LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2601523

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2601523

lundi 16 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2601523
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationEtrangers urgents
Avocat requérantWEINBERG

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en formation "étrangers urgents", a annulé l'arrêté d'obligation de quitter le territoire français (OQTF) pris à l'encontre du requérant. La juridiction a jugé que cette OQTF était entachée d'un défaut de base légale, car elle avait été prise postérieurement à un arrêté d'expulsion, rendant ainsi la mesure d'éloignement irrégulière. Les textes appliqués sont le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) et le code de justice administrative.

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une ordonnance du 23 janvier 2026, la présidente du tribunal administratif de Montreuil a transmis au tribunal administratif de Cergy-Pontoise la requête de M. B....

Par cette requête et un mémoire, enregistrés les 23 janvier et 9 février 2026 au greffe du tribunal administratif de Cergy-Pontoise sous le n°2601523, M. A... B..., représenté par Me Weinberg, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 16 janvier 2026 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis l’a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée de deux ans ;

2°) d’enjoindre au préfet compétent de réexaminer sa situation en proposant des solutions alternatives moins sévères dans un délai d’un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

3°) d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de supprimer la mention de l’obligation de quitter le territoire français et d’interdiction de retour dans le système d’information Schengen dans un délai d’un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- la décision portant obligation de quitter le territoire a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d’un défaut d’examen particulier de sa situation ;
- elle méconnait l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et est disproportionnée
- elle est entachée d’une erreur manifeste d'appréciation.

La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis, qui n’a pas présenté d’observations.

II. Par une requête enregistrée le 27 janvier 2026 sous le n° 2601876, M. A... B..., représenté par Me Weinberg, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 18 janvier 2026 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine l’a assigné à résidence dans le département des Hauts-de-Seine pour une durée de quarante-cinq jour renouvelable deux fois ;

2°) d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de réexaminer sa situation dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans cette attente ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d’un défaut de base légale ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d’un défaut d’examen sérieux de la situation personnelle ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation ;
- l’obligation de pointage à hauteur de trois fois par semaine est disproportionnée au regard de sa situation personnelle et n’est pas justifiée.

Par un mémoire en défense enregistré le 5 février 2026, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête. Il fait valoir que l’arrêté prescrivant l’expulsion de l’intéressé doit être substitué à l’arrêté portant obligation de quitter le territoire en tant que base légale de la mesure d’assignation à résidence litigieuse et que les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a désigné M. Cantié, vice-président, en qualité de juge du contentieux des mesures d’éloignement des étrangers.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Au cours de l’audience publique du 12 février 2026 à 15h30, tenue en présence de Mme Astier, greffière d’audience, M. Cantié :
- a présenté son rapport,
- a entendu les observations de Me Weinberg, représentant M. B..., qui conclut aux mêmes fins que dans les requêtes par les mêmes moyens et soutient, en outre, que l’arrêté portant obligation de quitter le territoire est entaché d’un défaut de base légale, dès lors qu’il a été pris postérieurement à la mesure d’expulsion,
- a constaté que le préfet de la Seine-Saint-Denis et le préfet des Hauts-de-Seine n’étaient ni présents ni représentés,
- et a prononcé la clôture de l’instruction.


Considérant ce qui suit :

M. B..., ressortissant camerounais né le 13 mai 1992, déclarant être entré en France en 2014, a été titulaire de titres de séjour du 10 octobre 2015 au 23 mai 2024. Par un arrêté du 16 janvier 2026, le préfet de la Seine-Saint-Denis l’a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée de deux ans. Par un arrêté du 18 janvier 2026, le préfet des Hauts-de-Seine l’a assigné à résidence dans le département des Hauts-de-Seine pour une durée de quarante -cinq jour renouvelable deux fois. Par les présentes requêtes, qu’il y a lieu de joindre pour y statuer par un seul jugement, M. B... demande au tribunal d’annuler ces deux arrêtés.

Il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 27 novembre 2025, le préfet des Hauts-de-Seine a prescrit l’expulsion du territoire français de M. B.... Or, le préfet de la Seine-Saint-Denis a pris le 16 janvier 2026 une mesure d’obligation de quitter le territoire français à l’encontre de l’intéressé, sans qu’il soit établi que la mesure d’expulsion ait été rapportée. Si l’obligation de quitter le territoire pourrait être regardée, eu égard aux effets d’une expulsion, comme présentant un caractère superfétatoire, elle a été assortie d’une interdiction de retour d’une durée de deux ans et est donc susceptible d’avoir des conséquences sur la situation de M. B.... Dans ces conditions, l’arrêté en date du 16 janvier 2026 du préfet de la Seine-Saint-Denis est dépourvu de base légale et doit être annulé, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête.

Par voie de conséquence, l’arrêté du 18 janvier 2026 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a assigné M. B... à résidence dans le département des Hauts-de-Seine pour une durée de quarante -cinq jour renouvelable deux fois, qui est fondé sur l’arrêté adopté le 16 janvier 2026 par le préfet de la Seine-Saint-Denis, doit également être annulé.

L’exécution du présent jugement implique seulement que le préfet des Hauts-de-Seine, qui a prescrit l’expulsion de l’intéressé, réexamine la situation de M. B.... Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine d’y procéder dans un délai de 15 jours à compter de la notification du présent jugement, sans assortir cette injonction d’une astreinte.

Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de faire application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l’Etat, à ce titre, la somme de 1 200 euros à verser à M. B....

D É C I D E :

Article 1er : Les arrêtés préfectoraux des 16 et 18 janvier 2026 sont annulés.

Article 2 : Il est enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de réexaminer la situation de M. B... dans un délai de 15 jours à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L’Etat versera la somme de 1 200 euros à M. B... au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions des requêtes de M. B... est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A... B..., au préfet de la Seine-Saint-Denis et au préfet des Hauts-de-Seine.

Rendu public par mise à disposition du greffe le 16 février 2026.

Le magistrat désigné,

signé

C. Cantié
La greffière,
signé
O. Astier


La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis et au préfet des Hauts-de-Seine, ou au préfet territorialement compétent, en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions