LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2522390

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2522390

mercredi 17 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2522390
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantMICAULT

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a examiné la demande de suspension de l'arrêté du 24 septembre 2025 par lequel le ministre de la justice a licencié M. B..., surveillant pénitentiaire, pour abandon de poste. Le juge a considéré que la condition d'urgence était présumée remplie, la décision privant l'agent de toute rémunération depuis plus d'un mois, et que le moyen tiré de l'absence de réunion des critères constitutifs de l'abandon de poste était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision. En conséquence, la suspension de l'exécution de l'arrêté de licenciement a été ordonnée, et il a été enjoint au ministre de la justice de réintégrer provisoirement M. B... et de lui verser son traitement. La décision s'appuie sur les dispositions du code de la fonction publique et du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, un mémoire et des pièces enregistrés les 26 et 28 novembre et 5 décembre 2025, M. A... B..., représenté par Me Micault, demande à la juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution de la décision du 24 septembre 2025 par laquelle le ministre de la justice l’a licencié à compter du 12 septembre 2025 pour abandon de poste ;

2°) d’enjoindre au ministre de la justice de le maintenir dans le corps d’encadrement et d’application, au grade de surveillant à compter du 12 Septembre 2025 dans un délai de huit jours à compter de l’ordonnance à intervenir sous astreinte de 1000 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761‑1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
la condition d’urgence est établie dès lors que, d’une part, il est placé en situation de précarité financière faute de bénéficier de son traitement depuis le 12 septembre 2025, alors même que son épouse a perdu son emploi le 30 septembre 2024 et qu’il est parent d’un enfant né le 17 juillet 2018, d’autre part, la décision en litige a des conséquences sur sa santé mentale ;

il existe des moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
elle a été prise par une autorité incompétente ;
elle est entachée d’une erreur de droit dès lors que les critères constitutifs de l’abandon de poste ne sont pas réunis ;
elle est entachée d’une erreur de fait dès lors qu’il a justifié son absence à compter du 7 juillet 2025 ;
elle est entachée d’une erreur dans l’appréciation de sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense enregistré le 9 décembre 2025, le ministre de la justice conclut au rejet de la requête de M. B....

Il fait valoir que :
la condition d’urgence n’est pas remplie dès lors que M. B... s’est placé lui-même dans la situation d’urgence qu’il déplore puisqu’il n’a pas rejoint son poste malgré les trois courriers qui lui ont été adressés et qu’il n’a demandé que le 24 novembre 2025 la suspension de l’exécution de l’arrêté du 24 septembre 2025 ;
aucun des moyens soulevé n’est pas propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision.


Vu :
- les autres pièces des dossiers ;
- la requête n° 2522365 par laquelle M. B... demande l’annulation de la décision en litige.

Vu :
- le code de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Chabrol, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l’audience du 9 décembre 2025 à
14 heures.

Ont été entendus au cours de l’audience publique, tenue en présence de Mme El Moctar, greffier d’audience,
le rapport de Mme Chabrol, juge des référés,
les observations de Me Micault qui maintient ses conclusions et moyens qu’elle précise,
le ministre de la justice n’étant ni présent ni représenté.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A... B..., né le 19 août 2001, a été titularisé dans le grade de surveillant et surveillant brigadier du corps des personnels d'encadrement et d'application du personnel de surveillance de l'administration pénitentiaire par arrêté du ministre de la justice du 26 août 2022, à compter du 21 avril 2022 et a été affecté à la maison d’arrêt d’Osny. L’intéressé a été placé en congés maladie à compter du 16 juin 2025. Par trois courriers des 24 juin 2025, 7 juillet 2025 et 17 juillet 2025, le chef d’établissement du centre pénitentiaire Osny Pontoise l’a mis en demeure de rejoindre son poste ou de justifier une cause sérieuse d'empêchement. Le 18 juillet 2025, M. B... a formé un recours gracieux contre la décision de non prise en compte de son arrêt maladie de prolongation pour la période du 7 au 27 juillet 2025. Par une décision du 29 août 2025, le directeur interrégional des services pénitentiaires de Paris a rejeté son recours administratif. Par un arrêté du 24 septembre 2025 le ministre de la justice a licencié M. B... à compter du 12 septembre 2025 pour abandon de poste. Par la présente requête, M. B... demande à la juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de l’arrêté du 24 septembre 2025 du ministre de la justice portant licenciement pour abandon de poste.


Sur les conclusions présentées au titre de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

En ce qui concerne l’urgence :

2. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ».

3. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Une mesure prise à l’égard d’un agent public ayant pour effet de le priver de la totalité de sa rémunération doit, en principe, être regardée, dès lors que la durée de cette privation excède un mois, comme portant une atteinte grave et immédiate à la situation de cet agent, de sorte que la condition d’urgence doit être regardée comme remplie, sauf dans le cas où son employeur justifie de circonstances particulières tenant aux ressources de l’agent, aux nécessités du service ou à un autre intérêt public, qu’il appartient au juge des référés de prendre en considération en procédant à une appréciation globale des circonstances de l’espèce.

4. Il résulte de l’instruction que M. B... a été licencié à compter du 12 septembre 2025 pour abandon de poste par arrêté du 24 septembre 2025 du ministre de la justice. La décision litigieuse a pour effet de priver l’intéressé de sa rémunération principale. En outre, son épouse est inscrite sur la liste des demandeurs d’emploi depuis le 2 août 2025. Les pièces versées à l’instance permettent d’établir que le couple, parent d’un enfant né en 2018, rencontre des difficultés financières et n’est pas en mesure de faire face aux charges du foyer. Ainsi, la perte de traitement obère de façon conséquente les conditions d’existence du requérant et de sa famille. Dans ces conditions, et alors que la présomption d’urgence ne saurait être renversée par la seule circonstance que l’intéressé n’a saisi le juge des référés que plusieurs semaines après la notification de la décision litigieuse, la condition d’urgence prévue par les dispositions rappelées ci-dessus de l’article L. 521-1 du code de justice administrative doit être regardée comme remplie.

En ce qui concerne l’existence d’un moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :

5. Une mesure de radiation des cadres pour abandon de poste ne peut être régulièrement prononcée que si l’agent concerné a, préalablement à cette décision, été mis en demeure de rejoindre son poste ou de reprendre son service dans un délai approprié qu’il appartient à l’administration de fixer. Une telle mise en demeure doit prendre la forme d’un document écrit, notifié à l’intéressé, l’informant du risque qu’il court d’une radiation des cadres sans procédure disciplinaire préalable. Lorsque l’agent ne s’est pas présenté et n’a fait connaître à l’administration aucune intention avant l’expiration du délai fixé par la mise en demeure, et en l’absence de toute justification d’ordre matériel ou médical, présentée par l’agent, de nature à expliquer le retard qu’il aurait eu à manifester un lien avec le service, cette administration est en droit d’estimer que le lien avec le service a été rompu du fait de l’intéressé.

6. L’agent qui se trouve en position de congé de maladie est regardé comme n’ayant pas cessé d’exercer ses fonctions. Par suite, il ne peut en principe faire l’objet d’une mise en demeure de rejoindre son poste ou de reprendre son service à la suite de laquelle l’autorité administrative serait susceptible de prononcer, dans les conditions définies au point ci‑dessus, son licenciement pour abandon de poste.

7. En l’espèce, l’intéressé établit avoir justifié son absence pour motif médical auprès de son employeur. Dans ces conditions, en l’état de l’instruction, le moyen tiré de l’existence d’une erreur de droit est propre à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

8. Les deux conditions fixées par les dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative étant remplies, il y a lieu de suspendre l’exécution de la décision du 24 septembre 2025 par laquelle le ministre de la justice a licencié M. B... à compter du 12 septembre 2025 pour abandon de poste, jusqu'à ce qu’il soit statué sur la demande d’annulation de cette décision.

Sur les conclusions aux fins d’injonction et d’astreinte :

9. La suspension de la décision contestée implique seulement pour le ministre de la justice l’obligation de procéder à la réintégration à titre provisoire de M. B... jusqu’à l’intervention du jugement au fond. Il y a lieu d’enjoindre à cette autorité d’y procéder dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance. Il n’y a, en revanche, pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, d’assortir cette injonction d’une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

10. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.



O R D O N N E :


Article 1er : L’exécution de la décision du 24 septembre 2025 par laquelle le ministre de la justice a licencié M. B... à compter du 12 septembre 2025 pour abandon de poste est suspendue.

Article 2 : Il est enjoint au ministre de la justice de réintégrer M. B... à titre provisoire dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance, jusqu'à ce qu’il soit statué sur la demande d’annulation de cette décision.

Article 3 : L’Etat versera à M. B... une somme de 1 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B... et au ministre de la justice.



Fait à Cergy, le 17 décembre 2025

La juge des référés,

Signé
C. Chabrol

La République mande et ordonne au ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions