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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2603830

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2603830

mardi 24 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2603830
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension d'un arrêté municipal ordonnant des travaux d'urgence sur une propriété. Le juge a estimé que la requérante n'avait pas démontré le caractère d'urgence requis, en ne fournissant pas d'éléments concrets pour contester le péril grave et imminent invoqué par l'autorité. La décision s'appuie sur les articles L. 521-1 et L. 522-3 du code de justice administrative, ce dernier permettant le rejet sans instruction en l'absence d'urgence caractérisée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 20 février 2026, Mme A... B... demande au juge des référés, statuant par application des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, d’ordonner la suspension de l’exécution de l’arrêté du 21 janvier 2026 par lequel le maire de Villiers-le-Bel a prescrit l’exécution de travaux et des mesures d’urgence sur sa propriété, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de cet acte.

Elle soutient que la condition d’urgence est caractérisée compte tenu de la gravité des conséquences de l’acte attaqué sur sa situation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Cantié en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

L’article L. 521-1 du code de justice administrative dispose que le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution d’une décision administrative contestée au fond lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de cette décision. L’article L. 522-3 du même code permet au juge des référés de rejeter par une ordonnance motivée, sans instruction ni audience, une requête ne présentant pas un caractère d’urgence.

La condition d’urgence à laquelle est subordonné le prononcé d’une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision administrative contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande tendant à la suspension d’une telle décision, d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue. Cette urgence s’apprécie objectivement, compte tenu de l’ensemble des circonstances de l’espèce et à la date à laquelle le juge des référés est appelé à se prononcer.

Mme B... demande au juge des référés de suspendre l’exécution de l’arrêté du 21 janvier 2026 par lequel le maire de Villiers-le-Bel a prescrit l’exécution de travaux et des mesures d’urgence sur sa propriété située 1 rue Louise Michel.

Pour justifier d’une situation d’urgence, la requérante se borne à invoquer le caractère irréversible des démolitions prescrites par l’arrêté attaqué et l’existence de solutions alternatives. Toutefois, elle ne fournit aucune précision à l’appui de ses allégations, ni aucun élément en vue de contester les motifs de cet acte, qui fait état d’un péril grave et imminent justifiant les travaux de démolition prescrits, compte tenu d’un effondrement partiel de l’ouvrage survenu le 14 janvier 2026. Ainsi, au vu des seuls éléments contenus dans le présent recours, la condition d’urgence prévue par l’article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut en l’espèce être regardée comme satisfaite.

Il résulte de ce qui précède qu’en l’absence d’urgence, il y a lieu de faire application des dispositions de l’article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête de Mme B....


O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B....

Fait à Cergy, le 24 février 2026.

Le juge des référés,

Signé


C. Cantié

La République mande et ordonne au préfet du Val-d’Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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