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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2602908

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2602908

vendredi 27 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2602908
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationEtrangers urgents
Avocat requérantBULAJIC

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé l'arrêté préfectoral ordonnant à un ressortissant indien de quitter le territoire français sans délai, ainsi que l'interdiction de retour et l'assignation à résidence qui l'accompagnaient. Le juge a estimé que le préfet du Val-d'Oise avait méconnu l'obligation d'examen sérieux de la situation personnelle et familiale de l'intéressé, qui résidait et travaillait en France depuis plusieurs années, en violation des articles L. 511-1 et L. 511-3-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA). L'administration a également été condamnée à verser une somme d'argent au requérant.

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I – Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 10 février 2026 et 19 février 2026 sous le n° 2602909, M. B... A..., représenté par Me Bulajic, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 3 février 2026 par lequel le préfet du Val-d’Oise l’a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée d’un an ;

2°) d’enjoindre au préfet du Val-d’Oise de réexaminer sa situation administrative dans un délai d’un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et, dans cette attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;

3°) d’enjoindre au préfet du Val-d’Oise de procéder à l’effacement de son signalement dans le système d’information Schengen dans un délai de sept jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S’agissant de la décision d’obligation de quitter le territoire français :

- elle méconnaît son droit d’être entendu au regard de l’article 41 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d’un défaut d’examen sérieux de sa situation ;
- elle méconnaît les dispositions de l’article L. 613-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste dans l’appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle dès lors qu’il réside en France depuis le mois d’août 2015, y dispose d’attaches personnelles et familiales et exerce depuis le mois de mars 2020 le métier d’électricien à temps complet.

S’agissant de la décision de refus de délai de départ volontaire :

- elle est illégale par voie d’exception d’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français sur laquelle elle est fondée ;

S’agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est illégale par voie d’exception d’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français sur laquelle elle est fondée ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation au regard des dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;

La requête a été communiquée au préfet du Val-d’Oise qui n’a pas produit de mémoire en défense.

II – Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 10 février 2026 et 19 février 2026 sous le n° 2602908, M. B... A..., représenté par Me Bulajic, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 3 février 2026 par lequel le préfet du Val-d’Oise l’a assigné à résidence dans le département du Val-d’Oise pour une durée de quarante-cinq jours, renouvelable deux fois ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l’arrêté attaqué est illégal par voie d’exception d’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français du 3 février 2026 ;
- il est entaché d’une erreur manifeste d’appréciation et est disproportionné.

Par un mémoire en défense, enregistré 27 février 2026, le préfet du Val-d’Oise communique les pièces constitutives du dossier de M. A... et conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Mettetal-Maxant, première conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l’article L. 921-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique du 4 mars 2026 à 14 heures :
- le rapport de Mme Mettetal-Maxant, magistrate désignée ;
- les observations de Me Bulajic, représentant M. A..., qui conclut aux mêmes fins que la requête, et par les mêmes moyens.

Le préfet du Val-d’Oise n’était ni présent, ni représenté.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.


Considérant ce qui suit :

1. M. B... A..., ressortissant indien né le 4 mars 1980, est entré sur le territoire français le 1er août 2015 sous couvert d’un visa selon ses déclarations. Par un arrêté du 3 février 2026, le préfet du Val-d’Oise l’a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de son renvoi et assorti sa décision d’une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée d’un an. Par un arrêté du même jour, le préfet du Val-d’Oise l’a assigné à résidence dans le département du Val-d’Oise pour une durée de quarante-cinq jours renouvelable deux fois. M. A... demande l’annulation de ces deux arrêtés.

Sur la jonction :

2. Les requêtes de M. A... enregistrées sous les n°s 2602908 et 2602909 présentent à juger des questions semblables et ont fait l’objet d’une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour y statuer par un seul et même jugement.

Sur les conclusions à fin d’annulation :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

3. En premier lieu, aux termes des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l’administration, les mesures de police doivent être motivées et « comporter l’énoncé des considérations de droit et de fait » qui en constituent le fondement. Aux termes du premier alinéa de l’article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. ».

4. La décision attaquée vise les textes dont elle fait l’application et notamment l’article L. 611-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Elle indique les circonstances de fait justifiant l’application d’une mesure d’éloignement à l’encontre de l’intéressé et tirées de ce qu’il est entré irrégulièrement en France, s’y est maintenu en situation irrégulière et exerce une activité professionnelle sans avoir préalablement obtenu l’autorisation de travail mentionnée au 2° de l’article L. 5221-2 du code du travail. Par suite, le moyen tiré de l’insuffisante motivation de la décision attaquée doit être écarté.

5. En second lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée, ni d’aucune autre pièce du dossier, que le préfet du Val-d’Oise n’aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation personnelle de M. A....

6. En troisième lieu, aux termes de l’article L. 613-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, la décision portant obligation de quitter le territoire français « est édictée après vérification du droit au séjour, en tenant notamment compte de la durée de présence de l’étranger sur le territoire français, de la nature et de l’ancienneté de ses liens avec la France et des considérations humanitaires pouvant justifier un tel droit. (…) ». Aux termes de l’article L. 435-4 du même code : « A titre exceptionnel, et sans que les conditions définies au présent article soient opposables à l'autorité administrative, l'étranger qui a exercé une activité professionnelle salariée figurant dans la liste des métiers et zones géographiques caractérisés par des difficultés de recrutement définie à l'article L. 414-13 durant au moins douze mois, consécutifs ou non, au cours des vingt-quatre derniers mois, qui occupe un emploi relevant de ces métiers et zones et qui justifie d'une période de résidence ininterrompue d'au moins trois années en France peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention “ travailleur temporaire ” ou “ salarié ” d'une durée d'un an (…) ».

7. M. A... soutient que le préfet du Val-d’Oise a méconnu les dispositions de l’article L. 613-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile dès lors que son droit au séjour n’a pas été vérifié alors qu’il remplit les conditions pour se voir délivrer un titre de séjour sur le fondement de l’article L. 435-4 de ce code. Toutefois, si M. A... se prévaut à cet égard de sa durée de présence en France depuis 2015 et soutient y exercer le métier d’électricien depuis 2020, répertorié comme un métier en tension, les seules pièces qu’il produit, des bulletins de salaire pour la période de novembre 2025 à janvier 2026 en qualité d’électricien au sein de la société IS Elec, ne suffisent ni à démontrer la réalité de ses allégations, ni à justifier qu’il remplit les conditions pour se voir délivrer un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l’article L. 435- 4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l’article L. 613-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile doit être écarté.

8. En quatrième lieu, aux termes de l’article 41 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne : « Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l’Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d’être entendue avant qu’une mesure individuelle qui l’affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre (...) ». Il résulte de la jurisprudence de la Cour de Justice de l’Union européenne que le droit d’être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l’Union. Il appartient aux États membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d’une procédure administrative avant l’adoption de toute décision susceptible d’affecter de manière défavorable ses intérêts. Il implique ainsi que l’autorité préfectorale, avant de prendre à l’encontre d’un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français, mette l’intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu’il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu’elle n’intervienne. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l’autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d’entendre l’intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause. En outre, une atteinte au droit d’être entendu n’est susceptible d’affecter la régularité de la procédure à l’issue de laquelle une décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision.

9. Si M. A... soutient que son droit d’être entendu a été méconnu dès lors qu’il n’a pas été mis en mesure de présenter des observations préalablement à la décision attaquée, il ressort des pièces du dossier qu’il a été auditionné par les services de police le 3 février 2026 et a pu communiquer toutes les informations utiles sur sa situation administrative. En tout état de cause, M. A... ne précise pas les informations pertinentes tenant à sa situation personnelle qu’il aurait été empêché de porter à la connaissance de l’administration avant que ne soit pris l’arrêté attaqué qui, si elles avaient pu être communiquées à temps, auraient été de nature à y faire obstacle. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l’article 41 de la charte des droit fondamentaux de l’Union européenne doit être écarté.

10. En cinquième lieu, aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale. (…) / 2. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui. ».

11. M. A... fait valoir qu’il réside en France depuis le mois d’août 2015, y dispose d’attaches personnelles et familiales, exerce depuis le mois de mars 2020 le métier d’électricien à temps complet et remplit les conditions de l’article L. 435-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile pour se voir délivrer un titre de séjour. Toutefois, M. A..., qui ne produit à l’appui de sa requête que des bulletins de salaire pour la période de novembre 2025 à janvier 2026 en qualité d’électricien au sein de la société IS Elec, ne justifie ni de sa durée de présence en France, ni des attaches familiales et personnelles qu’il allègue, ni qu’il remplit les conditions de l’article L. 435-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Par suite, le moyen tiré d’une erreur manifeste commise par le préfet du Val-d’Oise dans l’appréciation des conséquences de sa décision sur sa situation personnelle doit être écarté.




En ce qui concerne la décision de refus de délai de départ volontaire :

12. La décision portant obligation de quitter le territoire français n’étant pas illégale, le moyen tiré de l’exception d’illégalité de cette décision, dirigée contre la décision de refus de délai de départ volontaire sur laquelle elle se fonde, doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

13. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français n’étant pas illégale, le moyen tiré de l’exception d’illégalité de cette décision, dirigée contre la décision d’interdiction de retour sur le territoire français sur laquelle elle se fonde, doit être écarté.

14. En second lieu, aux termes de l’article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « Lorsqu’aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ». Selon l’article L. 612-10 du même code : « Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ».

15. Il incombe ainsi à l’autorité compétente qui prend une décision d’interdiction de retour d’indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l’étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l’intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l’étranger sur le territoire français, à la nature et à l’ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d’éloignement dont il a fait l’objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifient sa décision une menace pour l’ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l’intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n’est pas tenue, à peine d’irrégularité, de le préciser expressément.

16. Il ressort des pièces du dossier que pour interdire à M. A... de retourner sur le territoire français pendant une durée d’un an, le préfet du Val-d’Oise a retenu les circonstances que l’intéressé est célibataire et sans enfant à charge et qu’il se maintient en situation irrégulière malgré l’arrêté du 30 août 2024 par lequel le préfet du Val-d’Oise l’avait obligé à quitter le territoire français. Si M. A... se prévaut de la nature et de l’ancienneté de ses attaches familiales et personnelles en France, de la suspension de l’exécution de la précédente mesure d’éloignement dont il a fait l’objet, de l’absence de menace pour l’ordre public et de son emploi d’électricien depuis 2020, il n’établit pas la réalité de ses allégations par les pièces qu’il produit à l’appui de sa requête. Il en résulte que le moyen tiré d’une erreur manifeste d’appréciation du préfet du Val-d’Oise au regard des dispositions précitées des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :

17. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français n’étant pas illégale, le moyen tiré de l’exception d’illégalité de cette décision, dirigée contre la décision d’assignation à résidence sur laquelle elle se fonde, doit être écartée.

18. En deuxième lieu, aux termes de l’article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé (…) ». Aux termes de l’article R. 733-1 du même code : « L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : / 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence (…) ».

19. M. A... soutient qu’il est salarié à temps complet en exécution d’un contrat à durée indéterminée du mois de mai 2024 au sein d’une société localisée dans le département de la Seine-Saint-Denis et doit sortir du département du Val-d’Oise pour remplir ses missions dans toute l’Ile de France. Toutefois, dès lors qu’il ne produit ni son contrat de travail, ni aucune pièce démontrant la nécessité pour lui de se déplacer en dehors du département du Val-d’Oise et dans toute l’Ile de France pour y exercer sa profession, le moyen tiré de l’erreur manifeste d’appréciation et de la disproportion de l’arrêté du préfet du Val-d’Oise portant assignation à résidence doit être écarté.

20. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A... doit être rejetée en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A... et au préfet du Val-d’Oise.


Rendu public par mise à disposition du greffe le 27 mars 2026.

La magistrate désignée,

signé

Mettetal-MaxantLe greffier,

signé

M. C...La République mande et ordonne au préfet du Val-d’Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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