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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2601998

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2601998

vendredi 20 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2601998
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantZOUBA

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, saisi en référé, a rejeté la demande d'une requérante visant à enjoindre au préfet de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction l'autorisant à travailler. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas caractérisée, car la requérante, titulaire d'un titre de séjour "vie privée et familiale", ne démontrait pas que l'absence de cette attestation la menaçait d'un préjudice imminent et grave, notamment dans l'exercice de son activité professionnelle. La décision s'appuie sur les articles L. 521-3 du code de justice administrative et R. 431-15-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 janvier 2026, Mme C... A... épouse B..., représentée par Me Zouba, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine et à toute autorité compétente de lui remettre une attestation de prolongation d’instruction de sa demande de titre de séjour l’autorisant à travailler, dans un délai de sept jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- la condition d’urgence est remplie ;
- la mesure sollicité présente un caractère utile ;
- elle ne fait pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative.

La requête a été communiquée au préfet des Hauts-de-Seine, qui n’a pas produit d’observations.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Probert en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

Bénéficiaire d’un titre de séjour portant la mention « Vie privée et familiale » venant à expiration le 3 février 2026, Mme C... A... épouse B... a déposé le 23 novembre 2025, via la plate-forme de l’administration nationale des étrangers en France (« ANEF ») une demande de renouvellement de son titre de séjour. Par la présente requête, l’intéressée demande au juge des référés d’enjoindre au préfet de lui remettre un récépissé l’autorisant à travailler dans l’attente de l’examen de sa demande.

Sur les conclusions principales :

Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ».

Saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l’urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l’article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 de ce code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative, même celle qui refuse la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.

Aux termes de l’article R. 431-15-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Le dépôt d'une demande présentée au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 donne lieu à la délivrance immédiate d'une attestation dématérialisée de dépôt en ligne. Ce document ne justifie pas de la régularité du séjour de son titulaire. / Lorsque l'instruction d'une demande complète et déposée dans le respect des délais mentionnés à l'article R. 431-5 se poursuit au-delà de la date de validité du document de séjour détenu, le préfet est tenu de mettre à la disposition du demandeur via le téléservice mentionné au premier alinéa une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande dont la durée de validité ne peut être supérieure à trois mois. Ce document, accompagné du document de séjour expiré, lui permet de justifier de la régularité de son séjour pendant la durée qu'il précise. Lorsque l'instruction se prolonge, en raison de circonstances particulières, au-delà de la date d'expiration de l'attestation, celle-ci est renouvelée aussi longtemps que le préfet n'a pas statué sur la demande. (…) ». Aux termes de l’article R. 431-15-2 du même code : « (…) L'attestation de prolongation de l'instruction d'une demande de renouvellement d'une carte de séjour permettant l'exercice d'une activité professionnelle autorise son titulaire à exercer une activité sur le territoire de la France métropolitaine dans le cadre de la réglementation en vigueur ». Il résulte de ces dispositions que lorsque l’instruction d’une demande de renouvellement d'une carte de séjour permettant l'exercice d'une activité professionnelle, qui a été présentée au moyen du téléservice mentionné à l’article R. 431-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, est complète et a été déposée dans le respect des délais mentionnés à l'article R. 431-5 du même code, se poursuit au-delà de la date de validité du document de séjour détenu, le préfet est tenu de mettre à la disposition du demandeur via ce téléservice une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande l’autorisant à exercer une activité professionnelle sur le territoire de la France métropolitaine.

En premier lieu, il résulte de l’instruction que la demande déposée par Mme A... tend au renouvellement d’un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » dont elle était précédemment titulaire, et que la condition d’urgence est donc, en principe, constatée. La requérante justifie, de surcroît, être en contrat de travail à durée indéterminée avec la société « Babychou Colombes », et risquer d’encourir de manière imminente, ainsi qu’il ressort des courriels de son employeur, la suspension de son contrat de travail. Par suite, la condition d’urgence doit être regardée comme satisfaite.

En deuxième lieu, la mesure sollicitée par Mme A... présente un caractère utile, eu égard, d’une part, au droit pour l’intéressée de se voir délivrer une attestation de prolongation d’instruction l’autorisant à travailler, en application des dispositions précitées des articles R. 431-15-1 et R. 431-15-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et, d’autre part, à la circonstance que ce document ne peut en l’espèce être obtenu d’une autre façon qu’en s’adressant au juge des référés statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, la requérante ayant, à plusieurs reprises, relancé les services de la préfecture des Hauts-de-Seine.

En troisième lieu, il ressort de l’attestation de dépôt de demande de renouvellement de titre de séjour datée du le 23 novembre 2025, que Mme A... a déposé régulièrement au plus tard à cette même date, soit dans les délais mentionnés à l’article R. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, une demande complète. Dans ces conditions, la mesure sollicitée par Mme A... ne se heurte à aucune contestation sérieuse.

En dernier lieu, la mesure sollicitée par la requérante ne fait obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative.

Il résulte de tout ce qui précède qu’il y a lieu d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de délivrer à Mme A... une attestation de prolongation d’instruction de sa demande de titre de séjour l’autorisant à travailler, en application des dispositions combinées des articles R. 431-15-1 et R. 431-15-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans un délai de dix jours à compter de la notification de la présente ordonnance. En revanche, il n’y a pas lieu, à ce stade, d’assortir cette injonction d’une astreinte.

Sur les frais liés à l’instance :

Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l’État une somme de 1 000 euros à verser à Mme A... au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E :

Article 1er : Il est enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de délivrer à Mme A... une attestation de prolongation d’instruction de sa demande de titre de séjour l’autorisant à travailler dans un délai de dix jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 2 : L’État versera une somme de 1 000 euros à Mme A... au titre de l’article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A... est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C... A... épouse B... et au préfet des Hauts-de-Seine.

Fait à Cergy, le 20 février 2026

Le juge des référés,

signé

L. Probert



La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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