Texte intégral
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête, enregistrée le 21 février 2026 sous le n°2603878, M. A... D..., représenté par Me Nunes, demande au tribunal :
1°) de l’admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l’aide juridictionnelle ;
2°) d’annuler la décision implicite par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande de délivrance d’un certificat de résidence algérien ;
3°) d’annuler l’arrêté du 16 février 2026 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l’a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination, l’a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans et l’a signalé au fichier du système d’information Schengen ;
4°) de constater l’incompatibilité des articles R. 231-12 et R. 231-13 du code de la sécurité intérieure, sur la motivation des signalements aux fins de non-admission, et sur les recours possibles contre ces signalements, avec les dispositions des articles 21 et 24§4 du règlement UE n°2018/1861 du 28 novembre 2018, de saisir la Cour de justice de l’Union européenne d’une question préjudicielle sur le fondement de l’article 267 du Traité sur le fonctionnement de l’Union, et de surseoir à statuer sur les conclusions de la requête, dans l’attente de la décision de la Cour ;
5°) d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un certificat de résidence algérien portant la mention « vie privée et familiale » dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
6°) d’enjoindre au préfet territorialement compétent de réexaminer sa situation dans un délai d’un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 75 euros par jour de retard ;
7°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 900 euros, à verser à son conseil, au titre des dispositions combinées de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou à lui-même en cas de refus d’admission au bénéfice de l’aide juridictionnelle, sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne l’arrêté pris dans son ensemble :
il a été pris par une autorité incompétente ;
il est insuffisamment motivé ;
il est entaché d’un défaut d’examen sérieux de sa situation personnelle ;
il est entaché d’erreurs de droits ;
il méconnait l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales ;
elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation des conséquences des décisions sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la décision implicite de refus de titre de séjour :
elle est entachée d’un vice de procédure en méconnaissance des articles L. 432-13, L.432-15 et L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile dès lors que la commission du titre de séjour aurait dû être saisie ;
elle ne lui a pas été notifiée ;
elle méconnait l’article 6-1 de l’accord franco-algérien.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- est illégale en raison de l’absence de notification d’une décision de refus de séjour révélée par l’arrêté attaqué.
En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :
- elle méconnaît les dispositions de l’article L. 612-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile dès lors que le préfet a refusé de lui octroyer un délai de départ volontaire alors qu’il ne présente pas de risques de fuite.
En ce qui concerne la décision portant inscription au fichier Schengen :
- elle est entachée d’une erreur de droit en méconnaissance des stipulations des articles 21 et 24-4 du règlement UE n°2018/1861 du 28 novembre 2018.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 mars 2026, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les conclusions aux fins d’annulation de l’information qui lui a été faite qu’il ferait l’objet d’un signalement aux fins de non-admission dans le système d’information Schengen sont irrecevables et soutient en outre que les moyens ne sont pas fondés.
II. Par une requête, enregistrée le 21 février 2026 sous le n°2603877, M. A... D..., représenté par Me Nunes, demande au tribunal :
1°) de l’admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l’aide juridictionnelle ;
2°) d’annuler l’arrêté du 16 février 2026 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l’a assigné à résidence dans ce département pour une durée de quarante-cinq jours, renouvelable deux fois ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 600 euros, à verser à son conseil, au titre des dispositions combinées de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou à lui-même en cas de refus d’admission au bénéfice de l’aide juridictionnelle, sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
elle est entachée d’un défaut d’examen réel et complet de sa situation personnelle ;
elle est entaché de vices de procédure en méconnaissance des dispositions de l’article R. 732-5 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
elle méconnaît les dispositions de l’article L. 731-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
elle méconnaît les dispositions de l’article R. 732-6 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
elle méconnaît les dispositions de l’article R. 733-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
elle méconnaît les dispositions de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation ;
elle est disproportionné.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 mars 2026, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les conclusions aux fins d’annulation de l’information qui lui a été faite qu’il ferait l’objet d’un signalement aux fins de non-admission dans le système d’information Schengen sont irrecevables et soutient en outre que les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
A été entendu au cours de l’audience publique, le rapport de M. Beaufa s, président du tribunal, qui a informé les parties, sur le fondement des dispositions de l’article R. 611-7 du code de justice administrative de ce que le jugement est susceptible d’être fondé sur un moyen relevé d’office tiré de l’irrecevabilité des conclusions tendant à l’annulation de la décision implicite de rejet de titre de séjour dès lors qu’aucune décision faisant grief n’est née, le requérant ne justifiant que d'une pré-demande de titre de séjour.
Les parties n’étant ni présentes, ni représentées.
La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.
Une note en délibérée, présentée pour M. D..., a été enregistrée le 14 mars 2026 et n’a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. M. A... D..., ressortissant algérien né le 24 décembre 1981, est entré en France le 14 juillet 2013, muni d’un visa valable jusqu’au 27 août 2013. Il a sollicité, le 3 juin 2024 son admission exceptionnelle au séjour en déposant un dossier auprès de la préfecture des Hauts-de-Seine sur la plateforme « démarches simplifiées ». Une attestation de pré-demande lui a été délivrée. Par un premier arrêté du 16 février 2026, le préfet des Hauts-de-Seine a pris à son encontre une décision portant obligation de quitter sans délai le territoire français, fixant le pays de destination et l’interdisant de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. Par un second arrêté du même jour, le préfet des Hauts-de-Seine l’a assigné à résidence dans ce département pour une durée de quarante-cinq jours, renouvelable deux fois. Par les présentes requêtes, M. D... demande d’une part, l’annulation de la décision implicite de rejet qui serait née du silence gardé par le préfet pendant plus de quatre mois sur sa demande du 3 juin 2024, et d’autre part, l’annulation des deux arrêtés du 16 février 2026.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n° 2603877 et 2603878, présentées par M. D... concernent la situation d’un même requérant, portent sur le même objet, et ont fait l’objet d’une instruction commune. Dès lors, il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur la recevabilité des conclusions aux fins d’annulation de la décision implicite de refus de titre de séjour :
3. Aux termes de l’article L. 431-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Les conditions dans lesquelles les demandes de titres de séjour sont déposées auprès de l’autorité administrative compétente sont fixées par voie réglementaire ». Le premier alinéa de l’article R. 431-2 du même code dispose que : « La demande d’un titre de séjour figurant sur une liste fixée par arrêté du ministre chargé de l’immigration s’effectue au moyen d’un téléservice à compter de la date fixée par le même arrêté. Les catégories de titres de séjour désignées par arrêté figurent en annexe 9 du présent code ». Selon l’article R. 431-3 du même code : « La demande de titre de séjour ne figurant pas dans la liste mentionnée à l’article R. 431-2, est effectuée à Paris, à la préfecture de police et, dans les autres départements, à la préfecture ou à la sous-préfecture. / Le préfet peut également prescrire que les demandes de titre de séjour appartenant aux catégories qu’il détermine soient adressées par voie postale ». Aux termes de l’article R. 431-12 du même code : « L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. / (…) ». Enfin, en vertu des dispositions combinées des articles R. 432-1 et R. 432-2 de ce code, le silence gardé, sauf exceptions, pendant plus de quatre mois, par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. Il résulte notamment de ces dispositions qu’en dehors des titres dont la demande s’effectue au moyen d’un téléservice et qui figurent sur la liste prévue à l’article R. 431-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et fixée par arrêté du ministre chargé de l’immigration, la demande de titre de séjour est effectuée par comparution personnelle au guichet de la préfecture ou, si le préfet le prescrit, par voie postale.
4. En l’espèce, l’annexe 9 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile n’inclut pas, dans la liste des catégories de titres de séjour dont la demande s’effectue au moyen d’un téléservice, les demandes de carte de séjour temporaire présentées sur le fondement des articles L. 435-1 et L. 435-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
5. Il ressort des pièces du dossier que M. D... a déposé un dossier dématérialisé de demande d’admission exceptionnelle au séjour le 3 juin 2024 sur la plateforme « démarches simplifiées ». Il ressort également de « l’attestation de dépôt » du 19 février 2026 générée par cette plateforme que son dossier est en cours d’instruction par l’administration. Cette attestation de dépôt d’un dossier dématérialisé, si elle démontre qu’il a engagé la procédure en vue de se voir délivrer un rendez-vous pour déposer sa demande de titre par comparution personnelle au guichet de la préfecture, ne saurait attester du dépôt d’une demande de titre au sens de l’article R. 431-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile précité, seul susceptible de déclencher le délai de quatre mois prévus par l’article R. 432-1 du même code, s’agissant d’une catégorie de titre dont la demande par téléservice n’est pas possible. Dans ces conditions, le silence du préfet des Hauts-de-Seine sur sa demande d’admission exceptionnelle au séjour présentée le 3 juin 2024 n’a pu avoir pour effet de faire naître une décision implicite de rejet passé un délai de quatre mois à compter de sa demande en application des dispositions précitées de l’article R. 432-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Il s’ensuit que les conclusions aux fins d’annulation présentées par M. D..., qui sont dirigées contre une décision qui n’existe pas, sont irrecevables.
Sur la recevabilité des conclusions aux fins d’annulation du signalement aux fins de non-admission dans le système d’information Schengen :
6. Aux termes de l’article L. 613-5 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L’étranger auquel est notifiée une interdiction de retour sur le territoire français est informé qu’il fait l’objet d’un signalement aux fins de non-admission dans le système d’information Schengen, conformément à l’article 24 du règlement (UE) n° 2018/1861 du Parlement européen et du Conseil du 28 novembre 2018 sur l’établissement, le fonctionnement et l’utilisation du système d’information Schengen (SIS) dans le domaine des vérifications aux frontières, modifiant la convention d’application de l’accord de Schengen et modifiant et abrogeant le règlement (CE) n° 1987/2006 (…) ».
7. Il résulte de ces dispositions que, lorsqu’elle prend à l’égard d’un étranger une décision d’interdiction de retour sur le territoire français, l’autorité administrative se borne à informer l’intéressé de son signalement aux fins de non-admission dans le système d’information Schengen. Une telle information ne constitue pas une décision distincte de la mesure d’interdiction de retour et n’est, dès lors, pas susceptible de faire l’objet d’un recours pour excès de pouvoir. Par suite, les conclusions présentées par M. D... tendant à l’annulation de l’arrêté attaqué en tant qu’elles sont dirigées contre le signalement aux fins de non admission de l’intéressé dans le système d’information Schengen, sont irrecevables et ne peuvent qu’être rejetées, sans qu’il y ait lieu de saisir la Cour de justice de l’Union européenne d’une question préjudicielle portant sur la compatibilité des articles R. 231-12 et R. 231-13 du code de la sécurité intérieure aux articles 21 et 24§4 du règlement UE n°2018/1861 du 28 novembre 2018.
Sur le surplus des conclusions aux fins d’annulation :
En ce qui concerne l’arrêté du 16 février 2026 portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixation du pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français :
8. En premier lieu, l’arrêté attaqué a été signé par Mme C... B..., cheffe de bureau d’admission au séjour des examens spécialisés et de l’éloignement, qui bénéficiait, par arrêté n°2025-61 du 31 décembre 2025 d’une délégation à l’effet de signer les décisions contenues dans l’arrêté en litige. Par suite, le moyen tiré de l’incompétence du signataire de l’acte doit être écarté.
9. En deuxième lieu, les décisions attaquées, qui doivent être motivées en application des dispositions des articles L. 613-1 et L. 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, énoncent de façon suffisamment précise les considérations de fait et de droit sur lesquelles elles se fondent. Par suite, alors que le préfet des Hauts-de-Seine n’était pas tenu de mentionner de manière exhaustive tous les éléments relatifs à la situation personnelle dont il avait connaissance mais seulement des faits qu’il jugeait pertinents pour justifier le sens de sa décision, le moyen tiré de l’insuffisance de motivation doit être écarté comme manquant en fait.
10. En troisième lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier, ni des termes de l’arrêté attaqué, que le préfet des Hauts-de-Seine n’aurait pas procédé, avant son édiction à l’examen particulier de la situation personnelle de M. D.... Par suite, le moyen tiré du défaut d’examen sérieux de sa situation personnelle doit être écarté.
11. En quatrième lieu, si M. D... soutient que l’arrêté attaqué est entaché d’erreurs de droit, il n’apporte pas de précisions suffisantes permettant d’apprécier le bien-fondé de ce moyen.
12. En dernier lieu, aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui ».
13. M. D... fait valoir qu’il réside en France depuis 2014 et qu’il y ait particulièrement intégré. Toutefois, si l’intéressé justifie résider de manière continue depuis son entrée en France en 2014, la seule durée de présence est insuffisante à elle seule pour démontrer qu’il aurait placé en France l’ensemble de ses attaches personnelles et familiales. S’il entend également se prévaloir de la présence régulière en France de ses deux frères, il ressort toutefois du procès-verbal d’audition produit en défense par le préfet que ces derniers résident à Rouen et qu’il n’entretient que « parfois des contacts avec eux ». En outre, l’intéressé, célibataire et sans enfant, ne justifie d’aucune insertion professionnelle ou sociale particulière. Dans ces conditions, alors que M. D... n’établit pas être dépourvu d’attaches dans son pays d’origine, le préfet n’a pas méconnu les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, l’arrêté attaqué n’est pas entaché d’une erreur manifeste d’appréciation des conséquences des décisions sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :
14. Aux termes de l’article L. 612-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / (…) 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. » Et aux termes de l’article L. 612-3 du même code : « Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / (…) 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; : (…) 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; (…) ».
15. Il ressort des pièces du dossier que pour refuser à M. D... un délai de départ volontaire, le préfet des Hauts-de-Seine a retenu qu’il existait un risque que l’intéressé se soustrait à la décision d’obligation de quitter le territoire français, dès lors qu’il s’était maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa, sans accomplir de démarches pour obtenir un titre de séjour et qu’il avait explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français. M. D... qui soutient qu’il justifiait d’un domicile et d’un passeport faisant taire le risque de fuite, et qui ne conteste pas s’être maintenu sur le territoire français sans solliciter un titre de séjour ni avoir déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français, ne conteste pas utilement les motifs retenus par le préfet des Hauts-de-Seine, fondé sur les dispositions des 2° et 4° de l’article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l’erreur d’appréciation au regard des dispositions précitées doit être écarté.
En ce qui concerne l’arrêté du 16 février 2026 portant assignation à résidence :
16. En premier lieu, la décision contestée comporte l’énoncé suffisamment précis des circonstances de faits et de droit qui la fondent. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
17. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet des Hauts-de-Seine n’aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. D... avant d’adopter l’arrêté contesté. Par suite, le moyen tiré du défaut d’un tel examen doit être écarté.
18. En troisième lieu, aux termes de l’article R. 732-5 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'étranger auquel est notifiée une assignation à résidence en application de l'article L. 731-1, est informé de ses droits et obligations par la remise d'un formulaire à l'occasion de la notification de la décision par l'autorité administrative ou, au plus tard, lors de sa première présentation aux services de police ou aux unités de gendarmerie. (…) ».
19. Ces dispositions imposent, notamment, que l’information qu’elles prévoient soit communiquée, une fois la décision d’assignation à résidence notifiée, au plus tard lors de la première présentation de la personne assignée à résidence aux services de police ou de gendarmerie. Il en résulte que l’absence d’information telle que prévue aux articles L. 732-7 et R. 732-5 précités est sans incidence sur la légalité de la décision d’assignation à résidence contestée, laquelle s’apprécie à la date de son édiction. Ainsi, M. D... ne peut utilement soutenir que la méconnaissance des dispositions précédemment citées serait de nature à entacher la légalité de la décision attaquée.
20. En quatrième lieu, aux termes de l’article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé (…).
21. Il ressort des pièces du dossier que M. D... a fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français sans délai prononcée à son encontre le 16 février 2026. S’il soutient qu’il n’est pas démontré que l’exécution de la mesure d’éloignement prise à son encontre resterait une perspective raisonnable, il ne fait état d’aucune circonstance pouvant faire obstacle à l’exécution de cette décision d’éloignement et n’apporte ainsi aucun élément permettant d’établir que cette mesure ne pourrait pas être exécutée dans un délai raisonnable. Par conséquent, c’est sans commettre d’erreur de droit que le préfet des Hauts-de-Seine a pu l’assigner à résidence dans le département des Hauts-de-Seine.
22. En cinquième lieu, aux termes de l’article R. 733-1 du code précité : « L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : / 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence / 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; / 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside ».
23. Il ressort des termes de l’arrêté attaqué que le requérant est autorisé à circuler dans le département des Hauts-de-Seine où il réside, à Nanterre. Par suite, M. D... n’est pas fondé à soutenir que le préfet aurait pris une décision disproportionnée, non nécessaire et inadaptée en n’ayant pas défini « le périmètre effectif » dans lequel il est autorisé à circuler.
24. En sixième lieu, aux termes de l’article R. 732-6 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'assignation à résidence prononcée en application de l'article L. 731-3 peut être assortie d'une autorisation de travail ».
25. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. D... ait été autorisé à travailler sur le territoire français ni même qu’il ait demandé une telle autorisation avant l’édiction de la décision attaquée. Dès lors, et alors qu’il n’explique pas pourquoi il devrait bénéficier de cette faculté, il n’est pas fondé à soutenir que le préfet des Hauts-de-Seine aurait méconnu les dispositions précitées de l’article R. 732-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou pris une décision disproportionnée, en n’assortissant pas l’assignation à résidence en litige d’une telle autorisation.
26. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 13 du présent jugement, le préfet n’a pas méconnu les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ni entaché son arrêté d’une erreur manifeste d’appréciation des conséquences des décisions sur sa situation personnelle.
27. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d’annulation présentées par M. D... doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d’injonction ainsi que celles présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, sans qu’il y ait lieu de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire.
D E C I D E:
Article 1er: M. D... n’est pas admis à titre provisoire au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de M. D... est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A... D... et au préfet des Hauts-de-Seine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mars 2026.
Le Président,
signé
F. Beaufa sLe greffier,
signé
M. E...
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne, et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.