Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé, a rejeté la requête d'un père demandant un hébergement adapté au handicap de son fils et une provision indemnitaire. Le juge a estimé que le requérant ne démontrait pas l'urgence caractérisée requise par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, notamment en ne prouvant pas l'absence de solution d'hébergement d'urgence. De plus, il a jugé que la demande d'indemnisation ne relevait pas de la compétence du juge des référés sur ce fondement.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 février 2026, M. B... A... demande au juge des référés, statuant par application des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d’enjoindre à l’autorité compétente de lui proposer un hébergement stable, adapté au handicap de son fils et approprié pour la continuité de sa scolarité, sous astreinte ;
2°) de condamner l’Etat à lui verser une provision de 5 000 euros en réparation des préjudices subis.
Il soutient que la condition d’urgence est caractérisée compte tenu de la gravité des conséquences de l’inertie administrative sur sa situation personnelle.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Cantié en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
M. A... doit être regardé comme demandant au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, d’enjoindre, sous astreinte, à l’autorité compétente de lui proposer un hébergement stable, adapté au handicap de son fils et approprié pour la continuité de sa scolarité, ainsi que de condamner l’Etat à lui verser une provision de 5 000 euros en réparation des préjudices subis.
Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. / Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ». L'article L. 522-3 de ce code dispose : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ». Enfin, aux termes du premier alinéa de l’article R. 522-1 du même code : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (...) justifier de l’urgence de l’affaire ».
M. A..., qui ne démontre pas, par les pièces produites, qu’il se trouverait, avec sa cellule familiale, sans solution d’hébergement d’urgence alors qu’il aurait vainement sollicité le dispositif géré par les services du 115, n’établit pas qu’il se trouverait dans une situation d’urgence caractérisée, justifiant qu’une injonction soit prononcée à l’encontre de l’administration dans un délai de quarante-huit heures.
Par ailleurs, il n’appartient pas au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, de connaître de conclusions indemnitaires.
Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A... doit être rejetée, en toutes ses conclusions, par application des dispositions précitées de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....
Fait à Cergy, le 21 février 2026.
Le juge des référés,
Signé
C. Cantié
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.