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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2522759

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2522759

mardi 10 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2522759
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantCABINET GARRIGUES BEAULAC ASSOCIES

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension d'une exclusion temporaire d'un agent hospitalier. Le juge a constaté que la requête était irrecevable car l'agent n'avait pas introduit de recours principal en annulation distinct, comme l'exige l'article L. 521-1 du code de justice administrative. La demande a donc été rejetée en application de l'article L. 522-3 du même code, sans examen du fond de l'affaire.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 1er décembre 2025, M. B... A... demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision d’exclusion temporaire du 2 juillet 2025 prise par le directeur du centre hospitalier Novo de Pontoise ;

2°) d’enjoindre au centre hospitalier Novo de Pontoise de le réintégrer en qualité d’agent d’entretien qualifié, dans un délai d’un mois à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge du centre hospitalier Novo de Pontoise la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie, dès lors que l’exclusion temporaire le prive de son traitement et de ses indemnités ; qu’une procédure d’expulsion a été initié par le propriétaire de son logement pour non règlement de loyer ; qu’il ne peut plus subvenir aux besoins et aux charges de sa famille, ce qui le place lui et sa famille dans une situation de précarité financière ;
- la condition tenant à l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la décision est remplie dès lors que :
- la procédure disciplinaire est entachée d’un vice de procédure ;
- sa hiérarchie lui a refusé l’exercice de son droit de participation à une grève dans le cadre de son appartenance syndicale ;
- elle est entachée d’une erreur d’appréciation ;
- la sanction est disproportionnée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal, a désigné M. Belhadj, premier conseiller, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.


Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 2 juillet 2025, le directeur du centre hospitalier Novo de Pontoise a prononcé à l’encontre de M. B... A... une exclusion temporaire d’une durée de 9 mois. Par la présente requête, M. A... demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de cette décision.

2. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (…) ». Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ». Aux termes de l’article R. 522-1 du même code : « (…) A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière ». Enfin, il résulte de l’article R. 522-2 du même code que le juge des référés n’est pas tenu d’adresser aux parties une invitation à régulariser leur requête avant d’en constater l’irrecevabilité.

3. Si M. A... présente, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, des conclusions à fin de suspension, il n’a pas introduit de requête distincte à fin d’annulation de la décision dont il sollicite la suspension de l’exécution. Dans ces conditions, sa requête est manifestement irrecevable.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A... doit être rejetée dans toutes ses conclusions en application des dispositions précitées de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.










O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A...


Fait à Cergy, le 10 mars 2026.

Le juge des référés,


signé

J. Belhadj

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.



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