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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2601170

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2601170

vendredi 20 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2601170
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCARRILLO CRUZ

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé, a rejeté la requête d'une ressortissante colombienne demandant une injonction au préfet pour obtenir un rendez-vous et un récépissé de demande de titre de séjour. Le juge a estimé que la requérante, agissant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, n'apportait pas la preuve d'avoir effectué plusieurs tentatives infructueuses, espacées dans le temps, pour accomplir les démarches préalables en ligne, et ne démontrait ainsi pas l'utilité de la mesure sollicitée. La décision s'appuie sur la jurisprudence relative aux conditions de l'urgence et à l'obligation pour l'administration de fixer un rendez-vous dans un délai raisonnable.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 20 janvier 2026, Mme C... A... B..., représentée par Me Carrillo Cruz, demande au juge des référés, statuant par application de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui octroyer un rendez-vous afin qu’elle puisse déposer sa demande de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé de sa demande ou une autorisation provisoire de séjour, dans un délai de 8 jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir ; à titre subsidiaire d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer le titre de séjour sollicité ;


2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Elle soutient que :
- sa demande est urgente ;
- la mesure sollicitée est utile ;
- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative.


La requête a été communiquée au préfet des Hauts-de-Seine qui n’a pas produit de mémoire en défense.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Garona, première conseillère, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer en qualité de juge des référés.


Considérant ce qui suit :

Mme A... B..., ressortissante colombienne, née le 25 août 2005, a sollicité le 8 juillet 2025 la délivrance d’un titre de séjour « vie privée et familiale » via le téléservice « Démarches-simplifiées », après que plusieurs de ses démarches aient été clôturées. Par la présente requête, la requérante demande au juge des référés, statuant par application des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui octroyer un rendez-vous afin qu’elle puisse déposer sa demande de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé de sa demande ou une autorisation provisoire de séjour.

Aux termes de l’article L. 511-1 du code de justice administrative : « Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire (…) ». Aux termes de l’article L. 521-3 du même code : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ».

Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.

Lorsque le rendez-vous ne peut être demandé qu’après avoir procédé en ligne à des formalités préalables, il résulte de ce qui vient d’être dit que si l’étranger établit n’avoir pu les accomplir, notamment lorsque le site ne permet pas de sélectionner la catégorie de titre à laquelle la demande doit être rattachée, ce dysfonctionnement ayant été constaté à l’occasion de plusieurs tentatives n’ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu’il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d’une demande de renouvellement d’un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d’obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l’étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d’urgence particulière.

Il résulte de l’instruction que Mme A... B... se borne à soutenir qu’elle se trouve dans l’impossibilité d’obtenir un rendez-vous, mais n’établit ni même n’allègue avoir entrepris à plusieurs reprises de telles démarches auprès de la préfecture malgré plusieurs tentatives, n’ayant pas été effectuées la même semaine. Par suite, la requérante n’établit pas l’utilité de la mesure d’injonction sollicitée. Dans ces conditions, la requête de Mme A... B... doit être rejetée en toutes ses conclusions.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de Mme A... B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C... A... B... et au ministre de l’intérieur.

Copie en sera transmise au préfet des Hauts-de-Seine.

Fait à Cergy, le 20 mars 2026.


Le juge des référés,

Signé

E. Garona

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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