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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2524235

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2524235

lundi 26 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2524235
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantROSIN

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé, a été saisi par M. A... d'une demande de liquidation de l'astreinte prononcée par une ordonnance du 6 novembre 2025, qui enjoignait au préfet des Hauts-de-Seine de réexaminer sa demande de titre de séjour et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour. Le tribunal constate que si l'autorisation provisoire a été délivrée dans les délais, le réexamen de la situation de l'intéressé n'a pas été effectué, le préfet se bornant à solliciter des pièces complémentaires. En application des articles L. 911-6 et L. 911-7 du code de justice administrative, le juge des référés peut modérer ou supprimer l'astreinte provisoire même en cas d'inexécution, en tenant compte des diligences accomplies. La solution retenue n'est pas explicitée dans l'extrait, mais le tribunal a examiné la demande au regard des textes applicables, notamment le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 18 décembre 2025, M. B... A..., représenté par Me Rosin, demande à la juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 911-7 du code de justice administrative :

de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire ;
de prononcer la liquidation de l’astreinte provisoire fixée par l’ordonnance n° 2519100 du 6 novembre 2025 de la juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise et de condamner l’Etat à lui verser la somme ainsi liquidée ;
de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil, Me Rosin, en application des dispositions combinées de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve de sa renonciation à percevoir la part contributive de l’Etat, ou à lui verser dans l’hypothèse où son admission au bénéfice de l’aide juridictionnelle serait rejetée.

Il soutient que le préfet des Hauts-de-Seine a partiellement exécuté l’ordonnance n°2519100 du 6 novembre 2025, dès lors qu’il n’a pas procédé au réexamen de sa situation.



Par un mémoire en défense, enregistré le 13 janvier 2026, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que M. A... a été mis en possession d’une attestation de prolongation d'instruction dans le délai imparti, le 12 novembre 2025, et qu’il lui a demandé des pièces complémentaires en vue du réexamen de sa situation, qu’il n’a pas encore produites.


Vu :
- l’ordonnance n° 2519100 du 6 novembre 2025 de la juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise ;
- les autres pièces du dossier

Vu :
le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
le code de justice administrative.


Le président du tribunal a désigné Mme Moinecourt, en application des dispositions de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience du 22 janvier 2026 à 14 heures 30.

Ont été entendus au cours de l’audience publique, tenue en présence de Mme Bouayyadi, greffière d’audience :
le rapport de Mme Moinecourt, juge des référés ;
les observations de Me Rosin, représentant M. A..., qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens qu’il précise ;
le préfet des Hauts-de-Seine n’était ni présent, ni représenté.


La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience publique.

Considérant ce qui suit :

Sur la demande d’admission provisoire au bénéfice de l’aide juridictionnelle :

Aux termes de l’article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridictionnelle : « Dans les cas d’urgence, sous réserve de l’application des règles relatives aux commissions ou désignations d’office, l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle peut être prononcée (…) par la juridiction compétente ou son président (…) ».

Par la présente requête, M. A... sollicite le bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire. Eu égard à l’urgence qui s’attache à ce qu’il soit statué sur sa requête, il y a lieu de faire droit à cette demande.

Sur la liquidation de l’astreinte :

Aux termes de l’article L. 911-6 du code de justice administrative : « L'astreinte est provisoire ou définitive. Elle doit être considérée comme provisoire à moins que la juridiction n'ait précisé son caractère définitif. Elle est indépendante des dommages et intérêts. ». Selon l’article L. 911-7 du même code : « En cas d'inexécution totale ou partielle ou d'exécution tardive, la juridiction procède à la liquidation de l'astreinte qu'elle avait prononcée. / Sauf s'il est établi que l'inexécution de la décision provient d'un cas fortuit ou de force majeure, la juridiction ne peut modifier le taux de l'astreinte définitive lors de sa liquidation. / Elle peut modérer ou supprimer l'astreinte provisoire, même en cas d'inexécution constatée. ».

Il appartient au juge des référés, qui, par une ordonnance prise sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a assorti d’une l’astreinte l’injonction faite à l’une des parties, de procéder à cette liquidation soit d’office, soit à la demande d’une autre partie s’il constate que les mesures qu’il avait prescrites n’ont pas été exécutées ou ne l’ont été que tardivement. Il peut modérer ou supprimer l’astreinte, même en cas d'inexécution constatée, compte tenu notamment des diligences accomplies par l'administration en vue de procéder à l'exécution de la chose jugée.

Par l’ordonnance n°2519100 du 6 novembre 2025, la juge des référés du présent tribunal, saisie sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a suspendu l’exécution de la décision par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a implicitement refusé de renouveler le titre de séjour de M. A... jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur sa légalité. Par l’article 3 de la même ordonnance, la juge des référés a également enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de réexaminer la demande de titre de séjour de l’intéressé, dans un délai d’un mois à compter de la notification de l’ordonnance, et de lui délivrer sous dix jours, sous astreinte de 300 euros par jour de retard, une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler valable jusqu’à ce qu’il soit statué sur la requête au fond ou jusqu’à l’adoption d’une nouvelle décision sur son droit au séjour. Il résulte de l’instruction, comme le relève le préfet des Hauts-de-Seine en défense, que M. A... a été muni d’une attestation de prolongation d'instruction remise le 12 novembre 2025, dans les délais impartis par l’ordonnance du 6 novembre 2025. En revanche, la juge des référés n’a pas fixé d’astreinte pour le réexamen de la demande de M. A..., qui devait intervenir sous un mois. Il résulte au surplus de l’instruction qu’une décision favorable a été prise par le préfet sur la demande du requérant le 13 janvier 2026 et qu’une carte de séjour pluriannuelle est actuellement en cours de fabrication. Dans ces conditions, les conclusions à fin de liquidation d’astreinte de la présente requête doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles relatives aux frais liés au litige.



ORDONNE :


M. A... est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire.
Le surplus des conclusions de la requête de M. A... est rejeté.




La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A..., à Me Rosin et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.


Fait à Cergy, le 26 janvier 2026.

La juge des référés


Signé


L. Moinecourt

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


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