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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2604497

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2604497

jeudi 12 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2604497
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantMALIK

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme B... visant à enjoindre au préfet de lui délivrer un document provisoire attestant de l'instruction de sa demande de renouvellement de carte de résident. La juge a estimé que la condition d'urgence extrême, requise par l'article L. 521-2 du code de justice administrative pour la sauvegarde d'une liberté fondamentale, n'était pas établie. Elle a jugé que la requérante ne démontrait pas suffisamment l'imminence d'une suspension de son contrat de travail ni une situation financière précaire justifiant une intervention dans un délai de quarante-huit heures.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 mars 2026, Mme A... B..., représentée par Me Malik, demande à la juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction ou un récépissé de sa demande de renouvellement de sa carte de résident ou, à tout le moins, une autorisation provisoire de séjour, dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, et d’examiner sa demande dans un délai restreint, sous astreinte de 20 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d’urgence est remplie, dès lors qu’en l’absence de document attestant de la régularité de son séjour, malgré plusieurs relances adressées à la préfecture, son contrat de travail sera suspendu automatiquement, sans indemnité ni préavis, et qu’elle est convoquée à cet effet le 2 mars 2026 par son employeur ;

- cette situation porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit de travailler.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Cordary, première conseillère, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.


Considérant ce qui suit :

Mme B..., ressortissante algérienne née le 1er mai 1995, est entrée en France il y a plus de neuf ans. Elle a bénéficié de titres de séjour dont le dernier était valable jusqu’au 2 mars 2026 et dont elle a sollicité le renouvellement le 8 janvier 2026. Par la présente requête, elle demande à la juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction ou un récépissé de sa demande de renouvellement de sa carte de résident ou, à tout le moins, une autorisation provisoire de séjour, dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, et d’examiner sa demande dans un délai restreint, sous astreinte de 20 euros par jour de retard .

Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ». L’article L. 522-3 du même code dispose que : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».

A la différence d’une demande de suspension présentée sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, à laquelle il peut être satisfait s’il est justifié d’une situation d’urgence et de l’existence d’un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, une demande présentée au titre de la procédure particulière de l’article L. 521-2 du même code implique, pour qu’il y soit fait droit, qu’il soit justifié d’une situation d’urgence particulière rendant nécessaire l’intervention d’une mesure de sauvegarde dans les quarante-huit heures.

Pour établir l’extrême urgence qu’il y aurait à enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de faire cesser la situation dans laquelle elle se trouve, Mme B... fait valoir qu’en l’absence de document attestant de la régularité de son séjour, malgré plusieurs relances adressées à la préfecture, son contrat de travail sera suspendu automatiquement, sans indemnité ni préavis, et qu’elle est convoquée à cet effet le 2 mars 2026 par son employeur. Toutefois, en se bornant à verser à l’instance un courriel du 3 décembre 2025 de son employeur lui demandant de lui « donner de la visibilité sur [le] renouvellement [de son titre de séjour] », Mme B... n’établit ni que la suspension de son contrat de travail soit imminente, ni que cette suspension, à la supposer établie, la place dans une situation financière précaire. Dans ces conditions, ces circonstances ne sont pas, à elles seules, de nature à justifier de l’existence d’une situation d’extrême urgence impliquant qu’une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans un délai de quarante-huit heures.

Par suite, en l’absence d’urgence, sans qu’il y ait lieu d’examiner la condition d’atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, la requête de Mme B... doit être rejetée en toutes ses conclusions en application des dispositions précitées de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.


ORDONNE :


Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mm A... B....



Fait à Cergy, le 12 mars 2026

La juge des référés,

signé

C. Cordary

La République mande et ordonne au ministre d’Etat, ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.



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