Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, saisi sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, a modifié une précédente ordonnance du 8 décembre 2025 qui enjoignait au préfet des Hauts-de-Seine de réexaminer la situation de M. A... et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour. Constatant que le préfet n'avait pas procédé au réexamen dans le délai imparti, le juge des référés a assorti cette injonction d'une astreinte de 300 euros par jour de retard, à compter de quinze jours suivant la notification de la nouvelle ordonnance. L'État a également été condamné à verser 1 200 euros à M. A... au titre des frais de justice.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 janvier 2026, M. B... A..., représenté par Me Ganem, demande à la juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-4 du code de justice administrative :
de modifier l’article 2 du dispositif de l’ordonnance n°2522101 du 8 décembre 2025, par lequel la juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de réexaminer sa situation, et de prendre une décision expresse sur celle-ci, dans un délai d’un mois à compter de la notification de cette ordonnance et de lui délivrer, dans un délai de dix jours à compter de cette notification, une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler ;
d’enjoindre en conséquence au préfet des Hauts-de-Seine de réexaminer sa situation et de prendre une décision expresse sur celle-ci, ainsi que de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler, dans le délai de quarante huit heures à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
de mettre à la charge de l’Etat une somme de 4 000 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Il soutient que l’ordonnance n° 2522101 du 8 décembre 2025 n’a pas été exécutée dès lors que le préfet des Hauts-de-Seine, n’a pas statué sur sa demande de titre de séjour et que son attestation de prolongation d’instruction expirera le 24 février 2026.
Le préfet des Hauts-de-Seine, à qui la requête a été communiquée, n’a pas produit de mémoire en défense.
Vu :
les autres pièces du dossier ;
l’ordonnance n° 2522101 du 8 décembre 2025 de la juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise.
Vu :
le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Moinecourt, en application des dispositions de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience du 22 janvier 2026 à 14 heures 30.
Ont été entendus au cours de l’audience publique, tenue en présence de Mme Bouayyadi, greffière d’audience :
le rapport de Mme Moinecourt, juge des référés ;
les observations de Me Meiller, substituant Me Ganem , représentant M. A..., qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens qu’elle précise ;
le préfet des Hauts-de-Seine n’était ni présent, ni représenté.
La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience publique.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions à fin d’injonction :
Aux termes de l’article L. 521-4 du code de justice administrative : « Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d’un élément nouveau, modifier les mesures qu’il avait ordonnées ou y mettre fin. ».
Par une ordonnance n° 2522101 du 8 décembre 2025, la juge des référés du tribunal, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de prendre une décision expresse sur la situation de M. A..., dans un délai d’un mois à compter de la notification de cette ordonnance et de lui délivrer, dans un délai de dix jours à compter de cette notification, une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler. Il résulte de l’instruction que M. A... a été mis en possession d’une attestation de prolongation d’instruction expirant le 24 février 2026. Toutefois, le préfet des Hauts-de-Seine, qui n’a pas produit de mémoire en défense, ne conteste pas qu’il n’a pas procédé au réexamen de sa situation à la date de la présente ordonnance. Le défaut partiel d’exécution de l’ordonnance en cause constitue une circonstance nouvelle justifiant sa modification en application des dispositions précitées de l’article L. 521-4 du code de justice administrative. Dès lors, il y a lieu seulement d’assortir le dispositif de l’article 2 de l’ordonnance n°2522101 du 8 décembre 2025, tendant à ce qu’il soit enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de réexaminer la situation de M. A... et de prendre une décision expresse sur sa situation, d’une astreinte journalière de 300 euros à compter de l’expiration d’un délai de quinze jours suivant la notification de la présente ordonnance, jusqu’à la date à laquelle cette injonction aura reçu exécution.
Sur les frais liés à l’instance :
Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
L’injonction prévue à l’article 2 de l’ordonnance n° 2522101 du 8 décembre 2025 faisant obligation au préfet des Hauts-de-Seine de réexaminer la situation de M. A... et de prendre une décision expresse sur celle-ci, est assortie d’une astreinte journalière de 300 euros à compter de l’expiration d’un délai de quinze jours suivant la notification de la présente ordonnance, jusqu’à la date à laquelle cette injonction aura reçu exécution.
L’Etat versera à M. A... une somme de 1 200 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 26 janvier 2026.
La juge des référés
signé
L. Moinecourt
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.