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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2522571

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2522571

mercredi 3 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2522571
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantPIERRE

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, rejette la requête de Mme A... qui demandait qu’il soit enjoint au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec droit au travail. La juge des référés estime que cette demande tend en réalité à assurer l’exécution d’un précédent jugement du 17 juillet 2025, ce qui relève de la procédure spécifique prévue à l’article L. 911-4 du même code, et non du référé mesures utiles. Par conséquent, la requête est manifestement mal fondée et rejetée sans examen de l’urgence, en application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 novembre 2025, Mme B... A..., représentée par Me Pierre, demande à la juge des référés, statuant en application des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d’enjoindre au préfet territorialement compétent de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler dans un délai de sept jours à compter de la date de notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- la condition d’urgence est remplie dès lors que le tribunal a enjoint au préfet de la munir d’une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler dans l’attente du réexamen de sa demande de titre de séjour ; sans autorisation de travail, elle ne peut subvenir à ses besoins ainsi qu’à ceux de sa fille alors que le père de celle-ci est très peu présent dans sa vie et contribue de manière très sporadique à son entretien ;
- la mesure sollicitée est utile dès lors que l’autorisation provisoire de séjour délivrée par la préfecture ne l’autorise pas à travailler ;
- la mesure ne se heurte à aucune contestation sérieuse ;
- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative.


Vu :
- le jugement nos 2415610 et 2503485 du 17 juillet 2025 ;
- les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Chaufaux, première conseillère, en application des dispositions de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.


Considérant ce qui suit :


D’une part, aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence, et sur simple requête qui sera recevable, même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles, sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. ». Aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ».

D’autre part, aux termes du premier alinéa de l’article L. 911-4 du code de justice administrative : « En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. ».


En l’espèce, les mesures demandées par Mme A... à la juge des référés tendent à assurer l’exécution du jugement nos 2415610 et 2503485 du 17 juillet 2025 par lequel le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé l’arrêté du préfet du Val-d’Oise du 12 février 2025 et lui a enjoint de procéder au réexamen de la demande de titre de séjour de Mme A... dans un délai de deux mois à compter de la notification de ce jugement et de la munir dans l’attente de ce réexamen d’une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler. Toutefois, il ne relève pas de l’office du juge des référés statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative d’assurer l’exécution du jugement précité, alors qu’au demeurant Mme A... soutient avoir déposé le 30 septembre 2025 devant le tribunal une requête en exécution de ce jugement sur le fondement de l’article L. 911-4 du code de justice administrative.

Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A... ne peut qu’être rejetée dans toutes ses conclusions sur le fondement des dispositions de l’article L. 522-3 du code de justice administrative, sans qu’il y ait lieu de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire.


O R D O N N E :

Article 1er : Mme A... n’est pas admise, à titre provisoire, au bénéfice de l’aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de Mme A... est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....




Fait à Cergy, le 3 décembre 2025.

La juge des référés,

signé

E. Chaufaux



La République mande et ordonne au ministre de l’Intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.




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