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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2602208

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2602208

mardi 3 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2602208
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSENECHAL

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension d'une décision implicite de rejet d'une demande de titre de séjour. Le juge a estimé que le requérant, parent d'un enfant français, n'avait pas démontré l'urgence de sa situation, condition requise par l'article L. 521-1 du code de justice administrative. Par conséquent, il n'a pas été nécessaire d'examiner le moyen de légalité soulevé au regard des articles L. 423-7 et L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 janvier 2026, M. A... C... B..., représenté par Me Senechal, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d’ordonner la suspension de la décision implicite de rejet née du silence gardé par le préfet du Val-d’Oise sur la demande de titre de séjour qu’il a présentée le 16 juillet 2025 ;
2°) d’enjoindre au préfet du Val-d’Oise de lui délivrer un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale-parent d’enfant français » dans un délai d’un mois à compter de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l’État une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie dès lors qu’il se trouve placé en situation irrégulière, qu’il ne peut plus travailler ni circuler librement, son épouse devant seule contribuer aux charges du ménage alors qu’elle est enceinte ;
- le moyen suivant est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
elle méconnaît les articles L. 423-7 et L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;



Vu :

- les autres pièces du dossier,

- la requête n°2602209, enregistrée le 30 janvier 2026, par laquelle M. A... C... B... demande l’annulation de la décision contestée.


Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;

- le code de justice administrative.


Le président du tribunal a désigné M. Bertoncini, vice-président, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les requêtes en référé.



Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (…) ». Aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu’il y ait lieu d’appliquer les deux premiers alinéas de l’article L. 522-1 ».

Il résulte des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative que la condition d’urgence à laquelle est subordonné le prononcé d’une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, lorsqu’il lui est demandé de suspendre l’exécution d’une décision refusant la délivrance d’un titre de séjour ou le bénéfice d’une mesure de regroupement familial, d’apprécier et de motiver l’urgence compte tenu de l’incidence immédiate de cette décision sur la situation concrète du demandeur et de ses proches. Si cette condition d’urgence est en principe constatée dans le cas du retrait ou du refus de renouvellement d’un titre de séjour, il appartient en revanche au requérant, dans les autres cas, de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d’une mesure provisoire dans l’attente d’une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.

Pour justifier de l’urgence de sa situation, M. A... C... B... indique que sa demande de titre de séjour déposée le 16 juillet 2025 n’a toujours pas reçu de réponse explicite et que le non renouvellement de son attestation de prolongation d’instruction de sa demande, expirée le 29 octobre 2015, l’empêche de travailler et de circuler librement en raison de l’irrégularité de sa situation, son épouse devant seule contribuer aux charges du ménage alors qu’elle est enceinte. Toutefois, par les pièces produites, l’intéressé n’établissant notamment pas avoir travaillé depuis son entrée sur le territoire, et que son irrégularité de séjour s’opposerait au maintien de son emploi, il ne démontre pas que la décision contestée préjudicierait de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation et ne justifie donc pas de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d’une mesure provisoire dans l’attente d’une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse. Il s’ensuit que les circonstances ainsi invoquées ne sont pas de nature à justifier de l’urgence qui s’attacherait à la suspension des effets de la décision attaquée.

Dans ces conditions, la requête doit être rejetée en toutes ses conclusions sans qu’il soit besoin d’examiner la condition tenant à l’existence de moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, en application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :


Article 1er : La requête présentée par M. A... C... B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... C... B....



Fait à Cergy, le 3 février 2026.

Le juge des référés,

signé

T. Bertoncini


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


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