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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2601749

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2601749

jeudi 12 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2601749
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantROCHICCIOLI

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé, a enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de fixer un rendez-vous au requérant pour le dépôt de son dossier de renouvellement de titre de séjour dans un délai de 48 heures. Le juge a considéré que l'urgence était caractérisée par la suspension du contrat de travail du requérant suite à l'expiration de son titre et par l'impossibilité d'obtenir un rendez-vous en préfecture. La décision s'appuie sur l'article L. 521-3 du code de justice administrative, estimant la mesure utile et ne rencontrant aucune contestation sérieuse.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Par une requête enregistrée 26 janvier 2026, M. B... A..., représenté par Me Rochiccioli, demande au juge des référés, statuant par application des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui octroyer un rendez-vous afin qu’il puisse dépose sa demande de renouvellement de titre de séjour, et qu’un récépissé lui soit délivré en cas de complétude du dossier, dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jours de retard ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d’urgence est remplie dès lors que son contrat de travail a été suspendu en raison de l’expiration de son précédent titre de séjour le 13 janvier 2026 ; en outre, les conséquences de la situation irrégulière dans laquelle il est placée sur la vie privée et familiale sont graves et immédiates dès lors qu’il est le père de deux enfants nés d’une mère titulaire d’une carte de résident et dont il justifie participer à l’entretien et à l’éducation ;
- la mesure sollicitée, qui révèle un dysfonctionnement du service public, est utile ;
- la mesure sollicitée, qui ne se heurte à aucune contestation sérieuse, ne fait nullement obstacle à l’exécution d’une décision administrative.

Le préfet des Hauts-de-Seine, à qui la requête a été communiquée, n’a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.


Le président du tribunal a désigné Mme Cordary, première conseillère, en application des dispositions de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :


1. M. A..., ressortissant ivoirien né le 2 février 1986, était titulaire en dernier lieu d’un titre de séjour « vie privée et familiale » valable jusqu’au 13 janvier 2025, dont il a demandé le renouvellement le 11 novembre 2025 au moyen du téléservice « démarches simplifiées ». Par la présente requête, M. A... demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui fixer un rendez-vous afin qu’il puisse déposer son dossier de renouvellement de titre de séjour et que lui soit remis un récépissé l'autorisant à travailler, dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard.

Sur les conclusions présentées au titre de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. ».

3. Le juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 précité, peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures, autres que celles régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du code de justice administrative, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. S’agissant de la condition d’urgence à laquelle est notamment subordonné le prononcé des mesures mentionnées à l’article L. 521-3, il appartient au juge des référés d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si la situation portée à sa connaissance est de nature à porter un préjudice suffisamment grave et immédiat à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre.

4. Eu égard aux conséquences qu’a sur la situation d’un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l’enregistrement de sa demande et au droit qu’il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l’autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l’enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.

5. Il résulte de l’instruction que le titre de séjour dont était muni M. A... a expiré le 13 janvier 2026. L’intéressée en ayant demandé le renouvellement sur le site « démarches simplifiées » de la préfecture le 11 novembre 2025, l’urgence de sa situation est présumée, ce qui n’est pas contesté par le préfet des Hauts-de-Seine qui n’a pas produit de mémoire en défense, alors qu’en tout état de cause, son contrat de travail a été suspendu par son employeur à l’expiration de son titre de séjour. Or, il résulte de l’instruction qu’à ce stade, M. A..., qui bénéficie d’un contrat en alternance et doit pouvoir justifier de la régularité de son séjour auprès de son employeur, ne parvient pas à obtenir un rendez-vous pour déposer sa demande, alors que la démarche entreprise ne constitue qu’un préalable en vue de la comparution personnelle permettant l’enregistrement de sa demande de titre de séjour, laquelle donnera lieu, sous réserve de sa complétude, à la remise d’un récépissé. Dans ces conditions, la demande de M. A..., qui est urgente, est également utile, ne souffre d’aucune contestation sérieuse et ne fait pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative.

6. Par suite, il y a lieu d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de convoquer M. A... en préfecture pour qu’il puisse déposer sa demande de renouvellement de son titre de séjour, et que lui soit délivré, sous réserve de la complétude de sa demande, un récépissé l'autorisant à travailler, dans un délai de dix jours à compter de la notification de la présente ordonnance. A ce stade, il n’y a pas lieu d’assortir cette injonction d’une astreinte

Sur les frais liés au litige :

7. Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros à verser à M. A... sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : Il est enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de convoquer M. A... en préfecture pour qu’il puisse déposer sa demande de renouvellement de son titre de séjour dans un délai de dix jours à compter de la notification de la présente ordonnance, et que lui soit remis, sous réserve de la complétude de sa demande, un récépissé de cette demande l'autorisant à travailler.

Article 2 : L’Etat versera à M. A... la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Les conclusions de M. A... sont rejetées pour le surplus.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.


Fait à Cergy, le 12 février2026.

La juge des référés,

Signé
C. Cordary
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


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