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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2600678

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2600678

jeudi 15 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2600678
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantDIEU NGUIYAN AVOCAT

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. B..., ressortissant camerounais, qui demandait la délivrance sous astreinte d’un duplicata de sa carte de résident. Le juge a estimé que la condition d’urgence particulière, nécessaire pour obtenir une mesure de sauvegarde dans un délai de quarante-huit heures, n’était pas établie, malgré l’isolement du requérant au Cameroun et l’impossibilité de retour en France. La requête a été rejetée sans examen de l’atteinte à une liberté fondamentale, en application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 janvier 2026, M. A... B..., représenté par Me Nguiyan, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre au préfet du Val-d’Oise de lui délivrer un duplicata de sa carte de résident dans un délai de 48 heures suivant la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 2 000 euros au titre de l’article L.761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d’urgence est remplie, dès lors qu’il est empêché d’entrer sur le territoire français faute de droit au séjour en raison de la perte de son titre de séjour qu’il a déclaré mais pour lequel il ne parvient pas à obtenir un duplicata malgré ses nombreuses relances ; il se trouve dans une situation d’isolement au Cameroun alors que l’ensemble de sa famille vit en France et que son seul parent qui vivait encore au Cameroun était sa grand-mère dont le décès l’a obligé à partir avec l’espoir que la préfecture autoriserait sans difficulté son retour en France ;

- cette situation porte une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d’aller et de venir et à son droit de mener une vie privée et professionnelle normale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Chabrol pour statuer sur les requêtes en référé.


Considérant ce qui suit :

M. A... B..., ressortissant camerounais né le 30 octobre 2002, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, d’ordonner au préfet de lui délivrer un duplicata de sa carte de résident.

Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ». L’article L. 522-3 du même code dispose que : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».

A la différence d’une demande de suspension présentée sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, à laquelle il peut être satisfait s’il est justifié d’une situation d’urgence et de l’existence d’un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, une demande présentée au titre de la procédure particulière de l’article L. 521-2 du même code implique, pour qu’il y soit fait droit, qu’il soit justifié d’une situation d’urgence particulière rendant nécessaire l’intervention d’une mesure de sauvegarde dans les quarante-huit heures.

Pour établir l’extrême urgence qu’il y aurait à enjoindre au préfet du Val-d’Oise de faire cesser la situation dans laquelle il se trouve, M. B... soutient qu’il est empêché d’entrer sur le territoire français faute de droit au séjour en raison de la perte de son titre de séjour qu’il a déclaré mais pour lequel il ne parvient pas à obtenir un duplicata malgré ses nombreuses relances et qu’il se trouve isolé au Cameroun alors que l’ensemble de sa famille vit en France et que son seul parent qui vivait encore au Cameroun était sa grand-mère dont le décès l’a obligé à partir avec l’espoir que la préfecture autoriserait sans difficulté son retour en France. Toutefois, ces considérations ne sont pas, à elles seules, de nature à justifier de l’existence d’une situation d’extrême urgence impliquant qu’une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans un délai de quarante-huit heures.

Par suite, en l’absence d’urgence au sens des dispositions précitées de l’article L. 521-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, sans qu’il y ait lieu d’examiner la condition d’atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, la requête de M. B... doit être rejetée en toutes ses conclusions en application des dispositions précitées de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.


ORDONNE :


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B...


Fait à Cergy, le 15 janvier 2026

La juge des référés,

Signé

C. Chabrol

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.



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