un péril grave. La condition posée à l’article L. 521-3 du code de justice administrative n’étant pas remplie, les conclusions présentées par M. A... doivent être rejetées.
Il résulte de ce qui précède, qu’il y a lieu de rejeter la requête dans son ensemble, par application des dispositions de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....


Fait à Cergy, le 25 novembre 2025.

La juge des référés,

Signé

S. EDERT

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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