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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2603180

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2603180

mercredi 25 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2603180
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'exécution d'un arrêté préfectoral refusant le renouvellement d'un titre de séjour étudiant et ordonnant l'obligation de quitter le territoire français. La juridiction estime que le recours en annulation formé contre cette décision a déjà un effet suspensif de plein droit, rendant la demande irrecevable sur ce point, et que les moyens soulevés contre le refus de titre de séjour ne créent pas un doute sérieux sur sa légalité. La décision s'appuie sur les articles L. 521-1 et L. 522-3 du code de justice administrative ainsi que sur l'article L. 722-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 février 2026, Mme B... C... A... demande à la juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, d’ordonner la suspension de l’exécution de la décision du 13 janvier 2026 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande de titre de séjour, l’a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

Elle soutient que :

- la condition d’urgence est remplie, dès lors la décision entraine l’interruption de son cursus universitaire et de son suivi psychologique ;
- il existe des moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
elle est entachée d’un défaut d’examen sérieux de sa situation ;
elle est entachée d’un défaut de motivation.
elle méconnait les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;


Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2603178 enregistrée le 13 février 2026, par laquelle Mme A... demande l’annulation de la décision attaquée.

Vu :
-la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.


Le président du tribunal a désigné Mme Cordary, première conseillère, en application des dispositions de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes en référé.

Considérant ce qui suit :

1.
Mme A..., ressortissante ivoirienne née le 23 janvier 1985, était titulaire en dernier lieu d’un titre de séjour mention « étudiant » valable jusqu’au 10 novembre 2025, dont elle a sollicité le renouvellement le 9 septembre 2025 via l’administration numérique des étrangers en France. Par un arrêté du 13 janvier 2026, le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande de titre de séjour, l’a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé un pays de renvoi. Par la présente requête, Mme A... demande à la juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, d’ordonner la suspension de l’exécution de la décision par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de faire droit à cette demande, l’a enjoint à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination.

2.
Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ». L’article L. 522-3 du même code dispose que : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ».

En ce qui concerne la suspension de l’exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

3. Aux termes du premier alinéa de l’article L. 722-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'éloignement effectif de l'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut intervenir avant l'expiration du délai ouvert pour contester, devant le tribunal administratif, cette décision et la décision fixant le pays de renvoi qui l'accompagne, ni avant que ce même tribunal n'ait statué sur ces décisions s'il a été saisi (…) ».

4. Il résulte de ces dispositions que le dépôt, dans le délai de recours, d’une requête en annulation contre un arrêté refusant une demande de titre de séjour assorti d’une obligation de quitter le territoire français et d’une interdiction de retour sur le territoire français suspend l’exécution de ces deux décisions.

5. Le 13 février 2026, Mme A... a saisi le tribunal d’une requête tendant à l’annulation de l’arrêté du 13 janvier 2026. Le dépôt de cette requête aux fins d’annulation a eu pour effet de suspendre l’exécution de l’obligation faite à Mme A... de quitter le territoire français. Il ne saurait donc être demandé à la juge des référés de suspendre l’exécution d’une décision dont le recours en annulation formé contre elle a déjà entraîné cet effet suspensif. Par suite, les conclusions tendant à la suspension de la décision l’obligeant à quitter le territoire français sont irrecevables et doivent être rejetées.

En ce qui concerne les conclusions tendant à la délivrance d’un titre de séjour :

6. En l’état de l’instruction, aucun des moyens rappelés dans les visas de la présente ordonnance n’est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 13 janvier 2026 par laquelle le Préfet des Hauts-de-Seine a refusé le renouvellement du titre de séjour de Mme A....

7. Par suite, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur la condition d’urgence, il y a lieu de rejeter la requête de Mme A... en toutes ses conclusions en application des dispositions précitées de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.


ORDONNE :


Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... C... A....


Fait à Cergy, le 25 février 2026.

La juge des référés,

signé

C. Cordary
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.



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