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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2603929

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2603929

jeudi 2 avril 2026

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2603929
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé, a rejeté la requête d'un ressortissant marocain demandant l'injonction au préfet de statuer sur sa demande de titre de séjour et de lui délivrer une autorisation provisoire de travail. Le juge a estimé que la demande était manifestement mal fondée car, le délai de quatre mois pour instruire la demande étant écoulé, un rejet implicite était né en vertu des articles R. 432-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers. Ordonner à l'administration d'examiner à nouveau la demande aurait fait obstacle à l'exécution de cette décision implicite, ce que le référé prévu à l'article L. 521-3 du code de justice administrative ne permet pas.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 février 2026, M. B... A... demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de statuer sur sa demande de titre de séjour dans un délai à déterminer, et de lui délivrer dans l’attente un document provisoire de séjour autorisant à travailler ;

de mettre à la charge de l’État « les frais exposés ».

Il soutient que :

la condition d’urgence est réunie, dès lors notamment qu’il est dépourvu de tout document de séjour en cours de validité ; son employeur lui a fixé une date butoir au 6 avril 2026 à compter de laquelle faute de titre de séjour valide ou de document provisoire l’autorisant à travailler, il sera licencié ; la perte de son emploi aura des conséquences graves et immédiates ;
la mesure sollicitée présente un caractère utile.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Probert en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Ressortissant marocain né le 21 octobre 1996, M. B... A..., a déposé, le 10 janvier 2025, une demande de renouvellement de titre de séjour. L’intéressé demande au tribunal d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de statuer sur sa demande et de le doter dans l’attente d’une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler.

Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ». L’article L. 522-3 du même code dispose : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».

Saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l’urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l’article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 de ce code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative, même celle qui refuse la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.

Aux termes de l’article L. 431-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers en France et du droit d’asile : « Les conditions dans lesquelles les demandes de titres de séjour sont déposées auprès de l'autorité administrative compétente sont fixées par voie réglementaire. » Le premier alinéa de l’article R. 431-2 du même code dispose que : « La demande d’un titre de séjour figurant sur une liste fixée par arrêté du ministre chargé de l’immigration s’effectue au moyen d’un téléservice à compter de la date fixée par le même arrêté. Les catégories de titres de séjour désignées par arrêté figurent en annexe 9 du présent code. ».

Aux termes de l’article R. 432-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Le silence gardé par l’autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ». Aux termes de l’article R. 432-2 du même code : « La décision implicite de rejet mentionnée à l’article R. 432-1 naît au terme d’un délai de quatre mois. (…) ».

Il ressort de l’attestation de prolongation d’instruction produite par M. A... que ce dernier a déposé via la plate-forme de l’Administration numérique des étrangers en France (ANEF) une demande de titre de séjour le 10 janvier 2025. Il ne résulte pas de l’instruction qu’une telle demande n’aurait pas été complète. Par suite, et sans qu’y fasse obstacle la circonstance que M. A... s’est vu remettre l’attestation de prolongation d’instruction qu’il produit, une décision implicite de rejet est née du silence gardé par le préfet des Hauts-de-Seine, au terme du délai de quatre mois prévu par les dispositions précitées de l’article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il s’ensuit que, le préfet ayant d’ores et déjà statué défavorablement sur la demande de titre de séjour présentée par M. A..., la demande de ce dernier tendant à voir enjoindre au préfet d’examiner sa demande, fait obstacle à l’exécution d’une décision administrative.

Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A... est manifestement mal fondée. Par suite, il y a lieu de la rejeter en toutes ses conclusions, en application des dispositions précitées de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....


Fait à Cergy, le 2 avril 2026

Le juge des référés,

signé

L. Probert



La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.



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