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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2601335

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2601335

jeudi 5 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2601335
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationEtrangers urgents
Avocat requérantCABINET DAMY RAYNAL HERVE-LANCIEN

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de M. A... B... visant à annuler un arrêté préfectoral d'obligation de quitter le territoire français (OQTF) avec interdiction de retour. Le tribunal a jugé que la décision était régulière, écartant les moyens d'incompétence, de défaut de motivation, de défaut d'examen particulier de la situation et d'erreur manifeste d'appréciation. La solution s'appuie principalement sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (articles L.611-1 et L.613-1) et du code des relations entre le public et l'administration.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Par une requête enregistrée le 20 janvier 2026, M. A... B..., demande au tribunal :

1°) de lui désigner un avocat commis d’office ;

2°) d’annuler l’arrêté du 20 janvier 2026 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l’a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée de trois ans.

Il soutient que les décisions contestées :
- ont été prises par un auteur incompétent ;
- sont insuffisamment motivées ;
- sont entachées d’un défaut d’examen particulier de sa situation ;
- sont entachées d’une erreur manifeste d’appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 février 2026, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.


Le président du tribunal a désigné Mme Edert, vice-présidente, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l’article L.921-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience le 12 février 2026 à 10 heures.

Ont été entendus au cours de l’audience publique, tenue en présence de Mme Bouyyazadi, greffière d’audience :
- le rapport de M. Edert magistrate désignée,
- les observations de Me Hervé, avocate commis d’office.
La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.


Considérant ce qui suit :

M. A... B..., ressortissant algérien, est né le 14 octobre 1993 à Montfermeil est entré sur le territoire français en 2024. Par un arrêté du 20 janvier 2026, le préfet des Hauts-de-Seine l’a placé en centre de rétention administrative. Par un arrêté du même jour, le préfet des Hauts-de-Seine l’a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée de trois ans et l’a signalé aux fins de non-admission dans le système d’information Schengen. Par la présente requête, M. B... demande l’annulation de cet arrêté.


Sur les conclusions à fin d’annulation :

En premier lieu, l’arrêté attaqué a été signé par M. C..., attaché, chef de bureau du séjour de l’asile de la préfecture des Hauts-de-Seine, qui disposait d’une délégation de signature en cas d’absence ou d’empêchement de la directrice des migrations et de l’intégration, consentie à cet effet par un arrêté préfectoral SGAD n° 2025-61 du 31 décembre 2025, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture. Par suite, le moyen tiré de l’incompétence de la signataire doit être écarté.

En deuxième lieu, aux termes des dispositions de l’article L. 211-2 du code des relations entre le public et l’administration : « Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; [..] ». D’autre part, aux termes des dispositions de l’article L. 211-5 du code précité : « La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ». Enfin aux termes des dispositions de l’article L.613-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. Elle est édictée après vérification du droit au séjour, en tenant notamment compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et des considérations humanitaires pouvant justifier un tel droit. ».

L’arrêté attaqué comporte l’énoncé des considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement et est, ainsi, suffisamment motivé.

En troisième lieu, il ne ressort ni des termes de l’arrêté en litige, ni des autres pièces du dossier, que le préfet des Hauts-de-Seine n’aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. B..., au vu des éléments qui avaient été portés à sa connaissance, avant de prendre l’arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré du défaut d’examen particulier de sa situation personnelle doit être écarté comme manquant en fait.

En quatrième lieu, aux termes de l’article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : (…) / 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ;/ 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ; (…) ».

Il ressort des pièces du dossier que M. B... déclare être entré en France sous couvert d’un visa et avoir été mis en possession d’un certificat de résidence valable du 23 décembre 2024 au 22 décembre 2025, dont il n’a pas demandé le renouvellement. Par suite il est au nombre des étrangers qui peut faire l’objet d’une décision portant obligation de quitter le territoire français. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet des Hauts-de-Seine aurait entaché sa décision d’une erreur manifeste d’appréciation.

En cinquième lieu, aux termes de l’article L. 612-2 du code précité : « Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : (…) 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ». Selon l’article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / (…) 3° L'étranger s’est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s’il n’est pas soumis à l’obligation du visa, à l’expiration de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l’occasion d’une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour, sans en avoir demandé le renouvellement ; (…).4° L’étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français (…) ».

M. B... s’est maintenu sur le territoire national à l’expiration de son titre de séjour sans en avoir demandé le renouvellement. Il est au nombre des étrangers qui peut faire l’objet d’un refus d’octroi d’un délai de départ volontaire. Il ressort par ailleurs, du procès-verbal d’audition que M. B... a indiqué qu’il exécuterait la décision d’éloignement. Le préfet des Hauts-de-Seine ne pouvait, comme il l’a fait, prendre sa décision sur le fondement du 4° de l’article L. 612-3 précité. Toutefois, il aurait pris la même décision s’il s’était fondé uniquement sur le 3° du même article. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision serait entachée d’une erreur manifeste d’appréciation.

En sixième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B... s’est déclaré de nationalité algérienne. Par suite en fixant l’Algérie comme pays de renvoi, le préfet des Hauts-de-Seine n’a pas entaché sa décision d’une erreur manifeste d’appréciation.

En septième lieu, aux termes de l’article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. ».

M. B... a fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français sans délai. Par suite le préfet des Hauts-de-Seine n’a pas commis d’erreur de droit en lui interdisant le retour sur le territoire français. S’il fait valoir qu’il est marié avec une ressortissante française il ne l’établit pas, n’étant pas présent à l’audience, alors qu’au demeurant il est défavorablement connu pour des faits de violences conjugales. Par suite, le préfet des Hauts-de-Seine n’a pas entaché sa décision d’une erreur manifeste d’appréciation.

Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B... doit être rejetée.

D E C I D E


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A... B... et au préfet des Hauts-de-Seine.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 mars 2026.





La magistrate désignée,
Signé
S. EDERT
La greffière,
Signé
Z. BOUAYYADI




La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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