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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2603096

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2603096

vendredi 20 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2603096
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCABINET LOUISE PARIS AVOCATE

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... qui demandait une injonction au préfet de statuer sur son renouvellement de titre de séjour. Le juge estime que la mesure sollicitée ferait obstacle à l'exécution d'une décision implicite de rejet, née du silence de l'administration au terme du délai de quatre mois prévu par les articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La condition posée par l'article L. 521-3 du code de justice administrative, selon laquelle la mesure d'urgence ne doit pas faire obstacle à une décision administrative, n'est donc pas remplie.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 février 2026, Mme C... B..., représentée par Mme A..., demande à la juge des référés, statuant en application des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine, à titre principal, de statuer sur sa demande de renouvellement de titre de séjour mention « vie privée et familiale » et, à titre subsidiaire, de lui délivrer un récépissé de dépôt ou une attestation de prolongation d’instruction l’autorisant à travailler, dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la date de notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- la condition d’urgence est remplie dès lors qu’elle a déposé une demande de renouvellement de titre de séjour et que son récépissé de dépôt a expiré le 25 novembre 2025 de sorte qu’elle se retrouve en situation irrégulière sur le territoire français ; son contrat de travail risque d’être suspendu ; le silence du préfet la maintient dans une situation précaire dès lors qu’elle est en arrêt de travail depuis le 25 octobre 2024 et ne peut percevoir les indemnités journalières versées par la caisse primaire d’assurance maladie faute de disposer d’un titre de séjour en cours de validité ;
- la mesure sollicitée est utile dès lors qu’elle se trouve dépourvue de tout document lui permettant d’attester de la régularité de son séjour et ce, malgré des démarches répétées et précoces en vue du renouvellement de son titre de séjour ;
- la mesure sollicitée ne se heurte à aucune contestation sérieuse ;
- aucune décision administrative de refus ou d’éloignement n’a été prise à son encontre.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Chaufaux, première conseillère, en application des dispositions de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.


Considérant ce qui suit :


D’une part, aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence, et sur simple requête qui sera recevable, même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles, sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. ». Lorsque le juge des référés est saisi, sur le fondement de l’article L. 521-3 susvisé du code de justice administrative, aux fins d’enjoindre à l’administration de prendre toute mesure utile dans un sens déterminé, il doit veiller à ce que cette demande présente un caractère d’urgence et d’utilité, qu’elle ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la mesure demandée ne fasse obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative.

D’autre part, en vertu de l’article L. 522-3 du code de justice administrative, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.

Enfin, aux termes de l’article R. 432-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Le silence gardé par l’administration sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. ». Selon l’article R. 432-2 du même code : « La décision implicite mentionnée à l’article R. 432-1 naît au terme d’un délai de quatre mois. (…) ».

En l’espèce, Mme B... a déposé le 26 mai 2025 une demande de renouvellement de titre de séjour et s’est vue délivrer le même jour un récépissé de dépôt de sa demande valable jusqu’au 25 novembre 2025. En l’absence de réponse de l’administration dans le délai de quatre mois prévu par l’article R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, une décision implicite de rejet de sa demande de renouvellement de titre de séjour est née le 26 septembre 2025. La circonstance que Mme B... se soit vue remettre un récépissé de dépôt ne fait pas obstacle à la naissance de la décision implicite de refus née du silence gardé par l'administration au terme de ce délai. Dans ces conditions, la mesure sollicitée par Mme B... fait obstacle à l’exécution de cette décision implicite de rejet prise sur sa demande de renouvellement de titre de séjour. Par suite, la condition posée à l’article L. 521-3 du code de justice administrative, tendant à ce que la mesure demandée ne fasse pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative, n’est pas remplie. Si elle s’y croit fondée, il est loisible à Mme B... d’introduire, en application des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, un référé à l’effet de suspendre la décision implicite née le 26 septembre 2025, par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour.

Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B... doit être rejetée selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C... B....

Fait à Cergy, le 20 février 2026.

La juge des référés,

signé

E. Chaufaux

La République mande et ordonne au ministre de l’Intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


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