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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2602548

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2602548

mercredi 18 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2602548
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé-suspension, a rejeté la demande de M. B... visant à suspendre l'exécution d'une décision préfectorale de 2021 ayant suspendu son permis de conduire. Le juge a estimé que le requérant n'avait pas établi le caractère d'urgence, en l'absence de justifications probantes des conséquences graves et immédiates de la mesure sur sa situation. La requête a donc été rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, sans examen des moyens soulevés contre la légalité de la décision.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 4 et 5 février 2026, M. A... B..., demande à la juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative d’ordonner la suspension de l’exécution de la décision de 2021, révélée par un courrier du 29 janvier 2025 du préfet du Val-d’Oise, par laquelle le préfet de l'Oise a suspendu la validité de son permis de construire et lui a enjoint de le restituer.


Il soutient que :

- la condition d’urgence est remplie, dès lors que la perte de son permis de conduire aurait des conséquences graves et immédiates sur sa vie personnelle et quotidienne, notamment en termes de déplacement, en particulier sur son organisation familiale et professionnelle ;

- il existe des moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
elle est entachée d’un vice de procédure dès lors qu’elle a été envoyée à une adresse erronée et ne lui a jamais été notifiée;
l’administration a procédé à la restitution, postérieurement à la décision attaquée, de l’intégralité de ses points ;

Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2602549 enregistrée le 4 février 2026, par laquelle M. B... demande l’annulation de la décision attaquée.

Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.


Le président du tribunal a désigné Mme Cordary, première conseillère, en application des dispositions de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.


Considérant ce qui suit :

Par la présente requête, M. B... demande à la juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de la décision de 2021, révélée par un courrier du 29 janvier 2026 du préfet du Val-d’Oise, par laquelle le préfet de l'Oise a suspendu la validité de son permis de construire.

Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ». L’article L. 522-3 du même code dispose que : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ».

L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

Pour justifier de l’urgence qu’il y aurait à suspendre l’exécution de la décision contestée, M. B... fait valoir qu’il a besoin de son permis de conduire en raison de ses contraintes professionnelles et familiales. Toutefois, cette allégation, nullement justifiée en l’absence de tout document probant, ne saurait prospérer. Dans ces conditions, les circonstances, non établies, dont se prévaut M. B... ne permettent pas d’établir que les effets de la décision attaquée portent une atteinte suffisamment grave et immédiate à sa situation. Elles ne sont donc pas de nature à caractériser une situation d’urgence au sens des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, son exécution soit suspendue.

Par suite, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur l’existence de moyens propres à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée, il y a lieu de rejeter la requête de M. B... en toutes ses conclusions en application des dispositions précitées de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.


ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....


Fait à Cergy, le 18 février 2026.

La juge des référés,

signé

C. Cordary
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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