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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2522916

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2522916

lundi 30 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2522916
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantAOUIZERATE

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé, rejette la demande d'un ressortissant sénégalais visant à enjoindre au préfet de le convoquer pour renouveler sa carte de résident. Le juge estime que la demande, formulée sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, fait obstacle à l'exécution d'une décision administrative implicite de rejet née du silence de la préfecture, conformément aux articles R. 432-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers. Le requérant aurait dû solliciter une suspension de cette décision implicite via la procédure de référé-suspension (article L. 521-1 du code de justice administrative).

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 décembre 2025, M. B... A..., représenté par M. C..., demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’ordonner au préfet du Val-d’Oise de lui délivrer une convocation afin de procéder au renouvellement de son titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros à lui verser au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Il soutient que la mesure sollicitée présente un caractère d’urgence et d’utilité, et ne fait obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative.


La requête a été communiquée au préfet du Val-d’Oise, qui n’a pas formulé d’observations en défense.
Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Belhadj, en application des dispositions de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Par la présente requête, M. B... A..., ressortissant sénégalais, né le 12 octobre 1978 à Dakar (Sénégal), demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre à la préfecture du Val-d’Oise de le convoquer afin de pouvoir renouveler sa carte de résident.

2. D’une part, aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ». Aux termes du premier alinéa de son article R. 522-1 : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (...) justifier de l’urgence de l’affaire ».

3. D’autre part, aux termes de l’article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ». Aux termes de l’article R. 432-2 du même code : « La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois ».

4. Saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l’urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l’article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu’il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

5. M. A... a adressé, par un courrier réceptionné par les services de la préfecture du Val-d’Oise le 19 juin 2023, une demande de renouvellement de sa carte de résident longue durée, valable du 1er mars 2013 au 28 février 2023. En application des dispositions de l’article R. 432-1 et R. 432-3 précitées, une décision implicite de rejet de la demande de l’intéressé est née, dans le délai de quatre mois à compter du 19 juin 2023, date à laquelle sa demande de renouvellement de titre de séjour a été réceptionnée par les services de la préfecture du Val-d’Oise. La demande de M. A... fait ainsi obstacle à l’exécution d’une décision administrative. Il lui appartient, s’il s’y croit fondé, de demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521‑1 du code de justice administrative, la suspension d’une décision implicite de rejet.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A... doit être rejetée en toutes ses conclusions, en application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.










O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressé au préfet du Val-d’Oise.

Fait à Cergy, le 30 mars 2026.

Le juge des référés,

Signé

J. Belhadj

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.



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