Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2603938

mercredi 25 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2603938
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête en référé d'un demandeur sollicitant l'injonction au préfet de lui attribuer un logement adapté, suite à une décision de priorité. Le juge a jugé la demande irrecevable, car la loi (article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation) institue un recours spécial exclusif pour faire exécuter une telle décision, excluant ainsi la voie du référé général (article L. 521-3 du code de justice administrative). La demande de condamnation aux dépens du préfet a également été rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 23 février et 2 mars 2026, M. A... B... demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d’enjoindre au préfet du Val-d’Oise de lui attribuer un logement adapté à sa situation, conformément à sa demande reconnue prioritaire par une décision du 2 août 2024 ;

2°) de rejeter les conclusions présentées par le préfet du Val-d’Oise au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense enregistré le 27 février 2026, le préfet du Val-d’Oise conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 350 euros soit mise à la charge de M. B... au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la construction et de l’habitation ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Cantié pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. ».

2. Saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l’urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à la condition que ces mesures soient utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.

3. Les dispositions du II de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, qui a ouvert aux personnes déclarées prioritaires par la commission de médiation pour l'accueil dans une structure d'hébergement un recours spécial en vue de rendre effectif leur droit à l'hébergement, définit la seule voie de droit ouverte devant la juridiction administrative afin d'obtenir l'exécution de la décision de la commission de médiation. Le bénéficiaire d'une telle décision n'est pas recevable à agir à cette fin sur le fondement de l’article L. 521-2 ou de l’article L. 521-3 du code de justice administrative.

4. Par suite, les conclusions de M. B... tendant à ce que le juge des référés ordonne au préfet du Val-d’Oise de lui attribuer un logement adapté à sa situation, conformément à sa demande reconnue prioritaire par une décision du 2 août 2024 ne sont pas recevables, la circonstance qu’a été rejeté au motif de sa tardiveté le recours formé par l’intéressé sur le fondement des dispositions mentionnées au point 3 étant sans incidence à cet égard.

5. Il résulte de ce qui précède que la présente requête doit être rejetée.

6. Les conclusions présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative par le préfet du Val-d’Oise, qui ne justifie pas avoir exposé des frais spécifiques pour assurer la défense de l’Etat dans la présente instance, doivent être rejetées.

O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par le préfet du Val-d’Oise au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B... et au ministre de l’intérieur.

Copie en sera adressée au préfet du Val-d’Oise.


Fait à Cergy, le 25 mars 2026.


Le juge des référés,

signé

C. Cantié

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.