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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2600290

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2600290

lundi 30 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2600290
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé, rejette la demande de suspension d'un refus implicite de titre de séjour. Le juge estime que la requérante, qui sollicitait un renouvellement, n'a pas soulevé de moyen créant un doute sérieux sur la légalité de la décision préfectorale, condition exigée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative. Sans qu'il soit besoin d'examiner la condition d'urgence, la demande est donc rejetée dans son ensemble.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 7 et 12 janvier 2026, Mme B... A... demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution de la décision par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a implicitement refusé de lui délivrer un titre de séjour ;

2°) d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler, dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte ;

3°) de condamner l’Etat aux entiers dépens.

Elle soutient que :

- la condition d’urgence est remplie, dès lors qu’elle est placée dans une situation administrative et financière précaire ; qu’elle ne peut exercer une activité professionnelle du fait de l’irrégularité de son séjour en France ; qu’elle ne peut quitter le territoire français, sans assurance de pouvoir y revenir et qu’une telle situation porte atteinte, d’une part, à son droit de mener une vie privée et familiale stable et, d’autre part, à sa liberté d’aller et venir.

- La condition tenant à l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la décision est remplie dès lors qu’elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

La requête a été communiquée au préfet des Hauts-de-Seine qui n’a pas produit d’observations en défense.





Vu :
- la requête n° 2600319 ;
- les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Belhadj, premier conseiller, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience du 22 janvier 2026 à 15h30.

A été entendu au cours de l’audience publique, tenue en présence de Mme Soulier, greffière d’audience, le rapport de M. Belhadj, juge des référés, les parties n’étant ni présentes, ni représentées.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B... A..., ressortissante australienne née le 20 février 1981 à Shandong (Australie), est entrée régulièrement sur le territoire français en 2024 sous couvert d’un visa long séjour valant titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » en qualité de conjoint de français, valable du 2 septembre 2024 au 1er septembre 2025. Elle a déposé une demande de renouvellement de titre de séjour le 8 juillet 2025 par le biais du téléservice « Administration numérique pour les étrangers en France » (ANEF) et s’est vue remettre un récépissé valable du 17 juillet 2025 au 16 octobre 2025. Par la présente requête, Mme A... demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de la décision implicite par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de lui délivrer un titre de séjour.

Sur les conclusions présentées au titre de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ».

3. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.

4. En l’état de l’instruction, le seul moyen soulevé par Mme A..., tel qu’exposé dans les écritures et récapitulé ci-dessus dans les visas de la présente ordonnance, n’est pas propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision dont la suspension est demandée.

5. Par suite, l’une des conditions exigées par les dispositions précitées de l’article L. 521-1 du code de justice administrative n’étant pas satisfaite, les conclusions présentées par Mme A... sur le fondement de ces dispositions doivent être rejetées, sans qu’il soit besoin d’examiner la condition tenant à l’urgence. Par voie de conséquence, doivent également être rejetées les conclusions à fin d’injonction et celles présentées au titre des frais du litige.


ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.


Fait à Cergy, le 30 mars 2026.

Le juge des référés,

Signé

J. Belhadj


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.





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