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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2602788

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2602788

lundi 2 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2602788
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantROSIN

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé, a examiné la requête d'une étrangère sollicitant l'injonction au préfet de lui fixer un rendez-vous pour déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour. Le juge a constaté que le préfet avait, postérieurement à la requête, délivré un récépissé à la requérante, rendant sa demande sans objet. Il a donc déclaré qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur ces conclusions, tout en prononçant l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle et en allouant des frais d'avocat. La décision s'appuie sur les articles L. 521-3 du code de justice administrative et 20 de la loi du 10 juillet 1991.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 février 2026, Mme A... B..., représentée par Me Me Rosin, demande au tribunal :

1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui fixer un rendez-vous afin qu’elle puisse déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour dans un délai de sept jours à compter de la date de notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jours de retard et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour après remise de son dossier complet ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat le versement d’une somme de 1 500 euros hors taxe à Me Rosin, son conseil, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, ou à elle-même au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, en cas de refus d’admission à l’aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- la condition d’urgence est remplie dès lors qu’elle a sollicité le renouvellement de son titre de séjour ;
- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ;
- la mesure sollicitée est utile.


Le 16 février 2026, le préfet des Hauts-de-Seine a transmis au tribunal un document attestant qu’un récépissé de titre de séjour, valable du 11 février 2026 au 10 août 2026, a été remis à Mme B... le 11 février 2026.




Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.


Le président du tribunal a désigné Mme Beauvironnet comme juge des référés sur le fondement de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

Mme B..., ressortissante marocaine née le 15 mars 1997 à Fès, a été mise en possession d’une carte de séjour temporaire portant la mention « salariée » valable du 12 février 2025 au 10 février 2026, dont elle a sollicité le renouvellement le 3 novembre 2025 auprès de la préfecture des Hauts-de-Seine, par le biais de la plateforme « démarche.numérique.gouv.fr ». Par la présente requête, elle demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui fixer un rendez-vous afin qu’elle puisse déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour.


Sur l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle :

Aux termes de l’article 20 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 : « Dans les cas d’urgence (…), l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d’aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ».

Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de prononcer, en application des dispositions précitées, l’admission provisoire de Mme B... au bénéfice de l’aide juridictionnelle.


Sur les conclusions présentées au titre de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence, et sur simple requête qui sera recevable, même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles, sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. »

Il résulte de l’instruction que, postérieurement à l’enregistrement de la requête de Mme B..., le préfet des Hauts-de-Seine l’a convoqué en préfecture afin qu’elle y dépose sa demande de renouvellement de titre de séjour et lui a délivré un récépissé de titre de séjour valable du 11 février 2026 au 10 août 2026. Dans ces conditions, les conclusions à fin d’injonction sous astreinte de la requête sont devenues sans objet. Par suite, il n’y a plus lieu d’y statuer.


Sur les frais liés au litige :

Mme B... a obtenu, à titre provisoire, le bénéfice de l’aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, sous réserve que Me Rosin, avocat de Mme B..., renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat et sous réserve de l’admission définitive de sa cliente à l’aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l’Etat le versement à Me Rosin de la somme de 800 euros. Dans le cas où l’aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme B... par le bureau d’aide juridictionnelle, la somme de 800 euros sera versée à Mme B....


D E C I D E :

Article 1er : Il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d’injonction sous astreinte de Mme B....

Article 2 : Sous réserve de l’admission définitive de Mme B... à l’aide juridictionnelle et sous réserve que Me Rosin renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat, ce dernier versera à Me Rosin, avocat de Mme B..., une somme de 800 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l’aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme B... par le bureau d’aide juridictionnelle, la somme de 800 euros sera versée à Mme B....

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A... B... et au ministre de l’intérieur.

Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.

Fait à Cergy, le 2 mars 2026.


La juge des référés,
Signé
E. Beauvironnet





La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.



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